05.02.2009
Fin et début d'histoire

Tout n'est que commencement
Un an et demi d'existence. Ridicule à l'échelle humaine, inespéré dans l'univers du 2.0. Ce blog aura respiré les premiers pas d'un président, un blocage de faculté, la sortie de quelques albums de rap, le départ d'un va-t-en guerre pour l'arrivée d'un homme fait d'espoirs et d'attentes, bref parmi les brèves se sont inscrites, modestement, mais surement des bribes d'époque et quelle époque!
Ecrire pour espérer, respirer et continuer. D'une plume ou d'un clavier azerty, ce ne sont que quelques lettres, quelques chiffres tissus de réflexions plus ou moins censées. C'est par le plaisir et l'envie que ces chroniques se sont dressées sur l'écran, jamais par contrainte ni même par soucis de renouvellement. A l'instinct, c'est ça les yeux interdits.
Puis vint le temps du changement. Pas sur le fond, mais sur la forme. Quitter un support pour en embrasser un autre. Tout est question d'opportunités et d'occasions à saisir. Aller vers plus de dynamisme, épouser un apect plus magasine, qui facilitera le suivi, parvenir à un mélange entre informations, opinions et collaborations sont les motivations de ce changement d'hébergeur mais également de concept et donc de nom.
L'esprit du blog est convié au voyage et tentera ainsi de perdurer dans son nouvel habit. Ce ne sont ni des séparations, ni des oublis mais une nouvelle aventure avec un goût de déjà vu sans être ressassé. Les yeux interdits ne cligneront plus mais continueront à observer ce qui s'offre au regard voire un peu plus. Merci pour les fidèles et infidèles de ce blog et rendez-vous à www.presse-pensee.info où vous êtes conviés à participer sous forme d'articles, de commentaires, ou de simples regards, vous êtes les bienvenu(e)s.
"J'ai observé que, d'ordinaire, on se dit "au revoir" quand on espère bien qu'on ne se reverra jamais - tandis qu'en général on se revoit volontiers quand on s'est dit "adieu". " Sacha Guitry
Alors je vous dis Adieu.
Elbe
17:27 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
30.01.2009
Scoop: comment pallier la pub supprimée du service public
14:54 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : france 2, france 3, service public, pub
12.10.2008
La lettre de Si friqué

L'investissement d'avenir
Depuis 2007, octobre signifie Guy Moquet. Cependant, face aux évènements, Nicolas Sarkozy a décidé de mettre en avant - exeptionnellement - la lettre de "Si friqué". Bouleversante, touchante, preuve de la souffrance que vivent les ouvriers de la bourse. Sortez les mouchoirs chéquiers.
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Mon petit épargnant
mon fébrile banquier,
mon Cac aimé,
Je ne vais plus investir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier mon petit épargnant, c'est d'être courageux. Je le suis peu et je veux que tu le sois autant que ceux qui ont trépassés pour moi.
Certes, t'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ton sacrifice me serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps de partager mes gains précédents. J'ai licencié mes frères de Mittal et Valorec. Quant à Renault je ne peux le faire hélas !
J'espère que toutes mes affaires vont fructifiées, elles pourront servir à mon banquier, qui je l'escompte sera fier de les brûler un jour.
A toi, petit banquier, si je t'ai fait, ainsi qu'à mon petit épargnant, bien des dépenses, je te sollicite une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie des bourses. Un dernier adieu à tous mes indices et à mon parachute que j'aime beaucoup. Qu'il s’ouvre bien pour être plus tard à la hausse.
4 ans et demi ! Ma vie au cac40 a été courte ! Je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais partir avec Paulson et autre G4.
Épargnant, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être généreux et de surmonter ta peine. Tu peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi épargnant, banquier, Cac, je vous embrasse de tout mon cœur d’argent .
Courage, c’est [mon] capital !
Votre Trader qui vous aime
Si friqué
La lettre moins profonde de Guy Moquet est ici pour les insensibles de la crise préfèrant la nostalgie...
Source de l'image: www.allopix.com
23:00 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : parodie, guy moquet, trader, crise, 2008, bourse
10.10.2008
Vive la crise!!!

Le krachoir du monde
C'est la sinistrose due à la cirrhose de l'ivresse financière. Les costards ont grises mines, le trader tarde sur les marchés en espérant l'embelli, les rotatives tournent en rond et ressassent la crise de telle manière que tout le monde fait oeuvre de nostalgie envers ce temps béni où tout était positif. Ces matins où la France se levait - tôt évidemment - se ruait sur les cotations de la bourse, rêvait CAC 40 bref comme tout le monde le sait ce temps où la finance faisait vibrer le bas peuple-qui-a-tout-a-gagné-avec-le-capitalisme est regretté.
