05.11.2008
Contre point sur Obama

No Mc Cain
On a envie de dire "ça c'est fait", remballer ses Facebook et autres blogs de soutien, éteindre CNN, penser rapidement au rêve américain et repartir pour un tour. Beau symbole c'est vrai, libéral c'est aussi vrai, le changement faudra attendre pour voir. Il parait qu'une page se tourne, que rien ne sera pareil, en même temps le prédecesseur a laissé une Maison Blanche dans un tel état qu'il sera difficile d'en rajouter une couche. Après l'insouciance de la victoire devra venir la vigilance du devoir. En attendant de voir si la page d'Histoire promise parviendra à s'écrire et si le changement aura juste le nom où la forme, je vous propose de lire la lettre de Ralph Nader (et oui lui aussi candidat et même de gauche que nous qualifierons d'alter) où il fait part de sa septicité vis à vis d'un changement peut être trop claironné pour être honnête. Parfois on oublie que les clivages changent à travers les frontières, on oublie que les rêves de la gauche européenne sont les cauchemards de gauche aux USA, on oublie... Il est agréable d'applaudir le symbole et l'espoir, encore plus de voir des idéaux vivre. Wait and see...
Cher Sénateur Obama
Au cours de votre campagne présidentielle de presque deux ans , les mots" espoir et changement" ont été la marque de fabrique de vos déclarations. Pourtant, il y n'y a pas de concordance entre ces objectifs et votre personnalité politique qui succombe à des centres de pouvoirs en contradiction qui ne veulent ni "espoir ni changement" mais plutôt la poursuite du statut quo d'un pouvoir retranché fermement sur ses positions.
Vous avez reçu de la part des entreprises et de Wall Street des contributions intéressées bien plus importantes que celles faites à McCain, un fait sans précédent, ainsi que des contributions de sociétés d'avocats. Jamais auparavant un candidate Démocrate à la présidence n'avait obtenu cette suprématie sur son adversaire Républicain. Pourquoi, mis à part votre vote inconditionnel pour la subvention de 700 milliards à Wall Street, ces grandes compagnies ont -elle intérêt à investir autant dans le sénateur Obama ? Ce pourrait-il que dans vos antécédants comme sénateur d'un état fédéral, comme sénateur au niveau national, et compte tenue de votre campagne pour la présidentielle - favorisant le nucléaire, les industries du charbon, le forage pétrolier en mer, les subventions aux entreprises suivant le Mining Act de 1872, et évitant tout programme raisonnable de mesures sévères à prendre à l'encontre de la vague de malversations commises par les entreprises et un budget militaire surgonflé de gaspillage -- vous ayez prouvé être leur homme ?
Pour faire avancer le changement et l'espoir, le présidentiable doit faire preuve de caractère, de courage, d'intégrité - - et non pas d'expédient, d'accommodation et d'opportunisme à court terme. Prenez, par exemple, votre mutation d'un défenseur clair des droits des Palestiniens à Chicago avant que vous ne vous présentiez au Sénat US, en un acolyte, un imitateur du lobby extrêmiste AIPAC, qui prône l'oppression militariste, l'occupation, le blocus, la colonisation et l'accaparement des terres et de l'eau depuis des années contre le peuple Palestinien et leur territoires rabougris de Cisjordanie et de Gaza. Eric Alterman a fait une synthèse de nombreux sondages lors d'un article de décembre dans le Nation Magazine montrant que la majorité des juifs américains s'opposaient à la politique d'AIPAC.
Vous savez bien que c'est seulement quand le gouvernement US soutiendra les mouvements de paix israéliens et palestiniens, qui ont mis sur pied il y a plusieurs années une solution détaillée à deux états (soutenue par une majorité d'Israéliens et de Palestiniens), qu'il y aura une chance de résoudre pacifiquement ce conflit de 60 ans. Pourtant vous adoptez la position des extrémistes, à tel point que dans votre discours infâme lors de la conférence d'AIPAC (juin 2008 note ndlt), juste après avoir été élu candidat Démocrate à la présidentielle, vous avez soutenu une " Jerusalem indivisible" et vous vous êtes opposé à des négociations avec le Hamas - - le gouvernement élu à Gaza. Une nouvelle fois vous avez ignoré la volonté des israéliens qui le 1er mars 2008, lors d'un sondage réalisé pour le quotidien respecté Haaretz, ont favorisé à 64% des "négociations directes avec le Hamas". Se ranger du côté des extrêmistes d'AIPAC c'est ce que l'un des nombreux Palestiniens qui soutient le dialogue et la paix avec les Israéliens, décrivait quand il écrivait " aujourd'hui, l'antisémitisme c'est la persécution de la société palestinienne par l'Etat d'israël."
Au cours de votre visite en Israël cet été, vous n'avez programmé que 45 minutes de votre temps pour les Palestiniens, sans conférence de presse, et sans visite aux camps de réfugiés palestiniens, ce qui aurait permis que les médias attirent l'attention sur la brutalisation des Palestiniens. Votre voyage prouve votre soutien au blocus cruel illégal de Gaza en violation du Droit International et de la Charte des Nations Unies. Vous vous êtes concentré sur les victimes israéliennes au Sud dont le nombre total l'année dernière équivaut à 1 civil israélien tué pour 400 palestiniens tués dans la Bande de Gaza. Au lieu d'une attitude d'homme d'état critiquant toute violence et soutenant à la place la proposition de la Ligue Arabe de 2002, permettant la création d'un état palestinien viable dans le respect des frontières de 1967 en échange de relations économiques et diplomatiques complètes entre Israël et les états arabes, vous avez joué le rôle de politicien de pacotille, quittant la région et laissant les Palestiniens remplis d'un sentiment de choc et de peu de respect.
David Levy, un ancien négociateur de paix israélien a ansi décrit succintement votre voyage " il y a eu une manifestation presque voulue d'indifférence sur le fait qu'il y a ici deux narrations. Cela peut lui être utile comme candidat mais pas comme président".
Ali Abunimah, un commentateur américain palestinien, a noté qu'Obama n'a pas fait une seule critique à l'égard d'Israël, " de sa colonisation incessante et de la construction du mur, et des bouclages qui rend la vie intenable à des millions de Palestiniens"... Même l'Administration Bush a récemment critiqué l'utilisation de bombes à fragmentation contre les civils libanais ( http://www.atfl.org/). Mais Obama a défendu l'attaque d'Israël contre le Liban, la justifiant par le fait qu'Israël exercait son "droit légitime à l'auto défense".
