03.05.2008

Tournée générale du Net (semaine du 28 avril 2008)

Mai 2008: sous les pavés, toujours l'addage

 

Bienvenue chez les cht'inois

Martine Bulard, journaliste au Monde diplomatique, revient sur la situation tibétaine et les  erreurs, ou preuves de mauvaises foi, qui ont depuis quelques semaines les portes ouvertes de tous les journaux français sans même que l'indignation ne pointe le bout de son nez. Dans son article, la journaliste réfute l'idée d'une histoire sino-tibétaine comparable à un conte d'enfant où les bons lutteraient contre les mauvais. Découvrez les nuances et la complexité en contre feux de débats calibrés pour le petit écran.

En vert et contre tout

 Cette semaine, Libération revient sur débuts de Dominique Voynet au poste de Maire de la Ville de Montreuil. Après plusieurs années de règne communiste, la responsable écologique prend ses marques et constate l'ampleur du travail qui l'attend à la tête de ses nouvelles fonctions. Tout commence par l'établissement d'un lien avec ses concitoyens. Récit.

Pas vu Papier

Le contre journal revient sur la question des travailleurs sans-papier en lutte pour obtenir une régularisation. Du côté de l'Elysée les vents sont troubles, face à l'hypocrisie d'Etat, reconnue par Brice Hortefeux sur les antennes de RTL, s'irrigent les promesses faites à un électorat de droite certaine voire extrême en matière d'immigration. Raison ou passion, passion ou raison la dure dichotomie du clientélisme face au rationnalisme agite les milieux gourvernementaux pendant que des milliers de sans papier contribuent à l'effort de la société par le travail et les impôts. Ces mêmes voient leur avenir réduit au présent, à un contrôle d'identité qui se transformerait en passeport pour un centre de rétention. Pendant que les idéologies s'agitent, les vies se perdent. Ecoutez les témoignages.

Y'en a même qui disent qui l'ont vu volé...

Ecolo de tous pays unissez-vous! Vous, nous, moi, un jour toucherons des cieux sans CO2, des rêves sans brûme et un monde qui aura pris de la hauteur. En attendant, Rue89 nous explique comment le téléphérique se pose doucement mais surement comme un possible concurrent aux autres modes de transport. Saisissant.

Big Berne

Depuis plusieurs années les politologues de droite français jubilent et fulminent sur le dos de la "gauche la plus bête du monde", valorisant l'arc en ciel Italien ou les mains d'Inox blairiste, sans modération, tout en criant à la réforme du Parti Socialiste - soit une invitation à penser comme la droite avec d'autres mots - avec passion. Aujourd'hui, l'Europe se trouve pas mal à droite et a plutôt mal à gauche. Avril ne te découvre pas d'un fil dit le dicton, pourtant la gauche s'est vite retrouvée à poil. Dévêtue qu'elle est par Berlusconi ou les Torries, c'est finalement sa face la plus bête du monde qui a remporté le dernier succès électoral, aux municipales. Peut être que la réforme commence par un clignotant à gauche. Pour le moment Londres est en big Berne.

Slam d'âme

Grand corps malade revient avec un nouvel album fait de proses et d'accompagnement musical. Génie pour certain, ennuyeux pour d'autres, le slam fait une percée remarquée depuis quelques mois, sans doute grâce à la forte activité de la scène hip hop en france. Les yeux interdits vous invite à découvrir Monsieur Souleymane Diamanka qui hisse le slam à un niveau supérieur que GCM, sans pour autant lui faire injure. Ecoutez, appréciez, slammez.

