10.05.2008
C’est l’histoire…

Le colon nié
C’est l’histoire d’une perpétuelle prise d’otage
Qui n’a cessé d’ensanglanter des pages
Le conte de France a la couleur de ces sols
Violés et tués sans même qu’on leur aient offert un linceul
C’est l’histoire de ces pères, de ces mères et des ces enfants
Bordés par la haine pendant bien des temps
Ce drapeau imposé aux regards meurtris
Le bleu et le blanc précédaient le teint rougi
C’est l’histoire de l’Homme qui se mutile
Asservissant les siens en les rendant serviles
Une hiérarchie dictée par la haine
Les colons devinrent les geôlier de la peine
C’est l’histoire des âmes souillées
Des ailes d’une démocratie rouillée
Passive face au dictat du bénéfice
Le monde étouffa ses propres fils
C’est l’histoire de cet hémicycle
Laissant la honte aux esprits amnésiques
Napoléon est devenu fierté nationale
Léon, lui, pleure encore son père mort comme un animal
C’est l’histoire de la fuite de sincérité
L’Homme tourne le dos à sa vérité
Après avoir poignardé l’Humanité en face
Si c’est les cas des livres, la mémoire collective, elle, rien n’efface
C’est l’histoire d’un passé renié
De vies et d’espoirs éternellement sacrifiés
Demoiselle repentance fuit la vieille dame colonie
La marieuse France évite qu’elles ne deviennent amie
C’est l’histoire d’un fier pays
Persuadé qu’il faut occulter un hier pour un aujourd’hui
D’un pays qui veut que le temps oublie ses racines
Afin que le présent ignore le passé pour être digne
C’est l’histoire qui repousse le progrès
L’envol de millions d’esprits semblent demeurer désuet
Les médecins de la république cachent les cicatrices par un rôle positif
Tout en criant au scandale face au progrès de l’intégration devenu chétif
C’est l’histoire d’une génération qui aime un pays
C’est l’histoire d’un pays qui a banni des vies
C’est l’histoire d’un pays et d’une génération qui cultive le mensonge
C’est l’histoire sanglante des colonies qui, hélas, n’a rien d’un songe.
ELBE
En ce jour de célébration de l'abolition de l'esclavage, espérons que nous regarderons ensemble l'histoire pour en construire une autre plus glorieuse. Ni victime, ni coupable juste honnête.
(Source de l'image: fotolia.com)
09:30 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : colonie, esclavage, abolition, 2008
25.02.2008
L'âne et le coq

Dans le sein de la ferme urbaine
Vivent poils et autres laines
On bêle, hennit ou caquette
Dialogue de sourds au monde des bêtes
Matinée douce et bucolique
Paillettes et sourires animent le cirque
Les animaux admirent la parade
Riant des pitres à la hussarde
De la mêlée des princes
Survint le plus fort des coqs
Toute le foule s'évince
Le roi désire son bain ad hoc
Les mains se pressent et se serrent
La simple touche vendue comme dessert
Le seigneur en sa basse cours
Est courtisé pour quelques mamours
Dans le silence du troupeau de fans
Se niche l'anonymat d'un âne
Le sabot planqué parmi les poignées
L'oeil affûté attend l'opportunité
Le coq avance fièrement
La crête dressée vers l'avant
La flagornerie comme plumage
L'orgueil se pond et se fond dans le voyage
La ferme s'agite pendant le défilé
L'âne s'invite au rang premier
Voyant le roi triompher
La bête rue avant de s'élancer
La patte du coq lutte
Le mur de foule éructe
Le sabot fier et dressé
L'âne, le contact a refusé
La plume froissée par la résistance
Le coq et l'âne se tancent
Le manant jugeant sa crête sale
Le roi, vociférant, le mit au piquet de la salle
Dans cette valse entre oeufs et foin
Braves sont les bêtes à bec ou à groin
Derrière les parures de l'humanité
S'immiscent souvent les vestiges de la bestialité.
Elbe
Toute ressemblance avec un personnage ou un évènement existant serait purement fortuite
17:17 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, agriculture, con, pauvre, casse, toi, fables
20.02.2008
Tribunal

