03.09.2008
Ces autres candidats qui rêvent de la Maison Blanche

La guerre des (50) étoiles
Ces jours-ci, et pour quelques mois encore, le duel John Mc Cain/ Barrack Obama occupe une place prépondérante dans le traitement des élections présidentielles américaines à venir. Une confrontation républicains / démocrates des plus classiques qui pourrait laisser croire à un bipartisme total pourtant inexistant dans les faits. S’il est vrai que le futur président se trouve parmi les deux principaux protagonistes, intéressons-nous à ceux qui occupent les petites lignes de nos journaux, les jours de grandes expositions médiatiques.
The socialist Party USA sera représenté en Novembre par Brian MOORE âgé de 65 ans. Homme de gauche, diplômé d’un master en administration publique de l’Université d’Etat d’Arizona, il rejoint en 1969 le Corps de paix (agence américaine indépendante visant à défendre la paix et l’amitié dans le monde) et participe à différentes campagnes de développement d’infrastructures au sein des quartiers pauvres de Bolivie, du Panama, du Pérou et de Tanzanie entre autre. A plusieurs reprises le candidat du parti socialiste Étasunien s’est prononcé en faveur d’une politique plus interventionniste de l’Etat en matière sociale au niveau des soins et du logement notamment. Au cœur de son programme s’articulent différentes revendications tels que l’abolition du « Patriot Act » perçu comme une atteinte à la vie privée, le retrait des effectifs militaires d’Irak et l’obligation d’un recours au référendum pour les prochaines interventions militaires à l’étranger, ainsi que la mise en application du protocole de Kyoto accompagnée d 'une véritable politique environnementale. Toujours au niveau de la politique internationale, Brian Moore désire voir la fin des ventes d’armes américaines à l’étranger et milite pour la suppression de la dette du tiers monde qu’il met en balance avec son souhait de voir les Etats Unis rembourser la sienne auprès de l’ONU. C’est donc un ensemble programmatique fortement marqué à gauche et soulignant le besoin d’interventionnisme que le Parti Socialiste américain entend défendre lors des élections de Novembre 2008.
The Libertarian Party a choisi Bob BARR âgé de 60 ans pour porter la voix libertarienne. Parti peu connu, voire inconnu en France, The Libertarian Party est toutefois le parti « minoritaire » qui revendique le plus grand nombre de votes (200 000) et d’élus (600), ce qui le placerait au-dessus de tous les autres partis dits minoritaires réunis. La philosophie de cette formation est inspirée du courant libertarien qui prône une intervention minimum de l’Etat et une législation réduite à la proportion la plus restreinte possible. C’est ainsi que le candidat Barr se fait chantre du libre échange et de la défense des libertés individuelles. L’ensemble du programme libertarien repose sur cette quête de liberté et ce à tous les niveaux politiques. De cette façon, ce parti s’oppose à toutes réglementations autour des armes, revendique le droit au mariage homosexuel et aspire à la suppression de l’Etat providence créateur d’impôts et de taxes. Du point de vue économique, The Libertarian Party développe un projet prônant la déréglementation totale de la sphère financière en accord total avec les principes vus plus tôt. Actuellement les intentions de vote placent la formation en troisième position.
The American Party défendra sa cause à travers Diane TEMPLIN âgée de 59 ans. Cette formation nationaliste et décrite comme populiste entend défendre l’Amérique traditionnelle. C’est donc fort logiquement que la sauvegarde du Second amendement (relatif au port d’arme) et de la lutte contre l’avortement figure au premier rang des revendications. Sur le site Internet de The American Party, la candidate présente son vote comme un acte en faveur des valeurs familiales, du départ des Etats-Unis des instances de l’ONU et du retour de la sécurité ou encore de la liberté qui présidaient dans son pays avant le 11 septembre 2001. Pour l’anecdote, Diane Templin a appelé au cours des primaires démocrates, l’électorat américain à oser voter pour une femme… mais qui ne soit pas Hillary.
