08.04.2008
Des excès de l'Idéal...

Doux rêveur
"L'Homme a construit de nombreuses prisons pour vivre ses rêves"
Volker Schlondorff, acteur et cinéaste
(Source de l'image Fribromyalgesios.com)
23:08 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : chine, droit, homme, respect, liberté, paix, 2008
20.02.2008
Tribunal

Au cœur de l’ère doutant
Siègent des juges d’un temps
Sans robe ni juste titre
S’enquièrent d’offrir leur justice
Du bienfaiteur au simple pitre
Leur verdict, infaillible, s’esquisse
Derrière des visages affables se cachent
Lumières et fables qui se gâchent
Gâteries puritaines et pensées dites purifiées
Atrophiés et simulés sont les plaidoyers
Doyens du monde de la bien pensance
Juges et procureurs vivent sans indulgence
Schéma dualiste du bien et du mal
Climat fataliste entre Pétain et cabale
Ballotté par un substrat de morale
Râles et plaintes comme code pénal
Magistrale épopée du bon point
Les magistrats font échouer des destins
Les tribunaux sont sauvages
Les libertés font office de mirages
Civil dans leurs simples vies
Cynique dans l’étreinte d’un avis
Les justiciers du monde sont portés pâles
Les polices de la pensée grondent et s’installent
Lorsque les esprits s’étriquent
Les mépris s’expliquent
La ligne du « bien » tracé
Le faux pas demeure risée
Erreur d’un jour, honnis toujours
Les bannis n’ont aucun recours
Ces inquisiteurs ont le visage du quotidien
Ils se pâment et se damnent au sein des citoyens
Les robes se nichent sous les habits du commun
Les poignards se figent même si le coupable tend la main
Reliquat d’un tribunal des milices
Délicat tribunal niant l’Humain et son vice
Elbe
Chacun peut se croire juge, chacun peut être vu comme coupable mais une régularité persiste : l’arbitraire.
00:00 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tribunal, bonne, conscience, juge, civil, pardon, liberté
21.10.2007
Hommage et devoir de mémoire

Ce lundi 22 octobre ayant été choisi pour célébrer la résistance et le souvenir, je vous propose de découvrir ou redécouvrir deux textes de la littérature française dédiés à cette résistance. Nous n’entrerons pas dans la polémique autour du cas Guy Moquet qui, comme tant d’autres, a le droit au respect et à la mémoire de la France. Nous regretterons seulement que les politiques contemporains s’emparent de l’Histoire pour se construire une image présente. Bref, Hommage à ceux qui ont fait cette France et devoir de mémoire pour nous, jeunes et moins jeunes, afin que la haine de l’autre ne s’empare plus de l’Humanité. Dans ces périodes de débats houleux il est toujours sain de se souvenir d’où revient ce pays aux mille et unes richesses, origines et identités. Chaque acte de résistance devrait trouver foyer en nous pour que notre liberté et notre respect passent les années et surtout fassent trépasser les attaques liberticides sur fond de racisme à travers le monde.
L’affiche rouge
Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
Louis Aragon
Liberté
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom
Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom
Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom
Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Paul Eluard
19:35 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : résistance, moquet, aragon, éluard, liberté, hommage, mémoire