D'éminents spécialistes en appellent à la positive attitude, la confiance et la croyance au marché bête domestiquée et parfois rebelle. Quel malheur! Vous souvenez-vous de ce temps de la positive attitude. Ces instants que vous avez traversé à la même époque? Non, c'est abstrait autant qu'un hedge Funds? Replongez vous dans la positive attitude...
10:30 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : crise, vive, positive, 2008
09.10.2008
En passant pour rester

Une bouteille à l'amour
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime
Boun's 4 life
Source image: havredepaix.oldiblog.com
16:13 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ma bounette je t'aime en web 2.0 comme en vie!
15.09.2008
Objectifs coupables

L'inquisiteur
C'est un goût de déjà vu, de déjà lu, qui se dépose aujourd'hui dans les gazettes, les journaux et Internet. Cette sensation amère qui avait fait son apparition durant l'affaire Grégory, lorsque la culpabilité maternelle était agitée comme étendard en une, puis au cours d'Outreau où les délits de sale gueule et la force du jugement populaire avait triomphé de la rationnelle justice, tous coupables d'être cités dans une affaire de mœurs où la raison n'a pas sa place, hélas.
Aujourd'hui, un enfant, Antoine, est annoncé disparu. Plus de nouvelles, juste un sac et des gâteaux en moins mais rien d'autre. Ni petit mot de ras le bol, ni traces de défense, rien, le vide. Les médias en ont horreur. Il faut parler, alimenter et donner de la matière à la foule assoiffée du fait divers qui occupe idéalement les repas et les après midi devenus salle d'attente de la diffusion des Experts du soir, au chaud dans le canapé. Quand la réalité de l'enquête se fait lente, que le croustillant tarde à venir se glisser sous la dent, les caméras et les micros draguent les terres de la disparition, à la recherche de quelques langues pendues en quête, elles, de ce quart d'heure vanté par Andy Warhol.
Oui, quand l'actualité ne fait rien, il faut la forcer à se faire. Collecter des témoignages, pousser la populace locale à décrire les bizarreries récentes de la famille du disparu, de l'attitude d'un petit enfant, puis monter en épingle les commérages en se gardant d'exprimer ouvertement le sous-entendu contenu par ces déclarations, faîtes sur le bord d'un trottoir ou d'un comptoir. Dans l'affaire du petit Antoine, c'est France Bleue Pays d' Auvergne qui a apporté les témoignages aux yeux - et oreilles- du monde. Recueillies de la voix d'habitantes émettant suppositions et autres hypothèses, sans trop de retenue, ni même de gêne. Une première rejette immédiatement la thèse de l'enfant fugueur car "il serait aller chez quelqu'un qu'il connaît". La porte ouverte, les analystes d'un instant passent le seuil, sans trop d'hésitation, puis racontent leurs derniers souvenirs au sujet d'Antoine et de sa famille. Un récit où le sous-entendu règne mais ne reste que caressé lorsque ce bavardage explique "[qu'elles ont] aperçu la maman plusieurs fois, mais souvent seule. Avec les deux chiens de son compagnon mais jamais Antoine avec. C'est comme si Antoine s'était évaporé avant qu'on parle de sa disparition."
"C'est comme si" disent-elles. Ce label de la suspicion venu sournoisement se déposer sur cette mère qui promenait les chiens, sans enfant. "C'est comme si" cette expression pernicieuse venait sans embarras signer des aveux désirés au bas du procès verbal de la presse, qui attendait le rebondissement salvateur. Le doute désormais affiché par les paroles de ces citoyennes communicantes, il ne reste plus qu'une petite phrase pour que le couperet s'aiguise et que les tribunaux populaires dressent leurs décors et affûtent leurs sentences. Cette phrase ne se fera pas attendre. En effet, en guise de conclusion à ces confidences à vif, les interrogées assurent que lorsqu'on demandait à la mère des nouvelles de la petite famille, celle-ci répondait « Ben Antoine, il est malade, il est à la maison. » Oui, quand le doute est entré dans la machine intellectuelle, tous les actes anodins deviennent des pièces à convictions pour elles, pour nous, enquêteurs amateurs nourris par Navarro ou NCIS.
