01.09.2007

Vie de chien



On me sifflait, m’appelait et me guettait
Me craignait, me caressait et me jetait
Parfois je tenais compagnie à un réverbère
Trace d’urine comme repère de mes terres
Terre neuve ou caniche comme identité
Jour, soir, nuit signifiait l’appel de la patté
Terrifié par cette redoutable odeur de bain frais
Je sautais, courrais au plus vite et m’en allais
Libre de voguer comme l’air en bocal
La laisse s’occupait de torturer mes cervicales
Un banal jour ma maîtresse m’a humilié
Après m’avoir vêtit de ce joli petit gilet
Elle, était fière pendant que mon museau se cachait
Difficile d’être Rintintin quand on a les fripes de Milou
Dur avec cet attirail de se faire passer pour un filou
Les chats de gouttières me montrait de leurs pattes
Pendant que ma propriétaire se vantait avec hâte
Je fus modelé à son image honteusement humaine
Puis le temps a passé et fait de moi une simple habitude
Me laissant alors à un quotidien aux aspects bien rudes
A présent je vis entre dames et gosses qui me malmènent
Ménage à trois avec le félin et le poisson de la petite
Pacha de l’étage, poisson chat comme alliance insolite
Depuis que mes crocs se sont manifestés
Mon museau se trouve bêtement muselé
Le joujou d’hier est dorénavant la crainte de demain
Même le poil luisant, je reste l’objet d’un temps défunt
Alors j’attend, là, sur le pas de la porte
Que le vent des déçus vienne et m’emporte
Moi, mon triste gilet et ma satanée laisse
Désormais seuls alliés que je ne me connaisse
On me présentait comme meilleur ami de l’Homme
Sans me dire qu’il m’effacerait d’un coup de gomme
Pourtant malgré d’apparentes illusions je savais bien
Quoi qu’on en dise j’étais voué à une vie de chien…

ELBE

27.06.2007

Télé le business

ASI

 

Nous voilà à nouveau engagé dans une période de trouble médiatique. Déjà il y a un an, ça avait été la fuite des cerveaux lents dans tous les sens hertzien. Castaldi était devenu nouvelle star échouée sur la une, Bern avait rejoint dans son costume de roi du talk l'arène des gueux de la deux où l'attendais Laurent Delahousse, véritable souffrance pour tout homme regardant le journal avec sa copine ébahie devant ce nouvel homme tronc qui séduit et ce sans implants. Bref ça avait été le bal des contrats et des paillettes dans cette petite télé qui gît au milieu de mon salon, cachant derrière sa modeste taille un grand monde en fusion permanente. L'été achevé, naïvement, nous pouvions nous dire allé c'est bon les people se sont croisés, remplacés maintenant ils vont bosser dans la sérénité...

Un an passe et patatra...entre une roue de la fortune new look, des familles en or quelquefois plaquées, et des déjà futur ex heureux élus aux portes du nouveau loft le petit écran se remet a trembler...Nous ne sommes qu'en juin, l'été se fait juste sentir et ce au contraire de la polémique qui a déjà enflée...Cette année le feuilleton a en plus ce petit goût savoureux de politique fiction. La paranoïa et l'angoisse veulent les premiers rôles, où est le vrai où est le faux?

Daniel Schneiderman voit son émission ne pas être reconduite sur la 5 : arrêt pour un sage ou arrêt pour lassage? Pourquoi pas un peu des deux...il faut avouer que d'ici, hors de toutes ces passions parisiennes, c'est délicat de se faire une opinion. Les opposants du nouveau président de la république veulent croire en la grande manipulation dictatorial autour de cette émission alors que les électeurs de cet accusé montrent du doigt le concept usé de l'émission, la tête à claque de l'animateur etc...alors que penser? Doit on se laisser guider par nos convictions politiques,certes très aiguisées suite à cette longue période de flirt avec les urnes, où bien essayer de trouver les facteurs qui auraient pu mener à cette situation?

Pour être honnête, j'ai d'abord été tenté d'entrer dans la polémique stérile de la censure mais très vite j'ai eu l'impression de me mettre le dRoit dans l'œil.

