30.06.2007

Témoin clandestin

Tout de bleu vêtu, les yeux légèrement cernés en témoignage d’un réveil moins tardif qu’à l’accoutumé, je suis à présent disposé à prendre mes quartiers dans ce que nombreux appellent un « job d’été ». Ce matin j’ai rendez-vous dans ce lieu froidement appelé hôpital gériatrique, là où des anciens pousseront leurs derniers soupirs, où des vieillards constateront la douloureuse fugue de leur jeunesse parfois accompagnée par leurs souvenirs, où la petite fille croit encore et toujours en la cure de jouvence pour sa grand-mère, où le fils borde son père dans un étrange renversement des rôles. J’ai rendez-vous dans l’enceinte de la fin de vie, là où les histoires s’achèvent ou bien s’affaiblissent emmenant avec elles le témoignage des veilles de notre société. C’est ici, qu’un mois durant, je ferais mon « job d’été » pendant que certains lutteront avec leur dernier été, symbole de la croisée des générations : alors que les jeunes adultes touchent leurs premiers travaux d’autres plus âgés entament leur travail le plus rude.

Ce cadre semble attirer toutes les lourdes émotions, de la tristesse aux espoirs déçus en passant par les angoisses parfois vaines, rien ne semble laisser croire que le sourire ne pourrait être, ne serait ce qu’un passager furtif, dans ces murs hospitaliers susceptibles d’êtres les dernières visions de corps usés et fatigués. Pourtant, il existe. Je l’ai aperçu l’an dernier lors de ma première expérience et je le sens encore ce matin à quelques secondes de prendre mes fonctions temporaires. Il est transporté par ces hommes et ces femmes pour certains techniciens de surfaces, manutentionnaires ou encore techniciens du corps qui font de la jovialité un carburant essentiel et salvateur pour substituer à ce contexte potentiellement lugubre un souffle de chaleur rassurant.

Ils sont des hommes et des femmes aux origines diverses, aux trajectoires parfois opposées ainsi qu’aux convictions nombreuses et variées mais ce sont avant tout des apôtres de l’humanisme et du goût de vivre. Oh, il existe sans doute parmi ces mains de l’hôpital des cœurs brisés et des âmes désespérées qui restent dans ces murs pour soutenir le coût de la vie, cependant ceux ci ne peuvent être qu’exception face à la délicate et difficile tâche qui leur est offerte et ce essentiellement pour le personnel soignant. A travers ces mots et les futurs à venir, je ne veux pas me livrer à un compte rendu nombriliste de mon expérience estivale, mais juste retranscrire une fresque de ce monde qui vit pendant qu’un autre mort. Une chronique de la société dans la société, là où les passions et les colères ont également leur place comme dans n’importe quel autre part. De mes yeux de passager (presque) clandestin, j’espère pouvoir être une sorte de témoin écrit de ce qu’est cette vie en dehors de nos bancs de facs ou d’écoles où pendant que nous conquérons nos connaissances futures d’autres essayent de conquérir la vie.

Je pousse la porte qui sépare encore mes vacances de mon travail d’étudiant. Fine et verte elle indique mon passage dans l’autre réalité qui m’a sans doute fuit pendant mon année scolaire vite installée dans la routine des livres et des exposés. L’impulsion mise sur la poignée est, en quelque sorte, le symbole de l’entrée dans la pratique et de la pause de la théorie étudiante. La pièce est grande, divisée en trois parties dont le bureau du patron. Ce dernier est absent pour raison de vacances au large. En attendant le retour de l’absent, c’est une direction collégiale qui est en place et menée par deux des employés : Aster et Rodolphe. A mon arrivée, c’est Aster qui m’accueille. De taille moyenne, au visage de boxeur avec notamment un léger strabisme, il respire la joie de vivre et la convivialité. Très vite, il me met à l’aise et m’explique mes tâches pour ma première journée. Déjà l’an dernier j’appréciais cette force tranquille pleine d’humilité qui se dégageait de cet homme, ce matin c’est cette même force qui m’assure une transition sereine dans le monde actif. Aster me mène dans la danse du travail d’un pas assuré et rassurant.