Exprimées dans un dîner familial, autour d'un verre un matin, les supputations n'ont rien de graves et ne touchent que peu de personnes. Elles nourrissent, certes, l'imaginaire de quelques interlocuteurs mais restent dans un milieu intime où la réflexion est personnelle. Affichées dans un espace médiatique à grande écoute, aux yeux et aux sus de l'ensemble des citoyens, des amis de la famille ou des parents incriminés, les suspicions deviennent très rapidement des faits officieux, les rumeurs se parent de vérité et les moteurs de l'imaginaire prennent une dimension que rien ne saurait arrêter, pas même un témoignage inverse. Non, le coupable désigné, la présomption d'innocence est foulée au pied par les enquêteurs d'un jour rassurés de tenir - enfin - le dénouement de ce polar version télé-réalité. Les quelques sons recueillis par un journaliste, bien intentionné ou bien jeté dans ce carnage par une rédaction en besoin de sensations, deviennent alors les rouages de la passion populaire à laquelle la justice devra répondre et se justifier.
Dans cet épisode de la page faits divers, des têtes sont montées sur le billot, des amateurs se sont imaginés en investigateurs professionnels, des papiers et des reportages auront commencé à écrire l’épilogue avant même que la justice n'ait pu établir les faits. Le scénario s'écrit à vue, les histoires personnelles se racontent par des témoins dont on ignore la légitimité, les presses tournent et le scandale avance paisiblement rassurant le tribunal des bonnes mœurs qui va pouvoir sur la toile, comme chez leurs voisins, exprimer son indignation puis son jugement sur cette mère et son compagnon coupables car « vus à la télé ».
Oui, Les Experts peuvent s'inviter de temps en temps dans nos pages d'actualité. L'histoire est mise en évidence avant que la page ne se tourne, laissant la place à d'autres acteurs, d'autres contes promettant toujours au spectateur de pouvoir, à un moment ou un autre, participer à l'évolution des faits. Ces histoires s'enchaînent, s'oublient et même s'annulent pour l'ensemble des "montreurs du doigt". Hélas, à l'extrémité de ce doigt se trouve ces hommes ou femmes jugés coupables par les objectifs quand la justice, elle, demeurait simple spectatrice. L’innocence, réelle ou pas, fut volontairement oubliée des récits parce qu’elle ne garantit pas au lectorat des manchettes suffisamment ensanglantées et pétries de suspens ou les rebondissements tant souhaités… comme à la télé. Cependant, le jour où ils appuieront sur la télécommande pour éteindre ce flot incessant d'images, les acteurs, eux, ne pourront pas sortir de ce jeu de rôles que le spectateur aura construit, innocemment.
Elbe
Source de l'image: doctissimo.fr
Article publié également sur agoravox
Cet article n'a pas pour objectif de se prononcer sur la culpabilité ou l'innocence de tels ou tels protagonistes mais uniquement de s'interroger sur le traitement médiatique de ces affaires qui a déjà, par le passé, montré le risque de diffuser des "ouiï-dire" démentis ensuite par l'enquête.
10:43 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : coupables, innocents, médias, présomption, les experts, tribunal populaire, justice absente
05.09.2008
Lyon II: conseils pratiques

La trousse moderne?
Cette note s'adresse essentiellement aux Etudiants de l'Université Lumière Lyon II s'apprêtant à faire leur rentrée en troisième année de licence. Ces personnes sont appelées à faire leurs choix pour les Unités d'Enseignement libres des semestres 5 et 6. Une fois les choix faits, il faut impérativement s'inscrire sur le module Internet, mis en place pour l'occasion, entre le 4 septembre 2008 et le 11 septembre 2008. Cependant, pour accéder à ce "module d'inscription" il faut avant tout le trouver dans le grand espace web de l'Université.Pour vous facilitez la tâche, les yeux vous offrent l'adresse où le trouver: http://cri.univ-lyon2.fr/appli/accueil_ETU.php
Quelques conseils superflus pour les uns, utiles pour les autres autour de ces inscriptions:
- L'inscription par le biais de ce module concerne uniquement les étudiant désirant s'inscrire dans les choix 1 et 3 (voir brochure ci-jointe)
- Au moment des choix veillez à ce que vos UE libres ne chevauchent pas vos CM ou TD
- Les choix sont modifiables à souhait entre le 4 et le 11 septembre 2008. Le 12 au matin les choix seront définitifs
- Les inscriptions faites directement auprès du professeur responsable de l'UE ne sont pas prises en compte.