Dans de nombreux articles publiés dans Haaretz, le journaliste Gideon Levy a durement critiqué les attaques par le gouvernement israélien contre des civils à Gaza, dont des attaques " en plein coeur des camps de réfugiés surpeuplés... ayant provoqué d'horribles bains de sang" début 2003.
L'écrivain et pacifiste israélien, Ury Avnery, a décrit la présence d'Obama lors de la conférence d'AIPAC comme "ayant battu tous les records d'obséquiosité et de servilité," ajoutant qu'Obama " est prêt à sacrifier les interêts américains les plus basiques. Après tout, les US ont un intérêt vital à réaliser un accord de paix israélo palestinien ce qui leur permettront de trouve le chemin des coeurs au sein des masses arabes de l'Irak au Maroc. Obama a fait du tort à son image dans le Monde Musulman, et hypothéqué son futur - - quand et s'il est élu président" a-t-il dit ajoutant " je suis certain d'une chose : les déclarations faires par Obama à la conférence d' AIPAC sont trés trés mauvaises pour la paix. Et ce qui est mauvais pour la paix est mauvais pour Israël, mauvais pour le monde et mauvais pour le Peuple Palestinien".
Autre défaillance de votre personnalité c'est la façon dont vous avez tournez le dos aux musulmans américains dans ce pays. Vous avez refusé d'envoyer des représentants pour parler aux electeurs musulmans lors d'événements organisés par eux. Vous avez rendu visite à de nombreuses églises et synagogues, vous n'avez fait aucune visite de mosquée en Amérique. Même Georges W. Bush a rendu visité à la Grande Mosquée de Washington DC après le 11 Septembre pour exprimer des sentiments naturels de tolérance devant un groupe religieux important d'innocents effrayés.
Bien que le New York Times ait publié un important article le 24 juin 2008 intitulé " les electeurs musulmans ont détecté un certain dédain de la part d'Obama" ( par Adnrea Elliott) citant des exemples de votre aversion pour ces Américains venant de différents horizons, qui servent dans les forces armées et qui travaillent pour réaliser le rêve américain. Trois jours plus tôt, l'International Herald Tribune avait publié un article de Roger Cohen intitulé " Pourquoi Obama devrait visiter une Mosquée". Aucun de ces commentaire et articles n'a changé votre bigoterie politique contre les musulmans américains - - bien que votre père ait été un musulman du Kenya. (Obama n'est pas "noir" comme on nous le serine à longueur d'infos intox mais metisse sa mère était blanche et sa grand mère maternelle dirigeait une banque, donc ce n'est pas non plus un "enfant d'Harlem" comme la propagande veut nous le faire croire, l'"image étant plus facile à "vendre" politiquement parlant semble-t-il ndlt).
Peut être que c'est le fait que vous vous êtes plié aux exigences des extrémistes pour interdire à l'ancien président Jimmy Carter de parler lors de la Convention Nationale Démocrate qui traduit le mieux votre absence complète de courage politique. C'est une tradition pour les anciens présidents, qui a été accordée à Bill Clinton cette année à une heure de grande écoute.
Voilà un président qui a négocié l'accord de paix entre Israël et l'Egypte, mais son livre récent faisait pression sur la superpuissance israélienne dominante pour éviter l'Aparthied des Palestiniens et faire la paix, raison pour laquelle il a été mis de côté. Au lieu d'une déclaration importante à la nation de Jimmy Carter sur ce problème international essentiel, il a été relégué dans un coin de la scène aprés de " formidables applaudissements" qui ont suivi la projection d'un film sur l'oeuvre du Centre Jimmy Carter post Katrina.
Honte à vous, Barack Obama.
Puis votre attitude honteuse s'est propagée à d'autres zones de la vie politique américaine. ( Voir l'analyse factuelle de ma co listière, Matt Gonzalez http://www.voternader.org). Vous avez tourné le dos à 100 millions de pauvres américains comprenant de pauvres blancs, afro américains et latinos. Vous avez toujours mentionné vouloir aider la "classe moyenne" mais vous avez omis, de façon répétée, de mentionner les "pauvres " en Amérique.
Si vous êtes élu président, cela est plus une démonstration de votre obéissance au pouvoir concentré entre les mains des "entreprises suprémacistes" que celle d'une ascension sociale à la suite d'une campagne brillante sans précédent qui parlait de "changement". Ce devrait être de ramener le pouvoir concentré dans les mains d'un petit nombre à la multitude. Ce devrait être une Maison Blanche présidée par un homme noir qui ne tourne pas le dos aux malheureux ici et à l'étranger, mais defie les forces de l'avidité, du contrôle dictatorial sur les travailleurs, les consommateurs, et les contribuables, et la politique étrangère de militarisation. Ce devrait être une Maison Blanche qui transforme la politique américaine - - s'ouvrant au financement public des élections ( par des approches volontaristes) - - et permettant aux petits candidats d'avoir la possibilité d'être entendus lors de débats et dans la plénitude de leurs libertés civiques actuellement restreintes. Appelons cela la démocratie compétitive.
Lors de votre campagne présidentielle vous avez fait preuve, encore, et encore, d'attitudes lâches.
L"'Espoir " disent certains jaillit "éternellement".
Mais pas quand la "Réalité" le consume quotidiennement.
Salutations
Ralph Nader 03/11/08
Source : http://www.uruknet.info/?p=48493
Introduction Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
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18.10.2008
Dos à dos

Un peu de patriotisme?
Le stade de France a cette forme de soucoupe volante déposée au bord d’une autoroute. Anachronique et futuriste l’antre règne au milieu des terres dionysiennes. Symbole du succès black blanc beurre de 98, aussi vite médiatisé que brûlé, le terrain de football est la fierté du coin. Les touristes sourient allègrement aux photographes, les sportifs en herbe y font trépasser leurs rêves et les journalistes nostalgiques relisent leurs calepins se souvenant des célébrations victorieuses.
Tout un symbole ce stade. Zinédine faisait sourire Jacques quand Lilian sauvait Aimé, a en avoir des trémolos tant l’idéal métissé semblait enfin prendre forme. Puis les heures ont passé, les serpentins mondiaux se sont retirés pour laisser la grisaille du quotidien reprendre ses droits, la terre de gloire hexagonale fut très rapidement renommer 9-3 et vit les objectifs criminalisant se substituer aux reportages autour de la balle et des réussites. Le stade de France s’est mis à moins vibrer, les rêves se sont petit à petit accrochés aux murs enfantins, le football s’est vendu comme une porte de sortie sans expliquer que cette sortie était plus étroite que salvatrice.