Aujourd’hui je ne travaillerais pas avec l’ensemble de l’équipe technique. En effet, comme la responsable du recrutement me l’avait dit la veille au téléphone, la pharmacie est en plein déménagement et ils ont besoin de bras pour porter le matériel dans la pièce de transition en attendant que le local actuel soit rénové. Avoir besoin de bras et faire appel à moi, c’est une ironie qui me plait et m’angoisse tout de même car depuis un an le seul poids que j’ai levé doit être celui de mon corps. Heureusement, très vite Aster va me faire visiter les lieux, présenter les pharmaciens et me montrer un peu les meubles et les caisses que je devrais transporter avec Rafik. Rafik, c’est mon collègue du jour. La quarantaine avancée, d’origine maghrébine, pas épais mais au visage plein de calme ne pouvant inspirer que la confiance. Je vous conterais dans un récit prochain l’histoire de cet Homme qui ne peut susciter que respect et une certaine forme d’admiration même chez le plus désabusé des observateurs de destins. Aster passe donc le relais à ce compagnon de déménagement.

Direction les sous-sol de l’hôpital, en compagnie du pharmacien principal et de Rafik. Nous longeons un long couloir, sombre et poussiéreux, sous le regard des vestiaires qui arborent chacun des côtés de ce chemin. Dans ces lieux, nous apercevons l’infirmier en retard qui court, chemise ouverte badge volant à l’air, contrastant avec l’aide soignante qui sort d’un service de nuit qui semble lui avoir usé le corps et l’esprit jusqu’à la moelle mais qui se démène pour franchir le seuil du vestiaire et redevenir une civile comme tant d’autre. Nous, plein de notre fraîcheur matinale encore intacte et inviolée par le travail, nous dirigeons vers une des caves de l’hôpital. A l’annonce de ce mot, un frisson me parcourt le dos. Je m’imagine déjà au milieu d’une cave poussiéreuse luttant face aux rats rêvant d’un petit déjeuner juvénile afin de combler leur frustration de s’être fait exclure par la troupe d’araignées qui a réquisitionné leur coin préféré de la cave, je m’imagine déjà en combattant moderne alors qu’à l’intérieur de moi mon ventre semble déjà lutter face à la faim… sans doute les réactions d’un organisme d’étudiant en adaptation.

La porte s’ouvre et que nenni. Un néon des plus ordinaires s’allume et recouvre l’ensemble d’une grande pièce au carrelage clair, certes poussiéreux aux angles, qui ressemble plus à un dépôt organisé qu’à cette cave fantasmée par mon imaginaire sans doute frappé des nombreux préjugés de jeunesse. Le pharmacien principal, silhouette fine à l’image de ces petites lunettes et cheveux blancs joignant dès lors le physique à la profession, nous désigne quatre meuble à transporter au local de transition. Parmi eux deux gros mastodontes gris nous défient déjà avec leurs grandes portes cachant derrières leur sobriété une future contrainte musculaire majeure pour Rafik et moi. Les victimes désignées, l’inquisiteur pharmacien nous laisse alors au centre de l’arène nous remerciant encore de les aider et gratifiant sa sortie du même petit sourire qui accompagne le visage de tout pharmacien au moment du départ d’un de ses médicaments dans le cabas d’une petite grand-mère. Ce petit bonhomme m’avait offert des premiers pas sereins dans ma mission étudiante, son visage de sagesse m’avait apaisé.

Une fois son départ entériné, Rafik jauge les meubles et semble établir différentes options pour transporter la marchandise. Une chose est sure, le compte des deux brutes d’acier devrait être prioritaires si j’en juge le toucher de mon collègue qui, plein de professionnalisme, paraît s’attarder avec insistance sur leur situation. De mon côté, intimidé par cette entrée en matière imminente je reste en retrait, balbutiant quelques gestes, quelques mots en prenant garde de ne pas interférer dans ses calculs stratégiques du futur voyage. J’observe la force de concentration de mon compagnon face à cette muraille de fer, et m’interroge sur la tâche qui nous est confiée. « Viens, on va au magasin » me lance Rafik. Autant le mot cave m’avait semblé approprié et la description s’était immédiatement enclenchée en moi, entraînant nombre les égarements qu’on sait, mais là le terme « magasin » me laissait perplexe. Bien que peu habitué aux lieux, je n’ai pas le souvenir d’avoir croisé une vitrine, un chariot et une vente à la criée ce matin, chose qui jusqu’ici me paraissait logique dans un hôpital. Suivre mon collègue et se taire s’impose, car je me vois mal interroger l’autre paire de bras du déménagement sur ce mystérieux magasin.