12 ans ça fait long, une immunité chiraquienne tout de même, serait ce étonnant de voir l'usure s'installer après un si long périple plutôt rare de nos jours à la télé... L'évolution et le concept s'étant constamment boudés pendant cette aventure hertzienne, les spectateurs ont,progressivement, de nouveau appuyé sur lecture laissant les arrêts sur image aux inconditionnels du genre afin d' aller voir ailleurs ce qui bouge encore… et l'audience frappa. Ce facteur, bien que n'étant pas gage de qualité, ne peut être tut dans cette ère où   « l'audience correcte exigée » n'est plus une chose réservée aux seules soirées privées mais également au sein du service public. L'arrêt définitif de l'image aurait donc pu être le fruit du zapping de la lassitude.

Toutefois, il semble qu'il existe un contentieux assez fort entre Monsieur De Carolis et Monsieur Schneiderman. Celui-ci remonterait à quelques années, suite aux révélations du futur licencié au sujet d'un reportage faussé et diffusé dans l'émission de De Carolis. Il n'est pas idiot d'imaginer que De Carolis président garde la rancœur de De Carolis présentateur qui a vu son CV de journaliste entaché par cette affaire. Hélas, le pouvoir a ce désavantage d'être un instrument potentiel de règlement de compte masqué. De là à penser que la baisse d'audience était le couperet idéal pour solder l'addition, il y a un pas à franchir…à vous de suivre ou non les pas de cette danse des coulisses? Possible revanche…mais comment montrer ou encore empêcher cela…

Chasse au sorcière ? L'évidence flagrante est un mensonge à l'essence de fantasme...Auto censure ? Elle existe inévitablement, soit par adhésion aux valeurs défendues par l'ex président de l'UMP soit à cause de la connivence de hauts décisionnaires, c'est un fait plus que possible mais qui ne semble pas être la réelle motivation de De Carolis qui se situerait plus sur un choix éditorial.

Néanmoins cette situation met au centre du débat la nécessité, face à la montée en puissance des médias, de créer un

réel contre pouvoir construit autour des téléspectateurs, lecteurs et auditeurs afin que les principaux concernés puissent s'exprimer... Bref, organisé un peu de démocratie dans un milieu qui souffre de nombreux préjugés et d'une grande autarcie… de plus Daniel Schneiderman pourrait venir s'exprimer… certes en tant que spectateur!

Voilà la simple vision d'un jeune spectateur qui n'a pour seul prétention de zapper en tout anonymat pour observer discrètement le fameux bal des postes qui est finalement, comme dans sa vie, un jeu de rôle entre ceux qui veulent rester, ceux qui veulent choisir la place des autres et le tout sous un air de suspicion et de langue de bois…bref un bal de la communication sans qu'elle, reine de la soirée, ne soit invitée

ELBE



 (texte publié sur le www.jeanmarcmorandini.com // si vous voulez le maintien de Arrêt sur image la pétition est à cetteadresse http://arret-sur-images.heraut.eu/index.php?petition=... )


13.06.2007

Plus battu que terre

Dimanche, il n’y a pas eu de surprise même si beaucoup voulaient y croire. Le favori d’hier est le perdant d’aujourd’hui et les spectateurs venus soutenir la thèse du renversement sont repartis déçus et résignés. Ils auraient aimé dire à leur enfants « Tu vois petit, ce jour là j’y étais, je l’ai porté au firmament » mais finalement ils tairont ce souvenir à leur futur bouts de choux.


Quel coup droit mes aïeux, celui que les adversaires redoutait, les a littéralement mis en dehors des lignes faisant d’eux , acteurs supposés, des spectateurs médusés. Ca partait dans tous les sens, la réplique lancée elle revenait aussi vite avec la force en plus. Une fois à droite, deux fois à droite et voilà l’adversaire était à terre sans la compagnie de ses espoirs de succès qui s’étaient éclipsés avec ses rêves de révolution.