Si quelques semaines durant, l’euphorie d’un filet vibrant a estompé les cris des alentours, un jour arrive où le silence se lasse et à son tour rêve de tour du stade, de ola, de unes et de reconnaissance. Le 93 – prononcé 9.3. dans les hautes sphères pour faire « jeune » et insister sur ce monde qui serait à part – a fini par troquer son habit de lumière pour son cri de misère. Lieux symboles des difficultés sociales des quartiers populaires où les générations se sont succédées et ont témoigné de déceptions successives, là où les différentes vagues d’immigration ont fini par échouer et ont tenté de se construire entre exclusion sociale et racisme.
La nouvelle génération a connu l’échec de grands frères motivés puis résignés, entendu parler de l’exil des anciens à travers la mémoire familiale et ont à leur tour essuyé les contradictions d’une république et son esprit qui souffre dans la réalité. Eux, pour la plupart Français, formés dans les classes de l’école française, nourris aux Lumières et autres Jaurès, restent perçus comme « issu de ». Balancés d’identités en identités par les regards des autres, toujours pesant dans les temps adolescents, par les photographies médiatiques ils passent de « français d’origine » les jours d’échecs à « français bien intégré » les périodes de succès sans parler des jours où la francité leur est retirée. Une ballade parmi les identités qui, forcément, finit par aboutir à un repli sur une identité construit par le jeune citoyen lui-même. Quand le sentiment de rejet de la part des siens émerge c’est le repli sur la différence et sur l’identité la moins proche que celle qui est refusée que l’individu met en avant, souvent celle de sa famille. Puis un jour d’automne, au milieu d’un terrain de sport, mué en espace social, pendant que les feuilles tombent les sifflets s’abattent sur un symbole de l’identité refusée : la Marseillaise.
Aux vues de l’Histoire, cet acte peut être vu comme paradoxal. L’idéal républicain porté par le drapeau tricolore et la Marseillaise véhicule justement l’unité des identités qui traversent le pays et l’enrichissent autour d’un socle d’égalité, de liberté et de fraternité. Aux vues des Histoires personnelles, l’idéal est devenu pure utopie. Les sifflets portent à la fois les rêves déçus, la sensation d’avoir été dupée et quelques attitudes provocatrices. Des sifflotis donc teintés par l’incohérence historique et poussés par un ressenti d’inégalités qui mène une population à s’en prendre au symbole d’abord d’un idéal mais aussi, depuis hélas quelques années, symboles du nationalisme et d’un Etat plus coercitif que providence. L’acte n’a peut être pas été calculé, est sans doute douloureux pour un idéal et pourtant il a des causes.
Ces causes, nombre de commentateurs avertis et irrités semblent les mettre sous le tapis, préférant les sirènes du patriotisme bêlant et de l’indignation permanente au risque de botter la sociologie sur la touche. Édito, interventions, débats, tous sont unanimes pour condamner la nappe sonore qui a accompagné Rouget Delisle lors du match France-Tunisie. Tous regrettent l’attaque du principe républicain et l’attitude désinvolte de français alors nommés « issus de » quand on ne leur ôte pas leur citoyenneté. Les tirades sont belles, enveloppés dans l’esprit cocardier primaire, les mots et paroles font bloc. « Gaminerie », « petits cons », « irrespectueux », « irréfléchis », le verbe est fourni et aime à jouer avec l’idée de non-réflexionn et de spontanéité de la foule.
Pourtant, cette attitude de dénonciation sans fond paraît, elle aussi, être inscrite dans cette logique de la passion plutôt que de la raison. Ces commentateurs du quotidien demeurent ancrés sur le fait que sont les sifflets mais refusent de réfléchir à ces causes, ces fondations du mécontentement. Comme les sifflets, les palabres tombent niant le contexte et la genèse de ces criées. Si les sifflets avaient occulté l’histoire d’un symbole, les analyses elles-aussi mettent de côté les rouages de ce qui est un symbole, celui de la souffrance et de la sensation de marginalisation rampante de l’ensemble d’une population. Une population qui n’a pas sifflé La Marseillaise dans son ensemble par ailleurs, juste quelques individus. Qu’aurions-nous dit d’une personne qui, à l’heure de la création du train, se serait émerveillait des rails à tel point qu’il en aurait oublié de regarder la locomotive. Qu’il regarde l’Histoire par le mauvais bout sans doute. En effet , les rails sont la conséquence du train et non l’inverse. Ici les sifflets sont les rails qui n’ont pu exister que par l’existence du train des raisons sociales.
Dos à dos, oubli contre oubli, ignorance contre ignorance, des débats agités pour assurer une remontée dans les sondages toujours bien vu en temps de crise, et c’est l’esprit quant à lui qui compte les points. Triste match nul car nous le savons, la cocarde n’a jamais émancipé l’Homme, la pensée en a au moins l’ambition.
Elbe
Source de l'image: asp.uditis.ch
Article également publié sur Agoravox
13:22 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marseillaise, sifflée, causes, conséquences, mesure
11.09.2008
11 septembre: un complot nommé désir

Bigard à la manipulation
Aujourd'hui 11 septembre 2008, 7 années ont passé sur cet évènement que le monde occidental a rapidement considéré comme "le-virage-de-ce-nouveau-siècle". Depuis, Irakiens, Afghans et population du monde entier ont vu des bombes s'écraser, des ailes de Colombes semblables à celles de bombardiers et des identités très rapidement fichées. Bref sept années que le terrorisme a pris une empleur sans précédent dans la stratégie géopolitique mondiale. Evidemment, lorsqu'un tel phénomène existe rapidement des esprits s'activent pour diffuser la célébre - mais toujours efficace - théorie du complot. Jadis Le protocole de Sion a occupé les théoriciens en herbe à prouver que les juifs voulaient mettre à genoux le monde. Depuis, il a été démontré que ce texte n'était autre qu'un faux inspiré du Dialogue aux Enfer entre Machiavel et Montesquieu et non d'un document témoin de la conspiration sionniste. Des preuves qui n'ont pas pour autant empêchées les érudits comploteurs de maintenir leurs thèses. Toutefois, ceux-ci sont "has been". Les vrais, les nouveaux alchimistes de la réalité ont fait du 11 septembre leur terrain de jeu.
Partie du film canadien Loose Change, la rumeur du complot américano-américain autour de l'attentat du 11 septembre a traversé les pays, créé la polémique et permis au passage à quelques auteurs de se faire reconnaître comme ce fut le cas de Thierry Mesysand, et de son livre L'effroyable imposture, invité de l'émission de Thierry Ardisson à la sortie de son ouvrage.