Même porte verdâtre qu’à l’entrée du bureau, Rafik la pousse avec décontraction et habitude qui me laisse penser que nous sommes dans son antre, son repère. La pièce est profonde et contient une petite table où gisent un fouillis et quelques affaires personnelles de mon collègue. Une nouvelle fois ma première impression est biaisée, évidemment il n’est pas question de vitrines, de soldes ou de sacs mais simplement d’un grand entrepôt où le matériel est stocké. « Prend ça, il va nous être utile » me dit-il d’une voix chaleureuse, me désignant une planche de bois à roulette à laquelle est rattachée une corde. En bon élève, je saisis cette machine étonnante et perturbante sans même m’interroger sur le rôle qu’elle occupera dans la journée à venir. Lui choisit comme arme le « transpalette », rien à voir avec un quelconque sort issu d’une bande dessinée de science fiction mais juste un outil permettant de transporter les palettes…transparent n’est ce pas. Nous voilà, à présent acoquiné de nous deux instruments, de nouveau en direction de la cave claire. Je tire cette planche comme un maître tire son animal au bout de sa laisse tout en avançant d’un pas certain sans même saisir le ridicule de la situation. Arboré de ce chien mécanique je progresse, avec l’idée fixe d’arriver à bon port sans trop heurter les murs décrépis et sales. Cinq minutes se passent et nous voilà de nouveau face aux ennemis d’un jour, nous, forces alliées de ce même jour.

Nous devons à présent faire voyager ce tas d’immobilisme dans les couloirs sous terrain de l’hôpital et les amener en bonne forme vers notre pharmacien. Il nous faut les mettre sur le côté pour mieux pouvoir les saisir. Je me vois dans la peau du gamin de « Sauver Willy » qui veut rendre la liberté à son amant d’orque. Rafik et moi voulons juste donner de l’air à l’acier et nous nous y attelons de ce pas. Un, deux et hop, le premier monstre est sur le flanc, il nous reste plus qu’à glisser mon chien mécanique dessous et lui confier la restitution de cet os de fer à son propriétaire. Malgré quelques raideurs liées à ce premier effort, nous sommes parvenus à dompter l’adversaire avec aisance, il ne reste plus qu’à le transporter à la pharmacie provisoire qui se situe « à l’ancien self » selon les dires de mon collègue.

Au cours de ce premier voyage à plein nous commençons à briser la glace professionnelle et nous nous découvrons un peu, laissant de côté la réserve jusque là en place. Cette fois ma première impression fut la bonne. Mon collègue se révèle être quelqu’un de gentil, compréhensif, à l’écoute et surtout plein de bons conseils. J’ai pris du plaisir à faire sa connaissance et j’ai découvert ce que le mot humilité et courage pouvait être dans notre société d’aujourd’hui. Je vous confierais dans une chronique future son parcours de vie qui a lui seul donne une bonne leçon à moi, étudiant et jeune adulte en devenir. Ces petits échanges se sont fait au cours de la journée, entre poussières, rouilles et meubles nos conversations se faisaient et défaisaient au rythme du temps. Une première journée de déménagement physiquement moins fatigante que prévue, malgré quelques griffures et courbatures , mais déjà fort enrichissante d’un point de vue personnel. Ce qui me rappelle que malgré les quelques deniers prévus au bout du parcours, j’ai avant tout envie de m’enrichir du vécu de ces personnes multiples et variées que j’espère croiser et saisir les différents cris de société dans cet espace de vie. L’aventure ne fait que commencer…


ELBE

27.06.2007

Les coulisses du pouvoir





Voilà quelques jours que le nouvel avatar de télé réalité a débarqué sur la première chaîne. L’histoire des secrets, anglicisée évidemment, a fait une entrée remarquée dans ce canevas hertzien mettant au centre de nombreux bar les débats d’un jour. Ces illustres inconnus d’hier, sont les cibles des railleries présentes et les clients en devenir de thérapies dévastatrices. Bref la télé réalité garde le concept de l’homme marchandise et le décline en introduisant le mystère sur ces êtres pourtant commun mais hélas, pour eux, sous les optiques des caméras.

