11.09.2008
11 septembre: un complot nommé désir

Bigard à la manipulation
Aujourd'hui 11 septembre 2008, 7 années ont passé sur cet évènement que le monde occidental a rapidement considéré comme "le-virage-de-ce-nouveau-siècle". Depuis, Irakiens, Afghans et population du monde entier ont vu des bombes s'écraser, des ailes de Colombes semblables à celles de bombardiers et des identités très rapidement fichées. Bref sept années que le terrorisme a pris une empleur sans précédent dans la stratégie géopolitique mondiale. Evidemment, lorsqu'un tel phénomène existe rapidement des esprits s'activent pour diffuser la célébre - mais toujours efficace - théorie du complot. Jadis Le protocole de Sion a occupé les théoriciens en herbe à prouver que les juifs voulaient mettre à genoux le monde. Depuis, il a été démontré que ce texte n'était autre qu'un faux inspiré du Dialogue aux Enfer entre Machiavel et Montesquieu et non d'un document témoin de la conspiration sionniste. Des preuves qui n'ont pas pour autant empêchées les érudits comploteurs de maintenir leurs thèses. Toutefois, ceux-ci sont "has been". Les vrais, les nouveaux alchimistes de la réalité ont fait du 11 septembre leur terrain de jeu.
Partie du film canadien Loose Change, la rumeur du complot américano-américain autour de l'attentat du 11 septembre a traversé les pays, créé la polémique et permis au passage à quelques auteurs de se faire reconnaître comme ce fut le cas de Thierry Mesysand, et de son livre L'effroyable imposture, invité de l'émission de Thierry Ardisson à la sortie de son ouvrage.
Tout serait faux et mis en scène par l'administration américaine pour relancer un impérialisme faiblissant. Images à l'appui, Internet a pris le relais de la conspiration et fait de la toile l'espace d'expression des adhérents à la thèse conspirationniste qui s'estiment lésés et snobbés par la sphère médiatique pliée à la "pensée unique" et au "politiquement correct".
L'intérêt de la démocratie et bien de pouvoir garantir le débat et laisser les opinions s'exprimer, chose qui se fait et s'est faite régulièrement. Le cas le plus récent fut celui de Jean Marie Bigard, peu après Marion Cotillard, qui a assuré sur l'antenne d'Europe 1 le 10 septembre 2008 "On est absolument sûr et certain maintenant que les deux avions qui se sont écrasés sur la forêt et le Pentagone, n'existent pas. Il n'y a jamais eu d'avion (....) C'est un mensonge absolument énorme". Depuis, il a demandé pardon à ceux qu'il aurait pu choqué et a promis de ne plus jamais s'exprimer sur ce sujet. L'intérêt - s'il y en a un - de cette note n'est pas de savoir si le poids de la parole d'un humouriste populaire équivaut à celle d'un spécialiste ou bien s'il est indispensable de discuter autour de polémiques sans fin, non. Cette histoire permet de s'interroger sur ce qui rend les théories du complot si séduisantes pour les populations, pourquoi elles attirent? elles génèrent autant de passion? Comment, sous couvert de la théorie du complot, des personnes non qualifiées parviennent à se faire entendre? Bref, comprendre les rouages de théories aussi anciennes que troublantes.
A ces questions, le philosophe américain Noam Chomsky - mondialement connu sauf en France - plus alter-mondialiste que Bushiste tente de répondre. Selon lui, ces théories autour du 11 septembre ne sont pas cohérentes et serviraient même de magnifique diversion pour l'administration Bush qui a tout intérêt à voir les débats se cristalliser sur un éventuel complot plutôt que sur les catatsophes humanitaires et économiques qu'ont pu engendrer les conflits post 11 septembre. Voici quelques extraits de l'ouvrage de Noam Chomsky L'ivresse de la force Entretiens avec David Barsamian dans lequel il revient sur ces théories et surtout leurs mécanismes pour subsister. [Extraits empruntés à Bakchich.info]
"D’abord, je ne fais pas grand cas de ces théories, mais je suis assailli de lettres à leur sujet. Ce n’est pas seulement une énorme industrie, c’est une industrie assez fanatique. (…) C’est presque une sorte de fanatisme religieux.