Au cœur de l’ère doutant
Siègent des juges d’un temps
Sans robe ni juste titre
S’enquièrent d’offrir leur justice
Du bienfaiteur au simple pitre
Leur verdict, infaillible, s’esquisse
Derrière des visages affables se cachent
Lumières et fables qui se gâchent
Gâteries puritaines et pensées dites purifiées
Atrophiés et simulés sont les plaidoyers
Doyens du monde de la bien pensance
Juges et procureurs vivent sans indulgence
Schéma dualiste du bien et du mal
Climat fataliste entre Pétain et cabale
Ballotté par un substrat de morale
Râles et plaintes comme code pénal
Magistrale épopée du bon point
Les magistrats font échouer des destins
Les tribunaux sont sauvages
Les libertés font office de mirages
Civil dans leurs simples vies
Cynique dans l’étreinte d’un avis
Les justiciers du monde sont portés pâles
Les polices de la pensée grondent et s’installent
Lorsque les esprits s’étriquent
Les mépris s’expliquent
La ligne du « bien » tracé
Le faux pas demeure risée
Erreur d’un jour, honnis toujours
Les bannis n’ont aucun recours
Ces inquisiteurs ont le visage du quotidien
Ils se pâment et se damnent au sein des citoyens
Les robes se nichent sous les habits du commun
Les poignards se figent même si le coupable tend la main
Reliquat d’un tribunal des milices
Délicat tribunal niant l’Humain et son vice
Elbe
Chacun peut se croire juge, chacun peut être vu comme coupable mais une régularité persiste : l’arbitraire.
00:00 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tribunal, bonne, conscience, juge, civil, pardon, liberté
15.02.2008
Une petite phrase et puis s'en va

"Face à une situtation desespérée ou tragique dites vous celà: s'il y a un moyen de la surmonter, pas besoin de s'angoisser, s'il n'y a aucun moyen de la surmonter, s'angoisser ne sert à rien"
Moine Boudhiste, VIIIème siécle
18:30 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : devise, proverbe, croire, angoisse, boudhisme, 2008
13.02.2008
Voyage au bout d'un bruit