Hors de question d’entrer dans les longues élucubrations autour de ce concept de la télé réalité dénuée de toute réelle authenticité, ceci a été fait tant de fois que nous aurions l’impression que la plume se mord constamment la cartouche. Intéressons-nous plutôt à une nouveauté à la fois étonnante et forte enrichissante sur les motivations et la mentalité qui habitent cette première chaîne. En effet, depuis le début de l’émission, le site Internet de TF1 nous donne l’opportunité (les fourbes diront la chance) de suivre 22 heures sur 24 les péripéties immobiles des 13 acolytes. Face au spectre de la gratuité je me suis laissé aller dans ces méandres de la toile à observer de plus près ces rats de laboratoires bipèdes.

Comprendre… je voulais saisir les motivations qui pouvaient pousser de jeunes personnes à entrer dans ce genre d’émission qui ont subies maintes et maintes critiques qui, pour la plupart du temps, réduisaient à néant la fierté des candidats. Le processus était enclenché et après le temps de chargement je fus propulsé au cœur de la maison et de ses trublions, jadis appelé loft et lofteurs mais ceci n’est qu’une ressemblance fantasmée de toute évidence.

Les premières minutes ne furent pas ennuyeuses, ni scandaleuses, elles furent tout simplement banales. Comme des gens normaux, ils faisaient chauffer les pattes avec de l’eau, parlaient avec la bouche et même respiraient de l’air. Rien de surprenant, rien de révolutionnaire juste les artifices d’une vie quotidienne dans un cadre fictif. L’impression d’appartenir à la troupe était limitée mais progressivement un autre aspect se montrait beaucoup plus instructif, même corrosif.

Enfin du croquant dans ce lourd flan télévisuel. A plusieurs reprises le son s’estompe et se tait pour laisser place à un écriteau aussi mystérieux que risible « coupure sonore nécessitée par le contrôle éditorial ». Première information, qui n’en est pas vraiment une, le terme éditorial vient poser les limites de la liberté et de la spontanéité des habitants du préfabriqué. Tout est contrôlé, rien est laissé au hasard malgré l’illusion d’improvisation qui se joint à la diffusion continue des journées de nos protagonistes. Le son se coupe quand la discussion monte d’un niveau et devient susceptible de perturber la sérénité de la ménagère de cinquante an, qui après avoir été poussée à faire les courses pour les foyers, est à présent l’alibi des communicants pour formater le contenu du petit écran, afin que les bulles et le cola se pérennisent un peu plus longtemps.

Oui, cette émission aussi superficielle et superflue soit-elle est une aubaine pour mettre en avant le contrôle de l’image et surtout les multiples significations que peut avoir un seul événement et ce suivant les images choisies. Prenons la révélation qui a mis en émois tout un petit monde médiatique : l’annonce d’un jeune transsexuel à la télévision française et de surcroît à une grande heure d’écoute. Tous les éléments du coup de publicité fantastique étaient présents pour les grand décisionnaires de l’audimat. Erwan (nom du candidat voulant devenir un garçon physiquement pour que son corps soit en cohésion avec son esprit) est, pour ainsi dire, une sorte de « Loana, Jean-Edouard et la piscine » New look. Quelques jours après le début de l’émission, une polémique déjà alimentée de toute part, et un prime pas des plus convaincants, la production tenait l’élément pour donner l’impulsion publicitairement salvatrice pour le concept. En effet, ce genre d’émission joue généralement son avenir lors des toutes premières semaines, l’adhésion du public est immédiate ou n’est pas. Alors, après qu’un candidat ait découvert le secret d’Erwan, la production a mis en scène de façon théâtrale les aveux de ce jeune homme conscient du risque qu’il prenait mais sans doute ignorant de la manipulation que son mal être s’apprêtait à subir. Aux alentours de 18 heures, après une rude journée à s’interroger sur les portées de sa future révélation, le jeune candidat était convoqué devant ses camarades mais surtout en pleine quotidienne de l’émission soit devant quelques millions de téléspectateurs pour faire, en direct, l’annonce de son secret sans doute plus lourd que tout solde positif de la production. C’est la voix tremblante qu’il avoue devant son assemblée et les paires de yeux indiscrètes qu’il se sent garçon dans un corps de femme. Juste le temps de tirer deux ou trois larmes à l’intéressé et le générique est lancé pour couper court aux explications du jeune homme concernant sa participation dans cette émission controversée.