Tout serait faux et mis en scène par l'administration américaine pour relancer un impérialisme faiblissant. Images à l'appui, Internet a pris le relais de la conspiration et fait de la toile l'espace d'expression des adhérents à la thèse conspirationniste qui s'estiment lésés et snobbés par la sphère médiatique pliée à la "pensée unique" et au "politiquement correct".
L'intérêt de la démocratie et bien de pouvoir garantir le débat et laisser les opinions s'exprimer, chose qui se fait et s'est faite régulièrement. Le cas le plus récent fut celui de Jean Marie Bigard, peu après Marion Cotillard, qui a assuré sur l'antenne d'Europe 1 le 10 septembre 2008 "On est absolument sûr et certain maintenant que les deux avions qui se sont écrasés sur la forêt et le Pentagone, n'existent pas. Il n'y a jamais eu d'avion (....) C'est un mensonge absolument énorme". Depuis, il a demandé pardon à ceux qu'il aurait pu choqué et a promis de ne plus jamais s'exprimer sur ce sujet. L'intérêt - s'il y en a un - de cette note n'est pas de savoir si le poids de la parole d'un humouriste populaire équivaut à celle d'un spécialiste ou bien s'il est indispensable de discuter autour de polémiques sans fin, non. Cette histoire permet de s'interroger sur ce qui rend les théories du complot si séduisantes pour les populations, pourquoi elles attirent? elles génèrent autant de passion? Comment, sous couvert de la théorie du complot, des personnes non qualifiées parviennent à se faire entendre? Bref, comprendre les rouages de théories aussi anciennes que troublantes.
A ces questions, le philosophe américain Noam Chomsky - mondialement connu sauf en France - plus alter-mondialiste que Bushiste tente de répondre. Selon lui, ces théories autour du 11 septembre ne sont pas cohérentes et serviraient même de magnifique diversion pour l'administration Bush qui a tout intérêt à voir les débats se cristalliser sur un éventuel complot plutôt que sur les catatsophes humanitaires et économiques qu'ont pu engendrer les conflits post 11 septembre. Voici quelques extraits de l'ouvrage de Noam Chomsky L'ivresse de la force Entretiens avec David Barsamian dans lequel il revient sur ces théories et surtout leurs mécanismes pour subsister. [Extraits empruntés à Bakchich.info]
"D’abord, je ne fais pas grand cas de ces théories, mais je suis assailli de lettres à leur sujet. Ce n’est pas seulement une énorme industrie, c’est une industrie assez fanatique. (…) C’est presque une sorte de fanatisme religieux.
Il faut quand même se poser des questions. D’abord sur les preuves matérielles. Il y a des coïncidences inexpliquées, des témoignages personnels, etc., mais cela ne pèse pas lourd. On en trouve dans n’importe quel événement mondial complexe. Au sujet des preuves matérielles, peut-on vraiment devenir un expert très qualifié en génie civil et mécanique en passant une heure ou deux sur Internet ? Si oui, il faut dissoudre les sections génie civil et mécanique du Massachusetts Institute of Technology. (…) Si vous croyez réellement à l’une ou l’autre de ces preuves, c’est simple : adressez-vous à des spécialistes capables de les évaluer. Peut-être avez-vous trouvé un physicien quelque part, mais, à ma connaissance, personne n’a voulu proposer quoi que ce soit à une revue professionnelle sérieuse, soumise à la discipline de l’"examen par les pairs". Même sans aller jusque-là, on peut consulter les départements universitaires de génie civil et mécanique. Peut-être les membres du "mouvement pour la vérité sur le 11 septembre" pensent-ils qu’ils sont tous dans le coup ? Si le complot est vaste à ce point, on peut aussi bien l’oublier. Les adeptes du mouvement disent qu’ils ont peur. Il n’y a pas de quoi avoir peur. C’est une des positions les plus sûres pour un opposant, tous ceux qui ont un peu d’expérience en la matière vous le diront. En fait, les autorités se montrent assez tolérantes à cet égard.
Ce qui nous amène à une seconde question. Pourquoi ce débat autour du 11 septembre est-il si bien toléré ? Je soupçonne le pouvoir de le voir d’un bon oeil. Il capte énormément d’énergies et les détourne des véritables crimes de l’administration, infiniment plus graves. (…) Pensons à l’invasion de l’Irak, ou au Liban. Ou à ce qu’ils font subir à la population ouvrière des Etats-Unis. (…) Ils commettent des crimes réels, qui suscitent très peu de protestations. Une des raisons - pas la seule, bien entendu -, c’est qu’on dépense énormément d’énergie militante potentielle dans ces polémiques autour du 11 septembre. Du point de vue des gouvernants, c’est excellent. On donne même à ces militants du temps d’antenne (…), on met leurs livres bien en vue dans les librairies. Très tolérant, comme réaction. (…) Ce n’est pas le genre de réaction qu’on provoque quand on touche aux sujets sensibles.
(…) Et je ne crois pas que leurs preuves soient sérieuses. Ni même que ceux qui les exposent soient capables de les évaluer. Ce sont des questions techniques compliquées. On n’a pas l’air de le comprendre, mais ce n’est pas pour rien que les scientifiques font des expériences, qu’ils ne se contentent pas de filmer ce qu’ils voient par la fenêtre. Car ce qu’on voit par la fenêtre est la résultante de tant de variables qu’on ne sait pas ce qu’on a dans cet imbroglio si complexe. On peut y trouver toutes sortes de coïncidences inexpliquées, d’apparentes violations des lois de la nature. (…) Donc, découvrir qu’il s’est passé ceci, qu’il est arrivé cela, etc., ça ne veut rien dire.
L’argument "à qui profite le 11 septembre ?" n’a guère de poids. Dans ma première interview après le 11 septembre, je crois avoir fait cette prédiction pas particulièrement brillante : tous les pouvoirs du monde allaient immédiatement exploiter l’événement à leurs propres fins. La Russie allait durcir ses atrocités en Tchétchénie, Israël en Cisjordanie, l’Indonésie à Aceh, et la Chine dans ses provinces occidentales. Aux Etats-Unis on s’en est servi de la façon que l’on sait, mais aussi de beaucoup d’autres, moins médiatisées.
(…) Presque tous les gouvernements ont pris des mesures pour surveiller plus étroitement leur population et ce genre de choses. L’administration Bush l’a fait aussi. Donc, "à qui profite le crime ?" n’est pas une preuve suffisante de culpabilité.