Pour connaître la liste des UE libres proposées et obtenir de plus amples informations sur l'inscription veuillez vous reporter à la brochure ci-dessous (brochure officielle)
UE libres 2008-2009 Lyon II.pdf
ou bien contacter la Mission UE libres:
M. Jean-Noël Mabiala
Responsable de la Mission
Campus Porte des Alpes - Bâtiment FILTRE - Bureau O028
5, avenue Pierre Mendès-France
69676 BRON Cedex
Téléphone : 04 78 77 31 09 Télécopie : 04 78 77 43 74
Email 1 : Mission.uelibres@univ-lyon2.fr
Email 2 : Jean-Noel.Mabiala@univ-lyon2.fr
Bonne rentrée et inscription à tous/toutes!
Elbe
Source de l'image: informanews.net
13:32 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : inscription, ue libres, lyon 2, adresse, comment
04.09.2008
Une mine belge face à l'armée française

L'Art(me?)
Après les caricatures de Mahomet, l'éviction de Siné, voilà que s'annonce une nouvelle polémique venue de Belgique et plus précisément du dessinateur du journal flamand De Morgen, Zak. Auteur d'une caricature mettant en scène deux personnages passant en revue des cercueils de soldat français tout en déclarant "Même d'Afghanistan, les Français rentrent à la maison avec des médailles", le caricaturiste flamand s'est attiré les foudres du député ump , proche d'un soldat tué lors de l'embuscade talibane de 18 août 2008, Simon Loueckhote. Jugeant ce dessin comme "infamant et blessant à l'égard de la France, de son armée", le représentant de la nouvelle-Calédonie au parlement en appelle au président de la république à qui il demande d'entamer, au nom de l'Etat, de poursuites judiciaires. De son côté le journal progressiste flamand parle d'un dessin "cynique mais pas insultant" allant même jusqu'à évoquer la présence "d'un sentiment de mélancolie, de sympathie pour les soldats français" au sein de cette caricature.
Nul doute que cette affaire fera grand bruit dans les colonnes et sur les télévisions de France tant cet échec épisode militaire a fait l'objet de réactions et de compassions nombreuses dans l'hexagone. Cependant s'agit-il d'une offense aux soldats morts ou bien seulement d'une expression d'humour noir pour un public averti, certes. Le site Marianne2.fr parle, sous la plume de Gérald Andrieu, de "mauvais goût" et de préciser "fort heureusement, le mauvais goût n'est pas puni par la loi. Encore heureux, les tribunaux ne désempliraient pas... ". Au-delà de la qualité de l'oeuvre, rien ne semblerait justifier,en effet, une condamnation en justice étant donné qu'aucun élément ne diffame directement une quelconque personne ou ne fait l'apologie de la guerre. Les semaines à venir diront si les volontés du député seront mises en application ou bien si le président de la république réitérera la jurisprudence des caricatures de Mahomet pour lesquelles il avait déclaré "Il vaut mieux un excès de caricatures, qu'une absence de caricature".
Démonstration de patriotisme ou de cohérence, l'heure du choix?
En attendant à vous de juger...

"Même d'Afghanistan, les Français rentrent à la maison avec des médailles"
Elbe
Source de l'image: jadoreladinde
08:38 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : caricature, mahomet, polémique, siné, marianne, sarkozy
20.07.2008
To be continued ...

Vous reprendrez bien une petite coupe?
Ca y est, c’est fini… les feuilles froissées au fond du sac, les départs précipités au petit matin puisque les métros et le temps sont rarement en adéquation avec la vie de jeune étudiante, les notes, les appréciations et les ordres de silence sont désormais du passé. Pourtant quand tout se finit, il y a cette impression que tout ne fait que commencer. Là où les bulletins indiquaient des notes, c’est à présent le bulletin de paye qui viendra accueillir la nouvelle active, l’application scolaire deviendra une méticulosité professionnelle et les soucis de stylos seront rapidement remplacer par ceux des factures. Bref, à peine passé le pas de la porte des études que c’est le boulevard de la vie active qui appelle les frais diplômés avec tracas et, espérons le, grand bonheur.
Comme chaque année, les odeurs de gommes et de colle s’échappent des canaux olfactifs de bons nombre de jeunes [ n’ayez pas peur ! il existe une contrée où ce mot est synonyme d’espoir et d’avenir…] pour laisser place aux joies du travail, de l’émancipation et aussi des contraintes, des seules cinq semaines de congés payés, des heures supp’ bref tout ce qui se cache derrière le romantisme du « monde des actifs ». Pour de la nuance surligner la ligne précédente.