C’était un matin de février. Les terres et les herbes étaient blanchies par une fine couche de givre. La ville de Lyon poussait ses expirations juste avant l’aube. Le tramway arpentait les grandes artères de Lugdunum et menait les âmes au travail pour la majorité, à la déambulation diurne pour les autres.
Adossé à la porte vitrée du tramway, j’observais ce monde en éveil. Les journaux gratuits de mes voisins me caressaient les bras, le déodorant du play-boy niché à deux centimètres de moi menait un âpre combat avec mes sinus et les yeux de cette grand mère guettait la première place libre comme la pie observe un boulon brillant.
C’est le jeu des matins dans une grande mégalopole. La cohabitation entre deux sièges et une poussette dans le dos comme tissus social. Parfois, soyons honnête, ce tissus se tend et les mailles faites de sourire deviennent des grimaces que nous pourrions prendre pour un sévère faux plis si nous nous y attardions un peu. C’est un jeu, une routine qui coule dans les mœurs modernes et qui nous amène où on veut avec qui veut.
Ce matin là n’avait donc rien de révolutionnaire, d’innovant. A part ces deux individus. Ils étaient montés à l’arrêt qui vient immédiatement après le mien et semblaient se connaître aux vues des rires qu’ils échangeaient. A leur entrée dans notre terrain de jeu ambulant, les sourires s’éteignirent et furent substitués par le bref « bip » de notre carte à puce , sorte de passeport d’un nouveau temps, puis plus rien. Ceux qui offraient de la franche camaraderie il y a encore quelques secondes, n’avait pour offrande que le commun du matin : le silence.
L’un d’eux était figé devant la porte comme un vigil de boîte de nuit. Tête haute, du genre de beaux garçons qui me ferait de l’ombre même dans la nuit, et mains dans les poches en guise de posture pleine d’assurance. Quand les portes s’ouvraient, c’était avec peu d’entrain qu’il daignait décaler le gouvernail pour libérer le flux des passagers. A sa gauche son camarade, devenu compagnon de route, le regardait. Ils se regardaient. Les yeux semblaient parler mais la brume qui s’occupait des miens me dissuadait d’essayer de saisir les signifiances optiques de ces dialogues de pupilles. Bref, dans la danse des corps du tramway ces deux gars semblaient, comme nous autres, avoir mis en suspend les petits divertissements amicaux pour mieux se mêler à la foule anonyme.
Soudain, mes oreilles furent alertées par un bruit persistant. Il faut avouer que ce fait est rare puisque je suis normalement équipé de mon armada auditive qui me susurre le tympan et donc bâtit une bulle musicale lors de mes trajets. Cependant, ce matin là, j’entendais comme un bruit étrange. « bzzzzz bz bzzz bzzz ». Une sorte de mouche avec un battement d’aile irrégulier et même plutôt cadencé. Le silence, normalement entrecoupé par quelques pages qui se tournent et par des reniflements élégants, souffrait à présent d’une ambiance sonore continue malgré ses quelques disparités. Trop faible pour que ce soit le bruit d’un problème mécanique, trop agaçant pour qu’il s’agisse d’une mouche qui aurait échappé à des tentatives d’assassinats qui auraient été légitimes.
Qu’était ce ? Un bref instant je me pris à espérer que nous tenions enfin une légende urbaine moderne. Une sorte de Nessie qui voguerait à travers les trams à la recherche d’un passager affaibli pour le croquer ou bien l’emmener loin des rails et des sièges de velours. Je voyais déjà les conteurs d’un autre temps qui raconteraient à mes descendants « vous savez papy a fréquenté Técély, le monstre des trams, et ça tous les matins… un grand homme ». Hélas, la rationalité m’a très vite enlevé la parure d’ancêtre héroïque pour me refiler celle de l’étudiant qui avait du mal à décrocher de morphée.
Les yeux vinrent se faire les adjuvants des oreilles et se bloquèrent sur les fins fils qui se nichaient dans chacune des deux extrémités, auditives, de nos deux contemplateurs d’iris. Très vite je compris que ce simulacre d’échange était une couverture pour une fusion intérieure et individuelle qui vibrait aux sons d’une musique égoïstement partagée pour deux seuls tympans. Une image me vint, d’un coup. Ces isolés qui ne tiennent qu’à un fil à la communauté humaine, c’est aussi moi quand je porte mon attirail d’évasion. Chacun des passagers s’ennuyant dans un voyage devenu routinier se repli et s’évade, seul. Les oreilles permettent un voyage low-cost aux pays des désirs, c’est irréfutable. Pourtant l’espace d’un temps j’ai regretté mon isolationnisme matinal ne serait-ce que pour être passé à côté de tant de scènes du quotidien de cet acabit.
Ce matin là j’ai compris une chose. Aujourd'hui, les voyages en tram sont des voyages au bout d’un bruit.
Elbe
18:45 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bruit, voyage, 2008
07.02.2008
Fuite d'un temps
Entendez-vous ce bruit ?
Celui du temps qui fuit
Fruit des années amassées
Les anniversaires se sont chassés
Cession d’une fertile année
Acquisition d’une mèche enflammée
L’horloge fait des tacs et des tics
La vie oscille entre trac et déclic
Sourire devenu belligérant temporel
Esquisse maligne narguant le réel
Les secondes s’accumulent
Les joies voguent et pullulent
Sœurette coiffée d’une toque
Aux plaintes, la fourchette rétorque
Panier sous le bras en plein marché
Chez la jeune fille tout est bon à déguster
Gustative et parfumée comme ritournelle
Les cuillères frappent pour réclamer la belle
Image d’une vie jumelle d’un buffet
Faits divers couchés sur des plats variés
Choix estomaqué d’ingrédients savoureux
S’avouer une faiblesse aux caprices d’un creux
Chaque année comme une part de vie
Sucrée, salée, épicée tant qu’elle nous sourit
Elbe
Texte pour ma soeur, joyeux anniversaire (fait le 31 janvier 2008)
15:20 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, fête, temps, fuite
02.02.2008
An vers

Tout est cycle, tout est refrain
Tout fuit, mais revient
La minute cède pour elle même
Le jour récolte les heures qu’il sème
L’année croit orgueilleusement dominer
Négligeant qu’elle finira détrônée
Janvier pousse le cri du nouveau né
Avant que Février n’avance masqué
Vient Mars et la guerre des bourgeons
Bougeons, la place est à Avril et ses poissons
Son lit s’esquive et ne dira point « y’a pas de Mai »
Juin, lui, inspire les musiciens années après années
Juillet parade avec ses artifices
Pendant qu’Août lézarde sans vice
Terne Septembre au goût d’encre séchée
Octobre orangée aux feuilles desséchées
Surgit ce givré de Novembre embrumé
Avant que Décembre ne vienne tout emballer
Douze temps pour un instant
Lent et futile, ensemble pourtant
Quand le chant des pendules s’entonne
Chacune des âmes joue celle qui s’étonne
Soudain sonne ce glas pesant
Tant pis, puisque tout est recommencement
Elbe
11:00 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : temps, janvier, février, mars, avril, mai, juin
26.01.2008
Et pourtant elle tourne...