Il faut quand même se poser des questions. D’abord sur les preuves matérielles. Il y a des coïncidences inexpliquées, des témoignages personnels, etc., mais cela ne pèse pas lourd. On en trouve dans n’importe quel événement mondial complexe. Au sujet des preuves matérielles, peut-on vraiment devenir un expert très qualifié en génie civil et mécanique en passant une heure ou deux sur Internet ? Si oui, il faut dissoudre les sections génie civil et mécanique du Massachusetts Institute of Technology. (…) Si vous croyez réellement à l’une ou l’autre de ces preuves, c’est simple : adressez-vous à des spécialistes capables de les évaluer. Peut-être avez-vous trouvé un physicien quelque part, mais, à ma connaissance, personne n’a voulu proposer quoi que ce soit à une revue professionnelle sérieuse, soumise à la discipline de l’"examen par les pairs". Même sans aller jusque-là, on peut consulter les départements universitaires de génie civil et mécanique. Peut-être les membres du "mouvement pour la vérité sur le 11 septembre" pensent-ils qu’ils sont tous dans le coup ? Si le complot est vaste à ce point, on peut aussi bien l’oublier. Les adeptes du mouvement disent qu’ils ont peur. Il n’y a pas de quoi avoir peur. C’est une des positions les plus sûres pour un opposant, tous ceux qui ont un peu d’expérience en la matière vous le diront. En fait, les autorités se montrent assez tolérantes à cet égard.
Ce qui nous amène à une seconde question. Pourquoi ce débat autour du 11 septembre est-il si bien toléré ? Je soupçonne le pouvoir de le voir d’un bon oeil. Il capte énormément d’énergies et les détourne des véritables crimes de l’administration, infiniment plus graves. (…) Pensons à l’invasion de l’Irak, ou au Liban. Ou à ce qu’ils font subir à la population ouvrière des Etats-Unis. (…) Ils commettent des crimes réels, qui suscitent très peu de protestations. Une des raisons - pas la seule, bien entendu -, c’est qu’on dépense énormément d’énergie militante potentielle dans ces polémiques autour du 11 septembre. Du point de vue des gouvernants, c’est excellent. On donne même à ces militants du temps d’antenne (…), on met leurs livres bien en vue dans les librairies. Très tolérant, comme réaction. (…) Ce n’est pas le genre de réaction qu’on provoque quand on touche aux sujets sensibles.
(…) Et je ne crois pas que leurs preuves soient sérieuses. Ni même que ceux qui les exposent soient capables de les évaluer. Ce sont des questions techniques compliquées. On n’a pas l’air de le comprendre, mais ce n’est pas pour rien que les scientifiques font des expériences, qu’ils ne se contentent pas de filmer ce qu’ils voient par la fenêtre. Car ce qu’on voit par la fenêtre est la résultante de tant de variables qu’on ne sait pas ce qu’on a dans cet imbroglio si complexe. On peut y trouver toutes sortes de coïncidences inexpliquées, d’apparentes violations des lois de la nature. (…) Donc, découvrir qu’il s’est passé ceci, qu’il est arrivé cela, etc., ça ne veut rien dire.
L’argument "à qui profite le 11 septembre ?" n’a guère de poids. Dans ma première interview après le 11 septembre, je crois avoir fait cette prédiction pas particulièrement brillante : tous les pouvoirs du monde allaient immédiatement exploiter l’événement à leurs propres fins. La Russie allait durcir ses atrocités en Tchétchénie, Israël en Cisjordanie, l’Indonésie à Aceh, et la Chine dans ses provinces occidentales. Aux Etats-Unis on s’en est servi de la façon que l’on sait, mais aussi de beaucoup d’autres, moins médiatisées.
(…) Presque tous les gouvernements ont pris des mesures pour surveiller plus étroitement leur population et ce genre de choses. L’administration Bush l’a fait aussi. Donc, "à qui profite le crime ?" n’est pas une preuve suffisante de culpabilité.
L’idée même n’est pas crédible. Pour qu’il y ait une once de vérité dans les théories sur le 11 septembre, il faudrait qu’il y ait eu un énorme complot, incluant les compagnies aériennes, les médias, la préparation des faux avions. Il aurait fallu mettre au courant quantité de gens dans l’administration. Ils ne s’en seraient jamais tirés. Même une dictature n’aurait pas pu. C’est une opération vraiment risquée. LA probabilité d’une fuite est très élevée : ça se serait su tout de suite. Et la moindre fuite aurait aligné tous les dirigeants devant le peloton d’exécution, et sonné le glas du Parti républicain à jamais. Et pour gagner quoi ? Un prétexte pour faire ce qu’ils auraient fait de toute manière, sous un autre prétexte qu’ils auraient pu trouver".