Le Parti Vert américain a décidé de faire confiance à la jeune Cynthia Mc KINNEY âgée de seulement 53ans. Cette formation a la particularité d’être l’association non d’individus mais de l’ensemble des partis régionaux écologiques. C’est sans doute le parti politique le plus identifiable aux codes européens puisque défendant les mêmes idéaux que les partis verts français ou bien allemand. Selon ce courant, le développement d’une société écologique ne peut être obtenue autrement que par l’accroissement de la participation citoyenne qui s’obtiendrait par l’instauration d’un scrutin proportionnel et le développement de la décentralisation qui aurait pour objectif de rapprocher le politique du citoyen. En terme de politique Internationale Cynthia Mc Kinney réclame la division par deux du budget militaire et veut faire de la diplomatie américaine l’arme principale d’existence des USA aux yeux du monde.
The Constitution Party se verra associé au visage du pasteur baptiste de 58 ans Chuck BALDWIN. Se revendiquant comme Parti Conservateur, cette formation est souvent cataloguée comme étant d’extrême droite. Les principales revendications ont à trait avec les aspects sociaux inévitablement rattachés au camp des conservateurs. Au même titre que l’American Party, Chuck Baldwin est un fervent défenseur des pro-life et, de ce fait, grand opposant à l’euthanasie ou encore l’avortement. Les constitutionalistes définissent, en outre, une identité nationale basée sur des valeurs chrétiennes qu’ils entendent préserver en appliquant une politique « d’immigration zéro » qui passerait notamment par l’instauration d’une clôture électrique à la frontière mexicaine. Parti Souverainiste, le Constitution Party souhaite voir l’ensemble des troupes militaires américaines se retirer des différents lieux de conflits au nom de la défense des souverainetés nationales à travers le monde. Toujours du point de vue de la politique internationale, les équipes de Chuck Baldwin exige le retrait des États-Unis de l’ensemble des organisations internationales telles que l’ONU, l’OMC ou le FMI. Enfin l’établissement d’une économie protectionniste et une baisse des impôts viennent clore le programme du parti constitutionnaliste.
Ralph NADER est le candidat mineur le plus connu à travers le monde. Suite au choix de Cynthia Mc Kinney comme représentante du parti des verts, cet avocat de 74 ans a décidé de jouer la carte de l’indépendance. Connu pour son engagement auprès du consommateur, cet homme politique bénéficie d’une popularité certaine au sein des terres américaines. C’est sa quatrième candidature au poste de président de la république après celles de 1996, 2000 et 2004. Certains de ses détracteurs le rendent d’ailleurs responsable de la défaite d’Al Gore en 2000 qui serait due aux attaques de l’avocat bien plus incisives envers les démocrates que les républicains, pourtant plus éloignés de ses convictions. Il a pour credo la défense des plus démunis et des minorités au sein du pays et le retrait total des forces américaines d’Irak au niveau international. Une guerre qu’il juge engagée sur des « bases erronées » et responsable de la dégradation des infrastructures nationales. Enfin, Ralph Nader est un fervent militant de la cause écologique et met de ce fait en valeur les politiques agricoles biologiques. L’atypisme du candidat se démontre également sur son scepticisme face aux « thèses officielles » du 11 septembre qu’il n’a pas hésité à remettre publiquement en question à l’inverse de chacun des autres candidats à la présidence.
Six candidats qui, à moins d’une surprise sans précédent, devront se contenter d’observer les conférences de presses de la maison blanche devant leur poste de télé. Toutefois, il se pourrait de façon bien plus probable que certains d’entre eux jouent un rôle décisif dans l’opposition entre républicains et démocrates.
Elbe
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20:20 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : candidats, élection, présidentielle, 2008, obama, mc cain, autres
11.06.2008
Oh bas maux!

Le monde des médias, des intellectuels et des PMU n'ont de mots que pour lui. Dans un premier souffle d'expression nous pourrions croire qu'il s'agit de l'or noir, mais dans un second temps nous conviendrons qu'il est plus question de Barack Obama, candidat - désormais officiel - du camps démocrate pour la présidence Etasunienne. Beaucoup de personnes de ce petit monde se concentrent sur les données pigmentées de l'Homme politique et palabrent pendant de longues heures sur ce teint de peau. Il semble que ce facteur de couleur remplisse un rôle dans le scrutin à venir, mais est ce le seul? Pas sûr, espérons que nous aurons le droit à des discussions aussi longues et savoureuses sur des sujets de fonds pour découvrir ce pays que l'on critique tant mais qui reste au final une accumulation d'"Epinal's Pictures" ( la force des maux est de s'adapter au propos mais n'et ce pas to much?).