Tout le monde s’était donné rendez vous depuis des mois. Dans les coulisses les « cette foi on ne peut pas la rater » fusaient, personne n’osait imaginer qu’une fois encore le soldat chéri se laisserait terrassé par la fougue du prodige adverse. Populaire, médiatique et malin ce dernier l’a attendu de pied ferme, préparé comme le gladiateur romain pour son dernier combat il a voulu faire des ces terres son arène de gloire quitte à humilier un adversaire pourtant vêtu de la posture du numéro 1 dans les cœurs. Il s’en moquait lui, ce qu’il voulait c’était garder les portes de son jardin vierge, alors il a frappé, cogné et gagné. La rage de vaincre a surpassé les pronostiques et sous les flash brûlant, les hommages sont tombés en rafale plus rien n’existait, c’était un petit séisme rarement nous avions assister à une telle domination…non il n’y a rien a dire Rafa Nadal a mérité son succès.

Elbe


(psss : surlignez avec le curseur de la souris après le mot domination et vous comprendrez que la vie continue même dans le bleu  ;-) )

09.06.2007

Aux vagues citoyens!

     

 

Bleue, cette vague sera bleue… on nous l’aura dit, décrie et même expliqué de toutes les manières possibles. Du simple sondage à l’animation en 3 D, depuis des semaines les élections législatives sont devenues de véritables leçons de surf. Nous, électeurs armés de notre planche électorale,attendons cette fameuse vague pour la "prendre" comme on dit dans le milieu. Toujours est il que suivant nos planches, on ne sait pas vraiment de quelle façon nous la prendrons.


Ceux qui ont troqué, temporairement, le jogging pour le surf veulent la prendre au vol, avant même que l’écume ne s’abatte sur les galets, ils veulent savourer cette douceur de la victoire les menant aux cimes du triomphe. Du haut de leur sommet, ils auront une vue imprenable sur un océan de ruptures et feront la nique aux poissons laissés pour compte dans les cours d’eau réformistes.


Il y a aussi ceux qui rêvent de voir une Paméla des temps politiciens surgir, maillot rouge cela va de soit, pour sauver ce qu’il reste à épargner de cette vague bleue annoncée. Autant être honnête, ces angoissés là ne sont pas vraiment à la fête. Dans leur camps, qui n’ont rien d’estivaux, c’est la tempête. De tornades post électorale à platitude digne des eaux d’un lac, ils semblent connaître bien des difficultés face à tous ces courants. Ils restent, alors, baignés dans ces eaux incertaines attendant une future sécheresse qui ferait évaporer cette vague bleue, même s’il ne peuvent feinter la crainte que cette dernière ne cache un tsunami idéologique final.


Puis il y a les désabusés… eux le surf politico-médiatique ils en ont cure. Ils on repris les routes du travail, de l’errance et du scepticisme. Certains furent admirateur du tracteur, d’autres fascinés par le tailleur, quelques uns ont les yeux encore pleins de leur rouge passion et on en trouve même qui s’étaient mis le drapeau dans l’œil ; mais aujourd’hui ils sont tous résignés. Leur tête et leurs pensées ont laissé la guerre des votes pour retourner dans un univers du réel où, quoi qu’il arrive, que les vagues soient roses, bleues ou encore orange, il faudra tout de même, à la fin du mois, payer cette eau si chère. Alors dimanche, ils laisseront leur planche dans le placard tout en regardant le défilé des surfeurs occasionnels qui ,dans les bureaux de vote, tenteront d’insuffler un peu de teinte dans le scrutin et se diront à eux même « bleue ou non on va se la prendre… ».


Prenons le vote du bon côté. Alors que des orages viennent détruire des domiciles, alors que s'agitent les réflexions et les  conclusions autour du dérèglement climatique, cette vague électorale nous aura au moins permis de goûter à une ambiance estivale manquante. Ainsi tout ces travailleurs, bacheliers, étudiants, s’ils en ont hélas les moyens, se rappellent qu’ils auront le plaisir de goûter aux vraies vagues salées et à la douceur du farniente d’ici quelques jours voire semaines et ce grâce à l’évocation d’un tel lexique. Quant à celle qui arrive dimanche…vous savez la nature nous a déjà réservé tant de surprises…qui sait… on peut toujours aller surfer après, on verra !