C’est ici qu’intervient le vice d’Internet… Assez perturbé par cette coupure je me plongeai dans ce fameux live. C’est alors que j’assistai à l’éclatement d’une vérité douloureuse et hélas si attachée à une réalité quotidienne. Erwan, plein d’humilité, égraine les raisons qui l’ont poussé à venir ici. La première est celle d’adresser un message à la population française afin de solliciter un peu plus de respect. Un discours touchant, certes consensuel, mais plein de la souffrance d’un jeune adulte en proie aux jugements extérieurs. Ce qui m’a le plus intéressé c’est la seconde raison exposée. S’il était là c’est aussi pour pouvoir obtenir quelques euros afin de combler l’erreur de sa nature. C’est ici, qu’il enchaîna sur une critique vis à vis des cliniques privées qui font de la santé un commerce et sur la difficulté d’obtenir un rendez-vous à court terme dans un hôpital public qui, comme  le montre Patrick Pelloux(1) dans son livre, souffre d’un déficit de moyen énorme et ce à cause d’une gestion plus financière que médicales des établissements. Erwan est même allé jusqu’à préciser que « certains se prostituent d’autres se suicident moi je préfère faire cette émission ». Je trouvais ça bien et très instructif, qu’une personne mette en avant ce problème plutôt discret dans les médias. Mais voilà, nous étions sur Internet et c’est hélas sans surprise que j’ai pu constater que lors de la quotidienne du lendemain, TF1 n’a diffusé qu’une partie du discours… la plus consensuelle le reste étant peut être trop proche de la réalité et pas assez fantasmé. Pourtant les faits sont là, en France en 2007 des personnes se sacrifient, parfois sous les caméras, souvent dans l’anonymat dans l’espoir de pouvoir toucher aux grâces de la santé… mais ce n'est pas vendeur.

Ces manipulations de l’œil et de l’esprit sont multiples dans ce programme. De façon plus légère, j’ai pu constater que dès la révélation de quelques secrets de fabrication de l’émission ou bien de critiques émises par les candidats sur le concept, le fameux bandeau « coupure sonore necessitée par le contrôle éditorial » apparaissait puisque les secrets qui peuvent se révéler sont ceux qui ont le droit de cité dans l’audimat. Enfin, la censure camouflée a également frappé lorsque le basketteur au costume de rappeur trop grand pour lui, Tony P, s’est fait charrier par l’un des candidats… étonnant quand on sait que c’est une signature du label de musique de TF1…

Tant de faits, tant d’observations que certains jugeront comme subjectifs, d’autres comme non fondés qui, toutefois, peuvent nous faire poser des questions sur les dérives mercantiles de la télévision excusées, sous prétexte de privatisation, d’exploiter les drames contemporains d’hommes et de femmes qui eux par contre seront très vite oubliés pour les plus chanceux, ou lâchés au milieu des bonnes consciences pour les plus télégéniques… De tout temps l’image a été au centre de tant de convoitises et de détournements qu’elle s’en est accommodée. Pourtant tout nous porte à croire que l’Homme en a déjà oublier les risques…

ELBE


(1) Patrick Pelloux, Histoires d'urgence, Le checrhe midi, 2007