25.02.2008

L'âne et le coq

Dans le sein de la ferme urbaine
Vivent poils et autres laines
On bêle, hennit ou caquette
Dialogue de sourds au monde des bêtes

Matinée douce et bucolique
Paillettes et sourires animent le cirque
Les animaux admirent la parade
Riant des pitres à la hussarde

De la mêlée des princes
Survint le plus fort des coqs
Toute le foule s'évince
Le roi désire son bain ad hoc

Les mains se pressent et se serrent
La simple touche vendue comme dessert
Le seigneur en sa basse cours
Est courtisé pour quelques mamours

Dans le silence du troupeau de fans
Se niche l'anonymat d'un âne
Le sabot planqué parmi les poignées
L'oeil affûté attend l'opportunité

Le coq avance fièrement
La crête dressée vers l'avant
La flagornerie comme plumage
L'orgueil se pond et se fond dans le voyage

La ferme s'agite pendant le défilé
L'âne s'invite au rang premier
Voyant le roi triompher
La bête rue avant de s'élancer

La patte du coq lutte
Le mur de foule éructe
Le sabot fier et dressé
L'âne, le contact a refusé

La plume froissée par la résistance
Le coq et l'âne se tancent
Le manant jugeant sa crête sale
Le roi, vociférant, le mit au piquet de la salle

Dans cette valse entre oeufs et foin
Braves sont les bêtes à bec ou à groin
Derrière les parures de l'humanité
S'immiscent souvent les vestiges de la bestialité.

Elbe

Toute ressemblance avec un personnage ou un évènement existant serait purement fortuite