 

ELBE

Désamour des amours

Née dans un de ces quartiers de Budapest
Où la misère y est si forte que même les bouddhas pestent
Belle brune aux courbes dignes des magasines
Roxanna sourit au bitume grisonnant de France
De tous côté les bons gens courent et chinent
Objet de convoitise frisant l’indécence
Sa peau claire et ses fils d’or au vent
La jeune femme se tait et se vend
Elle se souvient à peine de ses heures d’ange
Où ses copines s’amusaient à lui coiffé sa frange
C’était au-delà de cette frontière du cauchemar
Qu’on lui présentait pourtant comme palace des espoirs

Désespoirs caché malgré ce quotidien maussade
Le client veut du rêve et non d’une pleurnicharde
Les euros caressent le creux de ses mains,un temps
Avant que cet homme ne vienne la piller
Depuis qu’elle l’a croisé, elle a perdu ses papiers
Son ambassade est désormais son cœur souffrant
La liberté lui a claqué la porte au nez
Là où,paraît-il, les droits de l’Homme sont nés
Hier ce père de famille l’a tabassé allègrement
Tête basse elle a fini aux urgences en sang
Silence face aux médecins, misère en bandoulière
Triste quotidien dans une cité faite de lumière

Sous le ramdam du trottoir elle continue à pleurer
Partie pour vivre, elle reste pour ne pas mourir
Tous ses demains sont par aujourd'hui assassinés
Chronique d’une vie sur la route du pire
Au fond de sa camionnette Roxanna éteint la lumière
Ce soir, point d’homme ne viendra profiter de sa misère
Son seul amant sera ce cutter acheter peu cher
Les veines comme offrandes à la souffrance
La jeune fille laisse son héritage sur le sol de France
Là où l’illusion est tombée dans les bras du proxénète
Roxanna s’en est allée sans même qu’on ne la regrette
Le bitume a déjà retrouvé une esclave du désir
Et les pages se tournent sans que personne n’ose les lire
Roxanna s’est évadée dans les mémoires d’outre tombe
Et le monde tourne même si l’amour n’est plus qu’une ombre


ELBE

01.06.2007

Les yeux interdits

Les jeunes doigts grattent le cordes, l'esprit s'évadant les premières notes épousent l'harmonie de la pièce. Depuis tant d'années on lui disait que la gratte commençait par cet air, facile et tellement mythique à la fois. Aux trois premières pincées son entourage devrait reconnaître la mélodie si célèbre. Pourtant au-dessus de cette facilité le bambin ne parvient pas à faire raisonner la justesse du bout des ongles, les notes à l'habitude nettes sont à présent cassées et rabougries malgré l'application de l'enfant. Puis soudain au milieu du chaos sonore retentit un écho pur, limpide rappelant cet air: celui des Jeux interdits. Alors l'angélique minot esquisse un sourire, satisfaction du devoir accompli passant sous silence le brouhaha encore récent. La vérité a ressurgit, la sienne en tout cas. Malgré tant de faussetés, tant d'erreurs, la persévérance mena le guitariste en herbe à une lueur de justesse, de finesse et à un instant de rock star accomplie. Pourquoi le conte d'une telle anecdote sortie d'un esprit évasif et dont la réalité n'a d'encre que dans celui-ci? Simplement pour symboliser cette entreprise qui s'ouvre. Des chroniques vont fleurir en réponse au jardinage quotidien de notre société, comme cet enfant il se peut  qu'elles soient fausses, biaisées, ridicules mais nous garderons l'espoir de tomber sur la chronique juste et fine qui viendrait alors illuminer et encourager la rédaction future... comme la guitare est symbolisé par ces fameux Jeux interdits, nous voilà à présent dans nos premières gammes littéraires en essayant de devenir Les yeux interdits de ce monde aveuglément immense...

 

ELBE