Le sens inverse pour sens unique
Tout verse par essence dans le cynique
Vertige d’un aller-retour sans équilibre
Vestiges aléatoire d’un monde qui s’enivre
Livré aux délicates mains du hasard
Le globe impuissant ne jugule plus aucun bazar
Les contraires s’attirent et s’ajournent
Et pourtant elle tourne, et pourtant elle tourne
Photographie d’une ère pacifique
Figure d’une ahimsa mélancolique
L’écureuil a croqué la colombe
L’ombre d’un répit résigné aux catacombes
Comble d’un air de paix au goût de poudre
Les ailes atrophiées observe un rêve se découdre
Les armistices se signent et s’ajournent
Et pourtant elle tourne, et pourtant elle tourne
Mélodie d’une terre étouffée
Sombres notes aux portées essoufflées
Les entrepreneurs entonnent leurs refrains
Pendant que les artistes échelonnent leurs emprunts
Depuis que les mesures sont rentabilisées
La clef de sol s'est subitement volatilisée
Les chants du vague à l’âme s’échappent et s’ajournent
Et pourtant elle tourne, et pourtant elle tourne
Feuillets timidement raturés
Les plumes continuent à s’aventurer
Les yeux fuient les courbes encrées
Préférant les courbes plus élancées
Les maux brillent en image
Magie d’un silence qui hante des pages
Alchimie d’alphabet qui se couche et s’ajourne
Et pourtant elle tourne , et pourtant elle tourne
Romantisme d’un billet nocturne
Glissé par la passion de l’amant
Mensonge d’une époque taciturne
L’amour se paraphe même pour un temps
Les plaintes de Cyrano de Bergerac
Furent évincées par les bergers du CAC
Le cœur compte ses profits et s’ajourne
Et pourtant elle tourne, et pourtant elle tourne
Al ednor ud ednom edoré’s
Noisoré nu’d spmet tnavitluc ses sedopitna
Emsigollys ed secnaivéd ellenretipmes
Emsigolli emmoc etaciléd ellenruotir
Euqahc erè etrop ses secirtacic
Al emulp esserac sel secidneppa
Sel sirc tnetnom te tnenruoja’s
Te tnatroup elle enruot, te tnatroup elle enruot
La ronde du monde s’érode
Érosion d’un temps cultivant ses antipodes
Syllogisme de déviances sempiternelles
Illogisme comme délicate ritournelle
Chaque ère porte ses cicatrices
La plume caresse les appendices
Les cris montent et s’ajournent
Et pourtant elle tourne, et pourtant elle tourne
Elbe
Même si le monde a parfois l’air de marcher à l’envers, l’avenir reste le nôtre. À nous d’en construire le sens.
Si vous voulez vous mettre les idées à l'endroit il vous suffit de surligner l'espace après la dernière [cata]strophe. Comme quoi c'est simple le sens... il suffit de le trouver.
16:10 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : galilée, tourne, et, pourtant, elle, époque, verlan
01.01.2008
Des bruits de rêves

Retranché dans le confort de ses draps
Drapé dans le fort de ses rêves
Sereine escapade loin d’ici-bas
Morphée le fait roi même sans fève
Quinze ans à peine et déjà la nuit comme refuge
D’un bambin que la vie blesse et insurge
Surgissement d’espoir dans une triste histoire
Toile d’envies enfantines sans trace de gloire
Abritée par des bribes de rêves
Maman ne pleure plus papa qui est parti
L’arbre généalogique retrouve de sa sève
Utopisme, unique et salvatrice philosophie
Les heures caressent la pendule nocturne
Souffle lent, éloigné des ardeurs diurnes
Doux espoir qu’un monde se fige
Avant d’entendre le poids de la réalité qui s’érige
Bruits de rêves dans un inaudible brouhaha
Sage et sans limite demeure l’évasion
Chaque soir l’enfant, lui, s’en va
Pendant que l’adulte fuit et feint l’attention
Autre monde, autre vision, autre univers
Cette fois le rêve n’a pas survécu à l’hiver
Versatiles sont devenus les souvenirs d’enfance
Les lits sont effacés par les rivières de souffrances
Défaillances du sourire des passants
Dépassé est le mythe des chimères d’enfants
Fantaisies de l’existence en permanence
Devenu manant sans même une nuance
Couverture faite de carton mouillé
Hiéroglyphes scarifiés sur l’avant bras
Brasero comme seule chaleur éveillée
Veillées à l’abri des rêves de Pacha
L’alcool comme compresse
Pressé d’oublier la détresse
Tristesse tressée par les années
Nébuleuse d’une contemporaine destinée
Nez à nez avec les promesses du passé
Saisie d’un opinel de fortune
Regard d’un sans-abri esquivant la lune
Entre côtes et cœur s’esquisse la fin d’un rêve brisé
Permanent bruits de rêves
Devenant souvent débris de rêve
Attaché au coin de l’imaginaire
Chimères ou réalité, l’âme ère
Amer constat d’un réveil soudain
Les cernes prouvent l’évasion sans fin
Les scènes s’ouvrent sur un monde sans demain
Domaine des rêves loin des délicats quotidiens
Chacune de nos âmes est faite de rêves
Chacun de nos drames en fait la trêve
Quand les chants de la nuit se taisent
Le champ de l’envie, lui, s’apaise.
Elbe
Gardez vos rêves…
18:10 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rêves, débris, bruits, 2008, espoirs, sdf, garder
28.12.2007
Flaschistes