Le début de réponses à ces question de "races", de "couleurs" et de l'échos qu'elles peuvent rencontrer au sein de la population, c'est Obama lui-même qui l'a le mieux ammorcé au cours d'un de ses dicours - que certains n'hésitent pas à qualifier d'historique - prononcé à Philadelphie le 18 mars 2008. Ici, le candidat démocrate nous offre une analyse constructiviste des clivages "ethniques" qui peuvent exister aux Etats-Unis. Il ne les présente pas comme insurmontables, naturels mais bien comme le fruit de frustrations et de choix politiques. Ce genre de propos peuvent nous rappeler les théories de Michel Wieviorka sur la violence politique, preuve s'il en est qu'à l'heure de la mondialisation ces opinions peuvent supporter aisément une délocalisation dans la vieille Europe qui malgré ses spécificités culturelles peut retrouver (hélas) quelques points communs entre ces lignes.
Elbe
Source de l'image: Blogdunx
Retrouvez l'intégralité du discours ici
[...]Le manque de débouchés parmi les noirs, la honte et la frustration de ne pouvoir subvenir aux besoins de sa famille ont contribué a la désintégration des familles noires —un problème que la politique d’aide sociale, pendant des années, a peut-être aggravée. Le manque de service publics de base dans un si grand nombre de quartiers noirs —des aires de jeux pour les enfants, des patrouilles de police, le ramassage régulier des ordures et l'application des codes d'urbanisme, tout cela a crée un cycle de violence, de gâchis et de négligences qui continue de nous hanter.
C'est la réalité dans laquelle le Rev. Wright et d’autres Afro-Américains de sa génération ont grandi. Ils sont devenus adultes à la fin des années 50 et au début des années 60, époque ou la ségrégation était encore en vigueur et les perspectives d'avenir systématiquement réduites.
Ce qui est extraordinaire, ce n’est pas de voir combien ont renoncé devant la discrimination, mais plutôt combien ont réussi à surmonter les obstacles et combien ont su ouvrir la voie à ceux qui, comme moi, allaient les suivre.
Mais pour tous ceux qui ont bataillé dur pour se tailler une part du Rêve Américain, il y en a beaucoup qui n'y sont pas arrivés – ceux qui ont été vaincus, d’une façon ou d’une autre, par la discrimination.
L’expérience de l'échec a été léguée aux générations futures : ces jeunes hommes et, de plus en plus, ces jeunes femmes que l'on voit aux coins des rues ou au fond des prisons, sans espoir ni perspective d'avenir. Même pour les noirs qui s'en sont sortis, les questions de race et de racisme continuent de définir fondamentalement leur vision du monde.
Pour les hommes et les femmes de la génération du Rev. Wright, la mémoire de l’humiliation de la précarité et de la peur n’a pas disparu, pas plus que la colère et l’amertume de ces années.
Cette colère ne s’exprime peut-être pas en public, devant des collègues blancs ou des amis blancs. Mais elle trouve une voix chez le coiffeur ou autour de la table familiale. Parfois cette colère est exploitée par les hommes politiques pour gagner des voix en jouant la carte raciale, ou pour compenser leur propre incompétence.
Et il lui arrive aussi de trouver une voix, le dimanche matin à l’église, du haut de la chaire ou sur les bancs des fidèles. Le fait que tant de gens soient surpris d’entendre cette colère dans certains sermons du Rev. Wright nous rappelle le vieux truisme, à savoir que c’est à l’office du dimanche matin que la ségrégation est la plus évidente.
Cette colère n’est pas toujours une arme efficace. En effet, bien trop souvent, elle nous détourne de nos vrais problèmes, elle nous empêche de confronter notre part de responsabilité dans notre condition, et elle empêche la communauté afro-américaine de nouer les alliances indispensables à un changement véritable.
Mais cette colère est réelle, et elle est puissante, et de souhaiter qu’elle disparaisse, de la condamner sans en comprendre les racines ne sert qu’à creuser le fossé d’incompréhension qui existe entre les deux races.
Et de fait, il existe une colère similaire dans certaines parties de la communauté blanche. La plupart des Américains de la classe ouvrière et de la classe moyenne blanche n'ont pas l’impression d’avoir été spécialement favorisés par leur appartenance raciale.