Cette année a un goût particulier pour cette petite femme qui m’accompagne depuis mes premiers émois lycéens et qui aujourd’hui partage ma vie et bien plus (bonbons Haribo, moment de solitude, repas à quick [ grand seigneur je sais ] ou encore projet de vie). En effet Bounette a décroché son Brevet professionnel de coiffure ( Attali sort d’ici – blague d’initié -) qui lui donne le droit d’être employé dans un salon de coiffure et à long terme d’ouvrir le sien.
C’est la fin du monde des études mais c’est avant tout la poursuite d’un rêve qu’elle a mis plusieurs années à construire sans jamais renoncer malgré les moments de doutes. Au-delà de cette page qui se tourne, c’est avant tout cette volonté de vivre son rêve et ses envies qui me donnent envie de féliciter Bounette et de la remercier pour toutes les énergies positives qu’elle a pu envoyer pendant sa quête au diplôme et à l’avenir. Bravo, j’espère pour les yeux qui lisent qu’ eux aussi sont animés de la passion et de l’âme de rêveuse de cette personne si précieuse aux miens (d’yeux).
Félicitation ma bounette, tout ce qui t’arrive tu le mérites, t’y a toujours cru et surtout tu y a mis du cœur. Je t’aime et j’espère sincèrement que le prochain papier que tu tiendras dans tes mains sera un bail que dis-je NOTRE bail !
Pour conclure cette note très personnelle, je félicite également Laetitia, Pitchounette pour leur Bac, Sabrina pour avoir aussi choisi la voie de ses désirs et à mon fréro devenu ingénieur et désormais hors des murs de façon officiel ! Pensée également à tous les autres et encore plus à ceux qui ont pu échouer, les rêves ne meurent que quand on se résigne !
Elbe
Source de l'image: cap-coiffure.fr
16:07 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : je t'aime mon amour, félicitation je suis fier!
04.07.2008
Des chiffres et des êtres

Echecs et maths
Dominer n’est pas gagner, mais l’Homme est-il là pour gagner ? Toujours est-il que depuis ses premiers souffles terrestres il s’obstine et s’obsède à vouloir dominer son pareil, sans doute avec le discret espoir de ne plus être « un parmi eux » mais devenir « lui au-dessus de ceux ». La scission dominants / dominés a fait les pages de l’Histoire, elle a pris les peuples par la gorge ou par la main les a attirés vers les chemins révolutionnaires, poussé dans les sillons de la désillusion et ce souvent en même temps.
Dominer est une raison d’être pour l’humanité qui n’a cessé de trouver des astuces et des outils à l’art du mépris. Cachés sous les traits de la monarchie divine, légitimé par la bonté des guerres, noué avec ses chaînes au fond d’une cale, l’Homme a longtemps regardé en face son œuvre assumant le jeu du plus fort, les vœux des moins morts. Pendant des siècles, les yeux de l’âme humaine furent mouillés ou sublimés par l’ambition des uns et l’humiliation des autres. L’Homme assumait sa dualité crue comme inévitable, les puissants cultivaient la puissance, les oubliés culminaient dans les oubliettes.
Puis la lumière vint. Elle parlait d’émancipation, de liberté humaine ou encore d’égalité. L’Homme a voulu y croire, il bâtit des rêves, détruisit des haines, façonna une société où le pouvoir pourrait être au peuple honni et pourtant déjà aimé des grecs. Les sociétés modernes poussèrent les premiers cris, firent naître des esprits, de l’intérêt et de l’instruction sans pour autant éliminer l’aspiration à la domination de factions qui passèrent par delà les rêves, au-dessus des idéaux et qui s’adapta aux évolutions et à la voix populaire. Les idéaux et la réalité sont basés sur un équilibre précaire, le pragmatisme des dominants, lui, demeure le caméléon insaisissable de tout temps, s’adaptant aux formes pour faire jaillir, à l’insu de tous, son fond.
Époque moderne et démocratie rêvée ne pouvant laisser place aux chaînes de l’esclave, ni à l’invocation d’une légitimité divine, il fallait aux joueurs d’humanité un cheval de Troie de confiance pouvant séduire les marges comme la masse. La nouvelle donne est en effet d’être discret aux yeux du citoyen afin qu’il demeure convaincu d’être le maître, le décideur tout en arrosant d’essence la flamme ambitieuse du flegme dominant toujours rampant. L’outil est né de l’Histoire, a parcouru les époques, suinte la révolution et fut même récupéré par les penseurs de la fin du XIXème siècle. Il peut être rondouillard, raide, courbé, serpentant, il reste crédible droit dans ses côtes et source d’une légitimité autrement plus palpable que l’instrument des spiritueux et peu scrupuleux monarques de droits divins. Le troisième millénaire n’a d’yeux que pour le chiffre et ses calculs.