De partout et venus de nulle part les flash crépitent
Dans la danse des consciences les objectifs s’invitent
Les balances ont grandi sous le signe de la méfiance
A présent, les voilà au centre de la tendance
Il suffit désormais d’un simple « clic »
Pour que la mauvaise réputation naisse du déclic
Les murs n’ont plus seulement des oreilles
Ils ont aussi des yeux vicieux qui veillent
Derrière chaque regard se cache un témoin anonyme
Peu courageux, le mobile devient arme du crime
Plus besoin de semelle de cuir pour que la liberté vacille
Il suffira du portable dernier cri pour briser une famille
Femme amoureuse se languissant devant son tendre amant
La caméra embrasse et immortalise ces délicieux moments
Le temps est passé, les baisers sont devenus rancœurs
Seul les films rappellent les anciennes heures de chaleurs
Fier l’homme satisfait d’antan se pare de l’habit de Satan
Du bout de la souris, il émet ses souvenirs d’amour brûlants
Lent processus pour délation spontanée d’âme brisée
Internet donnera la réputation à ces anciens baisés
Seuls les cachets parviendront à endormir l’humiliation
L’âme outragée s’en ira vers une toute autre destination
Alors que les images passées satisferont l’humaine perversité
Ses proches pleureront le souvenir d’une femme violée
Réunions de groupes au cours de la récré
Fini le temps des goûtés place à celui de la publicité
Prédateur en puissance face à l’œil artificiel
La proie plie sous les coups de poings et de flash cruels
Le malheureux ne sourit plus, il va gâcher la pellicule
Violents coups pour violent coup d’éclat qui fera des émules
Demain, sur son lit d’hôpital il sera proclamé star
La haine sera au cœur de la toile et au 20 heure le soir
Comme dans la chanson il sera en haut de l’affiche
Ses nouveaux tortionnaires se moquent bien qu’on les fiche
Si les cicatrices du visages se refermeront les heures passant
La rencontre de la haine et du bitume fera son temps
Douceurs d’une matinée du mois de juillet
Les rayons traversent la fente des volets
Caressent le visage d’un couple lové l’un contre l’autre
Agréable instant pour des tourtereaux comme tant d’autres
Les heures passent et les âmes se lèvent
Petite cigarette sur la terrasse pour poursuivre le rêve
Jusqu’à un bruit sourd et pourtant éloquent
La gâchette caressée immortalisa l’instant
De la passion confinée naît le brouhaha du jugement
Les une des presse à amour volés se vendent tant
Pas de chances pour ces âmes tendrement enflammées
Ils n’auraient pas du à être surnommées « célébrités »
Les pages de rêves de papier glacé passent et se tournent
Les sages sont moins censés, l’esprit passe et s’ajourne
La vidéosurveillance comme unique lien social
L’Autre est devenu le juge du bien et du mal
Jadis, les commérages se négociaient en ticket de ration
Aujourd’hui jalousies et envies assurent gratuité à la délation
Chacun doute et ne sourit plus que pour paraître innocent
Les sirènes sont silencieuses mais efficaces sont ses agents
Entre réflexions ou diffamations il faut choisir
Hélas, seule la dernière fait la gloire de la mire
La torture n’est plus nécessaire pour cadenasser la liberté
La meilleure des milices a le visage de la citoyenneté
Elbe
NB: La version originale est disponible ici. J'ai du faire quelques modifications pour des raisons pratiques et esthétiques afin que chaque vers tienne sur une ligne.
11:35 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : porno, sexe, nue, manaudou, érotique, flaschiste, cul