L’idée même n’est pas crédible. Pour qu’il y ait une once de vérité dans les théories sur le 11 septembre, il faudrait qu’il y ait eu un énorme complot, incluant les compagnies aériennes, les médias, la préparation des faux avions. Il aurait fallu mettre au courant quantité de gens dans l’administration. Ils ne s’en seraient jamais tirés. Même une dictature n’aurait pas pu. C’est une opération vraiment risquée. LA probabilité d’une fuite est très élevée : ça se serait su tout de suite. Et la moindre fuite aurait aligné tous les dirigeants devant le peloton d’exécution, et sonné le glas du Parti républicain à jamais. Et pour gagner quoi ? Un prétexte pour faire ce qu’ils auraient fait de toute manière, sous un autre prétexte qu’ils auraient pu trouver".
Au sujet du mécanisme qui entraîne l'adhésion et la diffusion des théories du complot, Chomsky estime que les:
"théories sur le 11 septembre (…) exercent le même attrait que le fondamentalisme religieux. (…) Il y a des gens qui n’aiment pas ce qui se passe, qui ont vécu des moments très difficiles, n’ont confiance en personne, et qui n’ont aucun moyen de réagir. Alors ils se raccrochent à quelque chose. Et Internet a un effet pervers. Si c’est un outil merveilleusement efficace pour obtenir des informations, pour l’action politique, pour toutes sortes de choses, il a cependant un gros inconvénient : n’importe qui peut lancer une théorie sur un blog ; cela n’a pratiquement aucun poids, mais ensuite cinq personnes la lisent, et très vite elle entre en croissance exponentielle, jusqu’à devenir une énorme industrie qui s’auto-alimente. Des industries de ce type, il y en a à foison.
(…) Je reçois une avalanche d’e-mails. Et une grande part, plusieurs par jour, envoyés par des gens honnêtes et sincères, me demandent : "Dites-moi ce que je peux faire". Les auteurs de ces courriers appartiennent pour la plupart aux milieux aisés, privilégiés. Ils ne sont pas richissimes, mais assez aisés pour s’asseoir à une table un soir et écrire une lettre à quelqu’un. Dans les pays du tiers-monde les habitants ne vous demandent pas : "Dites-moi ce que je peux faire", ils vous disent ce qu’ils font. Mais, là où les populations sont infiniment plus libres, les gens posent toujours cette question : "Que puis-je faire ?" Et un jour ils se disent : Ah, voilà ce que je peux faire : devenir en une heure ingénieur qualifié en génie civil et prouver que c’est Bush qui a fait sauter les tours jumelles.
Je suis sûr qu’à Washington ils applaudissent des deux mains. (…)"
Noam Chomsky, souvent considéré comme un chantre des théories de la conspiration, vient ici donner un point de vue différent sur ces théories qui s'auto-alimentent détournant parfois les débats des vrais enjeux comme les conséquences directes de l'attentat. Il se pourrait que les rebelles et les maîtres entretiennent le même feu sans pour autant se voir... la fumée des convictions servant de murs.
Elbe
Pour découvrir Noam Chomsky, téléchargez les différentes émissions de "Là bas si j'y suis" animées par Daniel Mermet à l'antenne de fFance Inter consacrées au philosophe américain sur le site Là bas.org.
Source de l'image: stache.files.wordpress.com
Remerciements: Bakchich.info et à J-mark pour sa vigilance sur les fautes de frappe
15:53 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 11 septembre, meyssand, conspiration, chomsky, imposture, 2008
03.09.2008
Ces autres candidats qui rêvent de la Maison Blanche

La guerre des (50) étoiles
Ces jours-ci, et pour quelques mois encore, le duel John Mc Cain/ Barrack Obama occupe une place prépondérante dans le traitement des élections présidentielles américaines à venir. Une confrontation républicains / démocrates des plus classiques qui pourrait laisser croire à un bipartisme total pourtant inexistant dans les faits. S’il est vrai que le futur président se trouve parmi les deux principaux protagonistes, intéressons-nous à ceux qui occupent les petites lignes de nos journaux, les jours de grandes expositions médiatiques.
The socialist Party USA sera représenté en Novembre par Brian MOORE âgé de 65 ans. Homme de gauche, diplômé d’un master en administration publique de l’Université d’Etat d’Arizona, il rejoint en 1969 le Corps de paix (agence américaine indépendante visant à défendre la paix et l’amitié dans le monde) et participe à différentes campagnes de développement d’infrastructures au sein des quartiers pauvres de Bolivie, du Panama, du Pérou et de Tanzanie entre autre. A plusieurs reprises le candidat du parti socialiste Étasunien s’est prononcé en faveur d’une politique plus interventionniste de l’Etat en matière sociale au niveau des soins et du logement notamment. Au cœur de son programme s’articulent différentes revendications tels que l’abolition du « Patriot Act » perçu comme une atteinte à la vie privée, le retrait des effectifs militaires d’Irak et l’obligation d’un recours au référendum pour les prochaines interventions militaires à l’étranger, ainsi que la mise en application du protocole de Kyoto accompagnée d 'une véritable politique environnementale. Toujours au niveau de la politique internationale, Brian Moore désire voir la fin des ventes d’armes américaines à l’étranger et milite pour la suppression de la dette du tiers monde qu’il met en balance avec son souhait de voir les Etats Unis rembourser la sienne auprès de l’ONU. C’est donc un ensemble programmatique fortement marqué à gauche et soulignant le besoin d’interventionnisme que le Parti Socialiste américain entend défendre lors des élections de Novembre 2008.
The Libertarian Party a choisi Bob BARR âgé de 60 ans pour porter la voix libertarienne. Parti peu connu, voire inconnu en France, The Libertarian Party est toutefois le parti « minoritaire » qui revendique le plus grand nombre de votes (200 000) et d’élus (600), ce qui le placerait au-dessus de tous les autres partis dits minoritaires réunis. La philosophie de cette formation est inspirée du courant libertarien qui prône une intervention minimum de l’Etat et une législation réduite à la proportion la plus restreinte possible. C’est ainsi que le candidat Barr se fait chantre du libre échange et de la défense des libertés individuelles. L’ensemble du programme libertarien repose sur cette quête de liberté et ce à tous les niveaux politiques. De cette façon, ce parti s’oppose à toutes réglementations autour des armes, revendique le droit au mariage homosexuel et aspire à la suppression de l’Etat providence créateur d’impôts et de taxes. Du point de vue économique, The Libertarian Party développe un projet prônant la déréglementation totale de la sphère financière en accord total avec les principes vus plus tôt. Actuellement les intentions de vote placent la formation en troisième position.