Elbe

(Source de l'image: Jpdubs.hautetfort.com)

02.02.2008

Meilleurs voeux

Objectif de 2008: réduire la fête



        Ca y’est, le mariage est prononcé et sans doute déjà consommé. Après l’euphorie des journalistes d’investigation qui ont investis, des semaines durant, les sièges de Libération comme de Clooser c’est dans le silence d’un communiqué de presse que le peuple de France a appris l’union maritale entre le citoyen Nicolas Sarkozy et la citoyenne Carla Bruni. Il est important d’insister sur le statut de l’Homme au nom de la séparation des corps si chère à la république de France. Pourtant, nous le savons, les plumes vont glissées pendant quelques jours sur ce nonévénement au rythme saccadé entre indignation ou raillerie. Avant d’être intoxiqué par des sornettes illusoires, les yeux interdits ont l’honneur de vous offrir le conte de cette journée commune de la Vème réPUBLIC.

La scène se déroule dans une pièce du château de l’Elysée. Un cadre peu original, si on passe par delà le fait que Nicolas Sarkozy célèbre ses noces sur son lieu de travail, il nous l’avait bien dit qu’il fallait travailler plus. Après avoir discutailler avec un organisateur de cette fête élyséenne, nous avons appris que malgré les demandes de Carla, Christine Boutin n’avait pas trouvé un lieu à loyer modéré en dépit de ses recherches patentées. Il y avait bien celui de Bolufer, mais depuis que ce dernier est parti avec une pousse à l’arrière train il semblait incongru pour la ministre d’Etat de réquisitionner ce petit appartement en guise de salle de réception. Face à cette difficulté, la cheftaine du logement aurait tenté, bible à la main, de soudoyer quelques tentes à Augustin Legrand en échange de trois préfabriqués gardés en souvenir d’une escapade en terre de Gaule mais, une fois de plus, ces logements mobiles semblaient être tous occupés. Cette fois c’était sûr, la crise du logement Madame Boutin venait de la toucher du doigt et dut se résigner à imposer au patron d’établir sa demeure dans le même espace que son travail. « Les travailleurs pauvres voilà le drame de notre siècle, j’en ai la gorge nouée » aurait lâchée, dépitée, ce serviteur de l’Etat au microphone tremblant de Gala.

Heureusement la dignité du président et de son mannequin est telle que, malgré un toit de fortune paré de seulement quelques dorures, la fête eut lieu et fut belle. Sous les grains de riz, que Bernard Kouchner s’était fait un plaisir de ramener sans doute un reste d’une mission onusienne, les deux amoureux se donnaient la main. Scène saisissante et émouvante sacrant l’amour au niveau de l’Etat. Une bien belle image pour une génération sombrant dans la pénombre et ne croyant plus en rien. Nous pouvons aisément imaginer la pensée que Nicolas a offert à Benoît lors de la prononciation des vœux. Bien sur il aura fallu quelques répétitions avant de trouver le bon doigt pour la bonne bague mais cette fois, il l’a promis à sa sainteté, Carla c’est la femme de la civilisation.

Cette petite nouba fut l’occasion de quelques situations alléchantes pour nous, observateurs de ce conte des temps modernes, qui ne comprend ni chaussure de verre, ni de princesse endormie mais de bien belles Rolex, des Ray Ban et du caviar ; certes ça ne fera sans doute pas rêver nos héritiers mais en attendant nous nous sommes allégrement régalés.

Dans un coin de la salle, Brice Hortefeux, les joues rougies, raccroche son portable sourire en coin. « J’ai eu une réduc’ pour Bamako, Nico ! Faut dire avec les miles que j’ai, c’est un minimum. Pour moi ce sera travailler plus pour offrir plus ! », face à ce cri de joie Vincent Bolloré a un peu tiqué, l’avion c’est son dada, heureusement c’est pas les canoës de fortune des amis de Brice qui doublerons son beau Yatch. Tout s’arrange, la catastrophe a été frôlée mais c’est bien connu il n’existe point de conflit d’intérêt en France.

