10.05.2008
Devoirs de mémoire

"Un paradis raté est pire que l'Enfer"
Aimé Césaire (1913 - 2008)
10:29 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : césaire, mémoire, abolition, esclavage, 2008
17.04.2008
Partir

Partir,
Comme il y a des hommes-hyènes,
Et des hommes-panthères,
Je serai un homme-juif,
Un homme-cafre,
Un homme-hindou-de-Calcutta,
Un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas.
L’homme-famine, l’homme-insulte,
L’homme-torture, on pouvait à n’importe quel moment le saisir, le rouer de coups, le tuer - parfaitement, le tuer - sans avoir de compte à rendre à personne, sans avoir d’excuses à présenter à personne.
Un homme-juif,
Un homme-pogrom,
Un chiot,
Un mendigot,
Mais est-ce qu’on tue le Remords, beau comme la face de stupeur d’une dame anglaise qui trouverait dans sa soupière une tête de Hottentot ?
Aimé Cesaire, Cahier d’un retour au pays natal,Paris,Présence Africaine,1939
(Source des images:livres.ados.fr)
17:40 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : partir, aimé, césaire, cahier, retour, pays, natal
Départ du pays natal...

Aimez ces airs
« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viet Nam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.»
Aimé Césaire,Extrait Discours sur le colonialisme,Réclames,1950
(Source des images: Camer.be)
15:15 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aimé, césaire, hommage, neggritude, 2008