The American Party défendra sa cause à travers Diane TEMPLIN âgée de 59 ans. Cette formation nationaliste et décrite comme populiste entend défendre l’Amérique traditionnelle. C’est donc fort logiquement que la sauvegarde du Second amendement (relatif au port d’arme) et de la lutte contre l’avortement figure au premier rang des revendications. Sur le site Internet de The American Party, la candidate présente son vote comme un acte en faveur des valeurs familiales, du départ des Etats-Unis des instances de l’ONU et du retour de la sécurité ou encore de la liberté qui présidaient dans son pays avant le 11 septembre 2001. Pour l’anecdote, Diane Templin a appelé au cours des primaires démocrates, l’électorat américain à oser voter pour une femme… mais qui ne soit pas Hillary.
Le Parti Vert américain a décidé de faire confiance à la jeune Cynthia Mc KINNEY âgée de seulement 53ans. Cette formation a la particularité d’être l’association non d’individus mais de l’ensemble des partis régionaux écologiques. C’est sans doute le parti politique le plus identifiable aux codes européens puisque défendant les mêmes idéaux que les partis verts français ou bien allemand. Selon ce courant, le développement d’une société écologique ne peut être obtenue autrement que par l’accroissement de la participation citoyenne qui s’obtiendrait par l’instauration d’un scrutin proportionnel et le développement de la décentralisation qui aurait pour objectif de rapprocher le politique du citoyen. En terme de politique Internationale Cynthia Mc Kinney réclame la division par deux du budget militaire et veut faire de la diplomatie américaine l’arme principale d’existence des USA aux yeux du monde.
The Constitution Party se verra associé au visage du pasteur baptiste de 58 ans Chuck BALDWIN. Se revendiquant comme Parti Conservateur, cette formation est souvent cataloguée comme étant d’extrême droite. Les principales revendications ont à trait avec les aspects sociaux inévitablement rattachés au camp des conservateurs. Au même titre que l’American Party, Chuck Baldwin est un fervent défenseur des pro-life et, de ce fait, grand opposant à l’euthanasie ou encore l’avortement. Les constitutionalistes définissent, en outre, une identité nationale basée sur des valeurs chrétiennes qu’ils entendent préserver en appliquant une politique « d’immigration zéro » qui passerait notamment par l’instauration d’une clôture électrique à la frontière mexicaine. Parti Souverainiste, le Constitution Party souhaite voir l’ensemble des troupes militaires américaines se retirer des différents lieux de conflits au nom de la défense des souverainetés nationales à travers le monde. Toujours du point de vue de la politique internationale, les équipes de Chuck Baldwin exige le retrait des États-Unis de l’ensemble des organisations internationales telles que l’ONU, l’OMC ou le FMI. Enfin l’établissement d’une économie protectionniste et une baisse des impôts viennent clore le programme du parti constitutionnaliste.
Ralph NADER est le candidat mineur le plus connu à travers le monde. Suite au choix de Cynthia Mc Kinney comme représentante du parti des verts, cet avocat de 74 ans a décidé de jouer la carte de l’indépendance. Connu pour son engagement auprès du consommateur, cet homme politique bénéficie d’une popularité certaine au sein des terres américaines. C’est sa quatrième candidature au poste de président de la république après celles de 1996, 2000 et 2004. Certains de ses détracteurs le rendent d’ailleurs responsable de la défaite d’Al Gore en 2000 qui serait due aux attaques de l’avocat bien plus incisives envers les démocrates que les républicains, pourtant plus éloignés de ses convictions. Il a pour credo la défense des plus démunis et des minorités au sein du pays et le retrait total des forces américaines d’Irak au niveau international. Une guerre qu’il juge engagée sur des « bases erronées » et responsable de la dégradation des infrastructures nationales. Enfin, Ralph Nader est un fervent militant de la cause écologique et met de ce fait en valeur les politiques agricoles biologiques. L’atypisme du candidat se démontre également sur son scepticisme face aux « thèses officielles » du 11 septembre qu’il n’a pas hésité à remettre publiquement en question à l’inverse de chacun des autres candidats à la présidence.
Six candidats qui, à moins d’une surprise sans précédent, devront se contenter d’observer les conférences de presses de la maison blanche devant leur poste de télé. Toutefois, il se pourrait de façon bien plus probable que certains d’entre eux jouent un rôle décisif dans l’opposition entre républicains et démocrates.
Elbe
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Article publié également sur agoravox.fr
20:20 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : candidats, élection, présidentielle, 2008, obama, mc cain, autres
Des armes et des Hommes

Aux (l)armes citoyens
"La guerre ça tue", voilà l'enseignement que cette période estivale nous a offert. D'Afghanistan ou de Géorgie, les évidences sont revenues au souvenir des occidentaux qui semblaient s'être habitués à voir la violence des conflits internationaux comme un jeu entre peuples démunis que les hommes troncs énuméraient en début de flash info.
Il aura fallu que la mort se drape dans le bleu, le blanc, le rouge et la jeunesse pour que l'Occident s'interesse à nouveau à ce que certains se plaisaient à nommer les dégâts "collatéraux": la mort. Ce mot honni ou omis, lors des discours stratégiques face à l'axe du mal ou à la mission de démocratisation des terres, est revenu comme un missile devenu boomerang et sérum de vérité. L’Histoire est cousue de ces évènements qui rappellent à la réalité les quelques illusionnistes belligérants.
Cette réalité se joue tous les jours dans le monde sans attirer le feu des médias. Les âmes tombent, les rafales pleuvent mais le silence demeure. Le mardi 2 septembre, Arte s’est penchée sur les trafics d'armes à travers un reportage de Paul Moreira et de David André (ex Canal+) qui traite de ce phénomène mondial intitulé Armes, trafic et raison d’état . On peut y apprendre, notamment, que les armes "légères" sont responsables de 1 000 morts quotidiennes ou bien que des pays comme la France sont impliquées dans la vente d'arme à des dictatures, armes qui servent entre autres à réprimer les mouvements de la population comme au Congo où chaque jour les décès par armes sont l'équivalent d'un 11 septembre.
Une enquête dans le silence des armes et des complicités, fruit d’un travail d’investigation de longue haleine et parsemé d’embûches qui soulève une problématique de géopolitique complexe peu traitée voire oubliée. A découvrir.