Au fond du jardin, un verre à la main, le curé semble mal à l’aise. En face de lui, Xavier Bertrand. L’homme fort de sa bonhomie à l’air sympa, pourtant il est bien rouge, nous dirions un tailleur de Madame Royal, d’ailleurs absente pour cause de Druckérite. En nous approchant nous avons pu entendre les raisons de la colère. Il se trouve que le ministre de l’emploi sommait l’homme d’Église d’ « être honnête », de « sortir de son corporatisme » et d’avouer « son statut de privilégié » avec le gain des quêtes dominicales. Interloqué, le porteur de soutane s’interpose et invoque le meilleur de ces syndicalistes qui a une barbe comme ça, Dieu. Xav’ a alors ravalé sa rage, il sait que le grand patron, celui de l’Elysée, s’est récemment acoquiné avec ce délégué efficace. Tournant les talons, Bébert s’est juré de s’intéresser de près aux régimes de retraite cléricaux.

Aux rayons des boulettes traditionnelles, Christine Lagarde a réservé un bien beau cadeau au couple présidentiel en vantant les mérites de la nouvelle première dame de France notamment en ce qui concerne la libération des infirmières Bulgares. Rires gênés dans la salle, la femme aux dents du bonheur avancé glissa un timide « c’est quelqu’un qui m’a dit »… Heureusement, rien ne pouvait gâcher sa journée puisqu’elle était responsable des alliances. Enfin rien, c’est vite dit. Christine avait confié les bijoux de famille à un trader sur le point de signer un contrat avec Hollywood dont l’identité est à l’heure qu’il est encore inconnue. Toujours est il que le passeur de joyaux est arrivé pantois et a bafouillé une explication insipide où son voisin avait fait un pari louche en échange de six bagues de ce calibre en cas d’échec… bref ce fut assez alambiqué mais la chose certaine est que les doigts des époux avait leur plus beaux costume de virginité…

Pendant qu’Hervé Morin jouait à la guéguerre avec le petit Louis, pendant que Jean Louis Borloo livrait un concours acharné avec Nathalie Geneviève Marie Kosciusko-Morizet pour savoir qui avait la meilleure descente, Fadela Amara scandait un petit Slam en l’honneur du Boss. Celle qu’on surnomme GGPB (Grande Gueule Petit Budget) a enchaîné les vers à la manière de Jean Louis ou de GCM (Grand corps Malade « Je voudrais faire un slam/pour ce couple du macadam/nico a eu la queue du mickey/un tour supplémentaire pour n*** ». Cette salve verbale aurait scotché Nadine Morano en pleine séance de cirage, elle n’avait pas l’air de kiffer à donf.

Rayon show-biz faut avouer les hôtes avait mis les petites stars dans les rangs. Fallait voir Christian Clavier expliqué à Doc gynéco que Les visiteurs c’était pas vraiment un film engagé et qu’à partir de là il est difficile de bâtir ses convictions politiques sur ce seul chef d’œuvre, ou encore Johnny expliqué à Sardou que sa vue a baissé et que s’il en avait besoin il lui ferait profiter de quelques réduc’ ou encore Jean Marie Bigard mimant la tête de Benoît quand il raconta son fumeux « lâché de salopes ».

Tout au fond, il y avait Glucksmann, Finkielkraut qui ont bien fait rire Steevy mais ces rabats joies sont vite partis. Dommage. Ils ont même faillit gâcher la sauterie lorsqu’ils entonnèrent leur critique de la société qui s’enrayait et devenait folle, heureusement Nico leur a payé un coup à boire et c’était réglé. Ca l’a vraiment changé notre président sa petite rencontre avec Edgar Morin, il a bien compris que les journaux se moquaient bien du concept idéologique tant que le titre rend bien sur la couverture. Les deux muppets réac’ c’est pareil, leurs têtes sont sympa sur la photo après le son on peut toujours couper.

Enfin voilà, la noce présidentielle fut bien belle, bien sympathique et nos yeux interdits ont pris un malin plaisir a tutoyer les nasses des festivités. Seul point noir, cette masse acculée devant les grilles du château bêlant et se définissant comme « contribuables ». Heureusement Guaino leur a répliqué « C’est bon, promis demain on s’occupe de vous ! ». C’est vrai quoi, c’est ennuyeux ces patrons qui viennent vous demander des comptes même en pleine fête familiale.

Elbe