Au sujet du mécanisme qui entraîne l'adhésion et la diffusion des théories du complot, Chomsky estime que les:
"théories sur le 11 septembre (…) exercent le même attrait que le fondamentalisme religieux. (…) Il y a des gens qui n’aiment pas ce qui se passe, qui ont vécu des moments très difficiles, n’ont confiance en personne, et qui n’ont aucun moyen de réagir. Alors ils se raccrochent à quelque chose. Et Internet a un effet pervers. Si c’est un outil merveilleusement efficace pour obtenir des informations, pour l’action politique, pour toutes sortes de choses, il a cependant un gros inconvénient : n’importe qui peut lancer une théorie sur un blog ; cela n’a pratiquement aucun poids, mais ensuite cinq personnes la lisent, et très vite elle entre en croissance exponentielle, jusqu’à devenir une énorme industrie qui s’auto-alimente. Des industries de ce type, il y en a à foison.
(…) Je reçois une avalanche d’e-mails. Et une grande part, plusieurs par jour, envoyés par des gens honnêtes et sincères, me demandent : "Dites-moi ce que je peux faire". Les auteurs de ces courriers appartiennent pour la plupart aux milieux aisés, privilégiés. Ils ne sont pas richissimes, mais assez aisés pour s’asseoir à une table un soir et écrire une lettre à quelqu’un. Dans les pays du tiers-monde les habitants ne vous demandent pas : "Dites-moi ce que je peux faire", ils vous disent ce qu’ils font. Mais, là où les populations sont infiniment plus libres, les gens posent toujours cette question : "Que puis-je faire ?" Et un jour ils se disent : Ah, voilà ce que je peux faire : devenir en une heure ingénieur qualifié en génie civil et prouver que c’est Bush qui a fait sauter les tours jumelles.
Je suis sûr qu’à Washington ils applaudissent des deux mains. (…)"
Noam Chomsky, souvent considéré comme un chantre des théories de la conspiration, vient ici donner un point de vue différent sur ces théories qui s'auto-alimentent détournant parfois les débats des vrais enjeux comme les conséquences directes de l'attentat. Il se pourrait que les rebelles et les maîtres entretiennent le même feu sans pour autant se voir... la fumée des convictions servant de murs.
Elbe
Pour découvrir Noam Chomsky, téléchargez les différentes émissions de "Là bas si j'y suis" animées par Daniel Mermet à l'antenne de fFance Inter consacrées au philosophe américain sur le site Là bas.org.
Source de l'image: stache.files.wordpress.com
Remerciements: Bakchich.info et à J-mark pour sa vigilance sur les fautes de frappe
15:53 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 11 septembre, meyssand, conspiration, chomsky, imposture, 2008
22.06.2008
François Fillon: l'imposture

Trouvez le bon Fillon?
Vous trouvez que l'ambiance hexagonale est morose? Vous versez dans une forme de défiance face à l'ensemble des représentants politiques? Vous avez l'impression que les décisions du gouvernement en place sont coupées de toutes réalités? Détrompez-vous, vous vivez dans un pays délicieux. La sinistrose est à son comble, les polémistes en font leurs choux gras et les feuilles de choux courent après les scoops alors que l'ironie, à elle seule, est présente pour nous redonner le sourire, l'espoir.
Macadam est le premier "Journal de rue" d'Europe, soit un journal vendu 2 € par les sans-abris qui touchent 50% de cette somme. Les sans-abris ont, à plusieurs reprises, été mis à la une de l'actualité grâce au concours d'associations comme Les enfants de Don Quichhotte ou encore Droit Au Logement. Pourtant, les suites des promesses faites par le gouvernement semblent se faire attendre, à tel point que nous sommes menés à nous demander que fait François Fillon premier ministre de son état. La réponse est ci-dessous
L'ironie n'est-elle pas savoureuse?
Elbe
Source de l'image: Nouvelobs.com
Capture faite sur Florentlyon.free.fr
Remerciement à Bounette pour avoir acheté le journal (et les génériques au nom de la SECU)
Publié en une du post.fr
16:10 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fillon, imposture, macadam, street journal, 2008, ironie