Elbe
Source de l'image: bruxsel.org
Retrouvez ce reportage en ligne les 7 jours suivant sa première diffusion ici
Plus d'information sur l'action de différentes ONG, dont le reportage suit le travail, qui luttent pour la mise en place d'un traité international relatif au commerce des armes en cliquant sur le logo ci-dessous.
15:37 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paul moreira, arte, armes, trafic et raison d’état
01.08.2008
Amnesty censure Internet assure

Les autorités Pékinoises ont récemment annoncé leur volonté délibérée de garder le contrôle sur Internet au cours des olympiades estivales. Garder le contrôle signifie autoriser uniquement les sites relatifs au sport et bannir des sites d'informations ou de contestations qui naissent en Chine ou qui existent à l'étranger. Parmi ces bannis des JO nous pouvons cités la BBC, la radio allemande Deutsche Welle, les journaux de Hong-Kong, Apple Daily, de Taïwan, Liberty Times et quelques autres. Alors qu'une formidable occasion médiatique s'offrait aux dirigeants du CIO, jusque là très complaisants avec la Chine et ses rapports à la philosophie humaniste, ces derniers ont une nouvelle fois raté le coche en prenant acte sans sourciller de cette annonce de restriction de la liberté de la presse puis en indiquant sobrement, par le biais de Giselle Davies - porte parole du CIO - ,
"Ils (les responsables chinois) ont toujours fait clairement savoir que l'accès à certains sites posait problème et nous travaillons avec eux pour nous assurer que les médias aient le moins de restrictions possibles"
Des propos que nous pourrions mettre en relation, sans aucune arrière pensée, avec les paroles de Jacques Rogge (président du CIO) prononcées il y a quelques mois dans lesquelles il garantissait l'absence de toute censure pour les 20 000 journalistes attendus en terre pékinoise. Jusqu'ici, donc, nous sommes dans la traditionnelle valse des droits de l'homme et du marché où ce sont toujours les premiers qui se font écraser les pieds.
Toutefois, un autre fait peut mettre en avant l'utilité d'Internet et la difficulté pour les associations et des agences commerciales de concilier droits de l'Homme, respect d'une population et intérêt commercial. C'est la cas de la campagne publicitaire commandée par Amnesty International à l'agence de publicité TWBA Paris pour l'occasion des jeux olympiques de Pékin et au cours de laquelle l'organisation souhaitait dénoncer la tenue d'une célébration sportive sur des Terres foulant allègrement les droits de l'Homme. Suite à cette demande, l'agence contactée se met au travail et élabore une campagne mêlant la torture et la répression aux compétitions olympiques telles que le tir à l'arc, la boxe ou encore la natation. Les clichés, assez violents, représentent des hommes ensanglantés en situation de torture et sont illustrés par le slogan "China is getting reading" .
Face aux premières levées de boucliers pro-chinois, aux menaces de boycott des produits de TWBA, Amnesty et l'agence de publicité ont décidé de ne pas exploiter cette campagne publicitaire. Par ailleurs, l'organisation indique qu'elle souhaitait un message moins radical et plus ouvert que celui proposé par l'agence parisienne. C'est donc finalement un projet choc qui fut abandonné à la fois pour des raisons économiques et éthiques. Cependant, Internet ayant totalement remis en question les règles du secret, c'est désormais sur cet espace que nous pouvons découvrir la campagne initialement prévue par Amnesty International.
Un tel fait met en perspective l'intérêt et l'apport que peut représenter Internet dans les combats militants que ce soit à petite ou grande échelle. Face au potentiel impact que peut avoir ce nouveau média, il semble que les autorités Chinoises aient pris le parti de taire l'expression et ce impunément. Une attitude qui doit laisser rêveur nombre de dirigeants occidentaux
Sans juger de la pertinence et de l'angle préalablement choisi pour cette campagne les yeux vous offrent ces clichés courant sur la toile.
Elbe







Images: marianne2.fr et jmg.centerblog.net
10:03 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : censure, chine, amnesty, interdit, violences, tortures
07.07.2008
Et matamore chantait!

Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ...
A la veille des "èvènements" de 1968, Le Monde publiait un éditorial titré La France s'ennuie où peu d'éléments lassaient présager l'insurrection du mois de Mai. A la même époque, le théoricien Marxiste André Gorz écrivait les lignes suivantes dans son ouvrage Réforme et Révolution:
« Dans un avenir prévisible, il n’y aura pas de crise du capitalisme suffisamment grave pour pousser la masse des travailleurs dans des grèves générales et des insurrections armées en défense de leurs intérêts vitaux. » (Réforme et révolution, 1968).
Malgré ces propos, très répandus dans l'ensemble de la société notamment dans le gouvernement, l'Histoire connut des instants de revendications intenses durant le fameux mois de mai célébré et décérébré ces dernières semaines.
L'Histoire est-elle une boucle ou bien une ligne continue qui ne fait qu'avancer? Nous pourrions être fixés, partiellement évidemment, d'ici quelques semaines grâce au président de la république française [ mais si! vous savez "le mari de"] qui a prononcé cette phrase au sujet des grêves et de leurs retentissemenst dans l'hexagone en Sarkozie.
«Désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit» (Conseil National de l'UMP, 2008)
Ces propos furent prononcés lors d'un discours aux français [de l'UMP] et ont entrainé quelques vives protestations des "partenaires sociaux" qui se demandent, à présent, quelle est la conception du dialogue social du Matamore Elyséen.
Toujours est il que la proclamation du calme syndical par le président français peut rappeler l'athmosphère attentiste et amorphe qui régnait avant le printemps 68.
Boucle ou ligne continue? Qui vivra verra!
Elbe
Source de l'image: marxists.org
Sans aucun lien avec l'information précédente, un peu de musique pour les yeux qui passent:
12:17 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grêve, sarkozy, fanfaronnade, matamore
05.07.2008
L'essence pas chère: mode d'emploi

Pistolet sur la rente
Non, les yeux ne deviennent pas une annexe de Julien Courbet, Zorro du PAF et nouveau pensionnaire du service public, pas d'inquiétude! Cette note est juste pour nos amis automobilistes - qui évidemment font attention de ne prendre leur voiture qu'en cas de nécessité et non par plaisir cela va de soi - afin de leur indiquer un site Internet répertoriant les tarifs de l'essence dans différentes villes de France. Ainsi, vous pourrez comparer et aller au plus profitable!
Amis pinces c'est par ici
Elbe
PS: Les yeux vous informent que si vous vivez à Lyon et qu'une station essence est plus avantageuse dans le Vercors, il ne serait pas inutile de réfléchir au véritable gain économique d'une telle opération avant de faire le déplacement...