Pas une page d’un hebdomadaire, pas une rage sur cette terre oublie de porter la muse des temps actuels. L’arithmétique se fait une nouvelle naissance redécouvrant l’essence du positivisme sans pour autant éviter l’inflation insensée et sans raison. Le chiffre compte dans la société et la réciproque brille encore plus dans les débats de notre nouvelle ère. Tout se mesure, tout se dénombre et rien ne semble être en mesure de fuir les calculettes de notre planète. Du militant activiste au politicien arriviste aucun n’oserait se déplacer sans son cabas chiffré au risque de passé pour un cabot lettré. Les ponctuations verbales se font au rythme de « hausse », « fluctuation », « plus value » ou « opinion favorable » le tout se dégustant au prix de « déciles », « médian » ou « courbe exponentielle ».
Ce n’est pas LE chiffre qui fait le monde et les discours mais le monde et les discours qui font LES chiffres. Nombreuses sont les variances qui entourent le monde chiffré. D’abord nous avons les données formelles, factuelles, issu d’un constat et d’une mesure répondant à des critères scientifiques. Ainsi la violence devient un taux sur la personne, un pourcentage de vol, la politique du logement revient à évoquer la proportion d’habitants sans habitat, la situation du travail quant à elle se mesure au nombre de chômeurs disparus. Les données se succèdent et se battent pour obtenir le sceau de transcripteur du réel pour ressurgir au milieu de la soupe, au travers d’un communiqué ou d’un flash d’information – communication – pour agiter les spectres de la vérité sous les minois médusés de badauds sans chiffre ni boulier, convaincus jusqu’alors qu’ils vivaient dans un monde différent.
Heureusement pour que la solitude du doute s’efface aussi rapidement qu’est apparue la vérité, l’armada des calculs rapplique avec l’avis de l’Autre vivant sur la pallier d’à côté ou à quelques milliers de kilomètres. Monsieur Jean devient CSP et Madame Lopez se glisse dans les habits de la convoitée Ménagère de moins de 50 ans. Les méninges et les mains de la production statistique s’activent pour saisir la sensation, l’impression ou même l’ignorance de ces âmes errantes à travers le pays, pour pouvoir ensuite nourrir la gourmandise sondagière du petit écran. La qualité de l’avis s’est fait botter par la quantité de l’envie de mesurer, peu importe si la question sonne creux dans l’esprit du sondé l’essentiel étant que ses mots deviennent chiffres qui deviendront à leurs tours rois de l’information. Le monde de l’information parle un langage binaire présumant, à tort, que toutes ses oreilles sont polyglottes.
Le monde mange à la table du chiffre. Les nappes sont propres, les cartes explicites et les dorures de l’enceinte encouragent la confiance. Sur la porte séparant la salle des cuisines est inscrit, dans la plus soignée des calligraphies, « interdits aux visiteurs ». On entend quelques verres cassés, des ordres plus ou moins clairs mais l’image est absente. Comme tous les grands cuisiniers, les faiseurs de chiffres gardent les secrets de la composition et feignent la transparence. Nul ne doute que sur sa table de travail gisent nombre de cadavres et d’épices sacrifiés pour obtenir les résultats souhaité par celui qui les a commandés. Au restaurant du chiffre, celui qui commande n’est pas forcément celui qui paiera l’addition mais c’est en revanche l’un des seuls qui gardera le sourire au moment de la digestion. Avant de partir, le monde au ventre gonflé s’étire et admire la chorégraphie des serveurs qui ignorent tout des plats et qui ont renoncés depuis un moment d’en comprendre les subtilités. Ces derniers brillent par leur agilité et leur talent pour mettre en valeur les créations de leur patron, eux l’image du lien présumé entre la salle et la cuisine. Comme depuis la nuit des temps, les chefs cuisiniers ont entre leurs fourneaux l’avenir du monde. Cependant en ce siècle, les goûteurs se comptent par millions et même en cas d’indigestion, ils savent qu’ils devront finir l’assiette devant le regard complaisant des toqués de cette ère.
Elbe
Source de l'image: molteze
16:50 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : gourmandise, dictature du chiffre, science, 2008, stats