Leur expérience est l’expérience de l’immigrant —dans leur cas, ils n’ont hérité de personne, ils sont partis de rien. Ils ont travaillé dur toute leur vie, souvent pour voir leurs emplois délocalisés et leurs retraites partir en fumée.
Ils sont inquiets pour leur avenir, ils voient leurs rêves s’évanouir; à une époque de stagnation des salaires et de concurrence mondiale, les chances de s’en sortir deviennent comme un jeu de somme nulle où vos rêves se réalisent au dépens des miens.
Alors, quand on leur dit que leurs enfants sont affectés à une école à l’autre bout de la ville, quand on leur dit qu’un Afro-Américain qui décroche un bon job ou une place dans une bonne faculté est favorisé à cause d’une injustice qu’ils n’ont pas commise, quand on leur dit que leur peur de la délinquance dans les quartiers est une forme de préjugé, la rancœur s'accumule au fil du temps.
Comme la colère au sein de la communauté noire qui ne s’exprime pas en public, ces choses qui fâchent ne se disent pas non plus. Mais elles affectent le paysage politique depuis au moins une génération.
C’est la colère envers la politique d’assistance de l’Etat-Providence et la politique de discrimination positive qui ont donné naissance à la Coalition Reagan. Les hommes politiques ont systématiquement exploité la peur de l’insécurité à des fins électorales. Les présentateurs des talk-shows et les analystes conservateurs se sont bâti des carrières en débusquant des accusations de racisme bidon, tout en assimilant les débats légitimes sur les injustices et les inégalités raciales à du politiquement correct ou du racisme a rebours.
Tout comme la colère noire s’est souvent avérée contre-productive, la rancœur des blancs nous a aveuglés sur les véritables responsables de l’étranglement de la classe moyenne —une culture d’entreprise où les délits d'initiés, les pratiques comptables douteuses et la course aux gains rapides sont monnaie courante ; une capitale sous l'emprise des lobbies et des groupes de pression, une politique économique au service d'une minorité de privilégiés.
Et pourtant, souhaiter la disparition de cette rancœur des blancs, la qualifier d’inappropriée, voire de raciste, sans reconnaître qu’elle peut avoir des causes légitimes —voila aussi qui contribue à élargir la fracture raciale et faire en sorte que l’on n'arrive pas à se comprendre.
Voilà où nous en sommes actuellement : incapables depuis des années de nous extirper de l'impasse raciale. Contrairement aux dires de certains de mes critiques, blancs ou noirs, je n'ai jamais eu la naïveté de croire que nous pourrions régler nos différends raciaux en l'espace de quatre ans ou avec une seule candidature, qui plus est une candidature aussi imparfaite que la mienne.
Barack Obama, 18 mars 2008, Philadelphie
11:56 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : discours, philadelphie, obama, 18 mars, racisme, noir, blanc
08.01.2008
Vers un remake à l’américaine?

Il y a outre atlantique comme un air de Gaulle. Un air que nous avons humé pendant deux années d’agitations électorales, de meeting et de polémiques. Oui, c’est au tour de l’oncle Sam de se frotter au jeu démocratique et d’élire son nouveau chef de l’exécutif. Au-delà de ce calendrier électoral, la conjoncture dans laquelle les États-Unis se trouvent rappelle furieusement notre petit hexagone quelques mois avant la France d’après.
Nous aussi, il y a à présent un peu plus de 6 mois nous avons assisté à un changement de taille : celui de la fin de la Chiraquie. Après une trentaine d’années d’activité politique et deux mandats présidentiels, Jacques Chirac à l’âge de 75 ans a décidé de laisser sa place à une nouvelle génération, de force ou de grès libre à chacun d’interpréter cette décision. Prenons à présent notre envol direction le nouveau continent pour observer le contexte dans lequel a lieu cette élection. Contrairement à la constitution française, les États-Unis imposent une limitation de deux mandats au président de la république, fait qui pousse Georges W Bush vers la porte de sortie et donc entraîne inévitablement la mise en exergue de nouveaux prétendants à la maison blanche. Une nouvelle donne, de nouveaux visages et un changement de génération plus ou moins imposé, voilà le premier point commun entre la France de 2007 et la première puissance mondiale de 2008.