Source de l'image: payetonblog
17:02 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : essence, pas cher, zagaz, total, gdf, tipp, 2008
22.06.2008
François Fillon: l'imposture

Trouvez le bon Fillon?
Vous trouvez que l'ambiance hexagonale est morose? Vous versez dans une forme de défiance face à l'ensemble des représentants politiques? Vous avez l'impression que les décisions du gouvernement en place sont coupées de toutes réalités? Détrompez-vous, vous vivez dans un pays délicieux. La sinistrose est à son comble, les polémistes en font leurs choux gras et les feuilles de choux courent après les scoops alors que l'ironie, à elle seule, est présente pour nous redonner le sourire, l'espoir.
Macadam est le premier "Journal de rue" d'Europe, soit un journal vendu 2 € par les sans-abris qui touchent 50% de cette somme. Les sans-abris ont, à plusieurs reprises, été mis à la une de l'actualité grâce au concours d'associations comme Les enfants de Don Quichhotte ou encore Droit Au Logement. Pourtant, les suites des promesses faites par le gouvernement semblent se faire attendre, à tel point que nous sommes menés à nous demander que fait François Fillon premier ministre de son état. La réponse est ci-dessous
L'ironie n'est-elle pas savoureuse?
Elbe
Source de l'image: Nouvelobs.com
Capture faite sur Florentlyon.free.fr
Remerciement à Bounette pour avoir acheté le journal (et les génériques au nom de la SECU)
Publié en une du post.fr
16:10 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fillon, imposture, macadam, street journal, 2008, ironie
21.06.2008
L'Europe dépeuple...

The European Dream?
Voilà une semaine que l'Union Européenne vit quelques secousses intrinsèques à la démocratie puisque nées du vote Irlandais rejetant la ratification du traité de Lisbonne, faussement nommé "simplifié". Depuis cette expression populaire, les discours sur l'immobilisme futur ou sur l'incompréhension du projet Européen par les peuples ont la côte dans les médias et les couloirs de Bruxelles. Le NON serait source de maux insurmontables pour une Union Européenne en crise institutionnelle qui approcherait, du fait de son nombre, une incapacité structurelle à faire des choix. Et pourtant...
Et pourtant le mercredi 18 juin 2008, l'immobilisme semble avoir été mis de côté et avoir laissé place au fabuleux pragmatisme européen pour un sujet d'affichage et de racolage très à la mode dans les droites Européenne: la "régulation" des flux migratoire. Ainsi, 267 Euro-députés ont décidé d'approuver la "directive retours" contre 206 opposants et 109 abstentionnistes. C'est donc une nette majorité qui se dégage autour de cette directive. Quelles dispositions contient cette dernière?
Sa volonté est d'imposer un socle juridique commun aux 27 pays composant l'Union Européenne au sujet de la politique d'immigration et notamment d'expulsion des sans papiers. Actuellement, pour le cas français, une personne ne peut rester plus de 31 jours dans un centre de rétention et les mineurs y sont interdits, théoriquement. Dans d'autres pays, la durée de rétention est quant à elle indéfinie ou bien possible jusqu'à 18 mois en Allemagne.
La directive "Retours" a donc pour objectif d'harmoniser l'Europe sur cet aspect de la politique. Est prévu d'autoriser la détention dans un centre de rétention pendant la période maximum de six mois voire de dix-huit mois en cas de coopération difficile avec la personne en situation irrégulière ou bien avec le pays d'origine, ce qui représente une partie élevée des cas traités en France par exemple. Cette directive prévoit en outre la garantie d'un recours, l'assistance médicale et linguistique pour toutes personnes se retrouvant en situation d'expulsion. En ce qui concerne le cas des mineurs et des conditions d'incarcération dans les centres de détention, le texte voté mercredi 18 juin prévoit en ultime recours et pour une durée la plus courte possible l'admission d'un mineur dans un centre de rétention.
Il est important, par soucis d'honnêteté, d'indiquer que la spécificité d'une directive Européenne est celle de laisser libre aux États d'adapter ce texte en fonction des lois et des particularismes qui régissent le pays. A l'heure actuelle, Brice Hortefeux s'est engagé à ne pas augmenter le délai maximum de détention dans les centres français. Toutefois, l'adoption de mercredi 18 juin 2008 ouvre une possibilité de prolongement des temps d'incarcération qui inquiète des élus de gauche et des ONG, telles que RESF, qui ont rebaptisées cette directive la "directive de la honte".
Si cette directive peut être vue comme plutôt positive pour les pays ne disposant pas, jusqu'à présent, de limites temporelles d'incarcération ou de règles liées à l'assitance médicale et linguistique, certains élus regrettent ce compromis qui ne va pas assez loin dans la réduction du temps de rétention et qui couronne surtout une vision répressive de l'immigration et de la gestion des sans papier qui gagne du terrain en Europe. Le regret majeur est l'absence de toutes directives visant à participer au développement des pays pauvres qui parait être une solution beaucoup plus efficace pour l'Europe mais surtout pour les voyageurs de la misère qui viennent sur le vieux continent pour survivre et fuir des situations politiques et économiques désastreuses. Cette directive "Retours" semble introniser de façon européenne la solution des centres de rétentions comme réponse inéluctable aux questions liées à l'immigration illégale évinçant du débat public les questions de co-développement.
Pour conclure, nous pouvons mettre en parallèle les propos de Brice Hortefeux qui a annoncé le jeudi 19 juin 2008 de manière triomphante l'augmentation de 80% des expulsions de sans-papiers du territoire français. Une politique du chiffre et de l'idéologie qui met la république française dans une situation délicate sur le plan de l'étique puisqu'il demeure humainement peu soutenable d'associer dignité républicaine et jouissance statistique quand nous évoquons des drames humains, quelques soient les justifications.
Pour sortir du cadre juridique et statistique de cette question des centres de rétentions, les yeux interdits vous proposent de télécharger l'émission en deux partie de Daniel Mermet (diffusée le 19 et 20 juin 2008 sur les ondes de France Inter) consacrée à la vie de tous les acteurs liés de près ou de loin au centre de rétention de St-Exupéry (près de Lyon). L'angle humain et la réalité ne peuvent être niés...
(clique droit, enregistrer-sous)
Elbe
Source de l'image et des émissions: la-bas.org
12:54 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : directive, recours, immigration, humanité, expulsion, co-dévelopement, 2008