Cependant, qui dit « nouvelle génération » ne dit pas forcément une prise de distance inévitable avec les prédécesseurs. Pourtant, 2008 risque d’être le théâtre de la mise à mal de la politique de l’administration Bush par les démocrates, chose attendue dans un jeu démocratique d’autant plus dans le cadre d’un bipartisme, mais également par les républicains eux même. En effet, si ces derniers restent nombreux en terre américaine, de moins en moins d’électeurs revendiquent leur affection pour le président sortant. Un désaveu évidemment provoqué par l’enlisement et les pertes qui touchent les troupes américaines en Irak. Un échec qui vient accompagner la défaillance du jeu diplomatique américain qui se trouve, en cette fin de décennie, face à ses limites comme l’assassinat de Benhazir Bhutto est venu en témoigner encore récemment. Certes, sur les thèmes intérieurs, il est peu probable que la droite conservatrice américaine fustige ouvertement la politique de l’administration en place mais la volonté de se démarquer de l’image peu flatteuse de Bush fils sera sans doute un levier de la campagne à venir. Nous retrouvons donc ce mot, cette posture stratégique qui a symbolisé le programme du candidat français devenu président : la sacro-sainte rupture.
La troisième ressemblance franco-étasunienne présente dans ce scrutin est la composition des prétendants démocrates et le déroulement du processus de sélection de ceux-ci. Dans la composition, la ressemblance qui nous saute aux yeux est la présence d’Hillary Clinton, une femme mariée à un homme politique, avec qui elle a connu des problèmes de mœurs et qui après un mandat fédéral s’attaque à la prise de la maison blanche. Il faut avouer que les similitudes avec Ségolène Royal sont assez troublantes et apporte de l’eau à notre moulin. Le second postulant est à priori plus éloigné de la proposition que l’opposition française a pu faire durant le scrutin de 2007. En effet, Barak Obama d’origine étrangère et jeune homme politique ne trouve pas, sur ces caractéristiques de comparaison, un pendant français. Pourtant, en nous intéressant aux débats et aux critiques qui ont traversés les primaires, bientôt reléguées au rayon de l’histoire politique, nous pouvons retrouver les registres de l’incompétence politique et du manque d’expérience qui avaient également été avancés durant les primaires socialistes au sujet de Ségolène Royal. Si en France Ségolène Royal s’est très vite imposée comme candidate du parti socialiste, la concurrence au sein des démocrates américains ne doit pas cacher les similitudes en terme de parcours ou bien de traitement médiatique entre les protagonistes étasuniens et la leader socialiste.
Un Georges Bush critiqué et partant, un parti républicain sortant mais adoptant une posture d’un nouveau projet de société, une candidate expérimentée qui brigue la plus haute fonction et un homme politique quadragénaire critiqué sur le thème de l’incompétence, font du voyage électoral en terre américaine un troublant retour sur une année politique hexagonale fortement chargée. Comme si en ce début d’année nous étions restés dans les rétrospectives qui jalonnent le mois de décembre, rétrospective qui cette fois se ferait avec un accent du Texas, de la Californie ou du New Jersey. 2007 a longtemps été présentée comme « l’élection imperdable » pour le parti socialiste français notamment en raison du contexte de renouvellement politique. Souvenons nous que fin 2006 , début 2007 Ségolène Royal était présentée par les médias comme la grande prétendante à l’Élysée avant que les arguments d’incompétence, avancés en premier lieu par les socialistes eux-même, viennent sceller le destin présidentiel de la dame du Poitou pour au moins cinq années.
A l’heure qu’il est, il est très difficile de définir les probables candidats à la fonction suprême si Barack Obama semble se détacher dans le camps démocrate Madame Clinton demeure dans la posture qu'était celle de son mari avant la première élection celle d'outsider, tout aussi difficile est de donner le nom du gagnant de la lutte républicaine entre John Mc Cain, Huckabee, Mitt Romney ou encore Giuliani. Si nos télévisions françaises, peu objectives quand il s’agit de parler d’élections outre-atlantique, présentent déjà la nouvelle coqueluche démocrate comme le futur interlocuteur de la planète monde, il est bon de se souvenir de ce passé récent et sans même transposer le modèle français sur l’élection américaine, il nous suffira simplement de nous remémorer cette vérité commune à toutes les démocraties : une campagne électorale demeure longue et imprévisible…
Elbe
19:45 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : obama, mc cain, super, tuesday, usa, royal, remake










