26.11.2008
Assis sur ses quatre pieds

Vue sur le monde
Assis sur ses quatre pieds
L’Homme s’égare devenant pilier
Liée aux verres sa destinée s’épanche
Jours après jours, l’Histoire se penche
Aux crissements des bouteilles
Se succèdent les errements de ses pareils
Raillé pour l’addiction au comptoir
Il présentera l’addition à la grande Histoire
Il a mélangé le rouge et le blanc
Quand Rosa luttait pour un banc
Ria-a-t-il d’un pas sur la lune ?
Pria-t-il pour l’abbé sans rancune ?
Le mur est tombé bruyamment
Sur la nappe des cris d’un triste amant
La rose a éclos en pleine nuit
Au goût d’un bourbon d’ennui
Les rotatives tournent toute la soirée
Pour qu’au matin, la vie accompagne le rosé
Les lignes s’avalent alors comme des vers
La Bar comme gueuloir des faits divers
Chaque fois les mêmes gestes
Goulots, rires et pensées en zest
Moqué du fond au coin du quartier
Le fond de bouteille aide à oublier
Assis sur ses quatre pieds
Chroniqueur présent depuis le passé
Quand les glaçons fonderont leurs solitudes
Le tabouret laissera le monde à ses turpitudes
Elbe
17:44 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bar, tabouret, brèves, 2008
09.09.2008
La philosophie des cartes
Une carte à puce ?
Terrain de jeu pour terrain de vie
Tant d’enjeux pour tant d’envies
Vie sage malgré le vice des âges
Visage ancré vers les futurs rivages
Se présagent les chemins qui feront date
Pourtant, tout ceci n’est qu’un simple jeu de cartes
La vie se niche dans le zig, dans le zag
De toute géographie, elle se fiche et divague
Les chemins jouent à cache-cache sans mal
Les courbes se dessinent du national à l’international
Sur les routes de toute une existence, l’homme s’éclate
Espérant une traverse, sans cesse, il caresse la carte
Parfois les valises du vécu poussent à l’exil
Loin de tout, liens et amis sont flous et fébriles
Les distances tancent l’habituelle danse des proches
Malicieux, l’Homme serre sa carte au creux de sa poche
Postale ou téléphonique, les ondes et les encres rapprochent
De la plume ou du clavier, les susurres lointaines demeurent proches
Menu d’une vie régie entre équilibre et gourmandises
Dégustée sur le pouce ou dans le confort d’une place assise
Ni formule, ni menu établi ne peuvent se permettre d’exister
Le festin se commande à la carte en gouttes de diversité
Épicée, salée ou sucrée ; la vie est comme un règne de saveurs
Ici, la carte laisse libre le mangeur de combler ses futures heures
Ce n’est qu’un simple jeu de cartes sans règle claire
Où la destinée brasse et bluffe comme au Poker
L’Humanité, une masse aux rêves solitaires
Exister dans une nasse sans sève ni Joker
Errance d’âmes sans Ève ni donne d ‘avenir
Attendant ces as de cœur qui tardent à venir.
Ensemble d’heures éparpillé sur le tapis
Ensemble de cœurs distillé par l’envie
Recherche des coordonnées sur une carte sans Nord
Perche abandonnée, l’Homme s’éloigne du bord
Les cartes taisent l’avenir dans un présent sans éloquence
Futurs rois et reines toisent les désirs dans un sentiment d’impuissance
Elbe
Source de l'image: blog.ifrance.com
17:08 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, cartes, 2008, as, coeur, coordonnée
26.07.2008
Au dernier rang

Au dernier rang de la classe, la craie s’efface
Le cancre se fâche, se tait et se tasse
Mélodies lettrées savamment susurrées
Mélo d’illettrés incessamment soupçonné
Aux premières loges La Fontaine s’écoute
Au fond, sous l’horloge, la rengaine n’est que goutte
Le savoir est une arme aux lieutenants choisis
S’asseoir et voir les arbres c’est devenir résidant de l’oubli
Au dernier rang de la classe, plus personne ne regarde
Au grenier de la masse raisonne l’espoir qui se lézarde
Les feuilles de cahiers grisées d’être avions
Sont déshabillées, usées et attirent l’attention
Du bâton à la colle, les couperets tombent
D’arbre ou de papiers les feuilles étaient vouées à l’hécatombe
D’un sabre fait d’acier, le destin a tranché
Affables dans le fond chauffé, des lendemains sont sacrifiés
Au dernier rang du monde, les fées s’évadent
C’est une ronde de faits qui se valent et sont fades
Fado ou salsa offerts aux moins morts
Sans eau, ni sofa la guerre étreinte ses corps
Les premiers s’arrogent les rennes puis les âmes et s’écoutent
Les décimés s’arrangent des peines puis des larmes qui s’égouttent
Les armes sont des lieutenants sans savoir
S’asseoir au pied d’un arbre en attendant de ne plus voir
Au dernier rang du monde plus personne ne s’attarde
Oublié de la ronde, l’espoir s’étonne et se arde
Les avions grisés d’avoir dépassés les feuilles
Ont dépecé, déshumanisé puis aligné les deuils
Des barons aux derniers rôles, les dés sont jetés
Des balcons au geôles, les plaies s’offriront aux oubliés
De son havre d’acier, le tireur a tranché
Assise face au ciel, la petite sœur devra sombrer
Du dernier rang du monde ou de la classe
Tout se joue et se juge à la lumière de la place
Quand le soleil s’éteint en passant le seuil de la porte
Le réveil se contente de faire le deuil des espérances mortes
Les derniers rangs sont précédés par la réputation d’hier
La terre tourne et les derniers gardent le seul sens de la misère
Du dernier rang du monde ou de la classe, depuis le début des temps
Les sièges de guerres ou d’écoles n’ont fait qu’écrire des histoires de bans.
Elbe
source de l'image: rpsboxe.free.fr
17:10 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dernier, rang, ring, cancre, espoir, au delà des places
10.05.2008
C’est l’histoire…

Le colon nié
C’est l’histoire d’une perpétuelle prise d’otage
Qui n’a cessé d’ensanglanter des pages
Le conte de France a la couleur de ces sols
Violés et tués sans même qu’on leur aient offert un linceul
C’est l’histoire de ces pères, de ces mères et des ces enfants
Bordés par la haine pendant bien des temps
Ce drapeau imposé aux regards meurtris
Le bleu et le blanc précédaient le teint rougi
C’est l’histoire de l’Homme qui se mutile
Asservissant les siens en les rendant serviles
Une hiérarchie dictée par la haine
Les colons devinrent les geôlier de la peine
C’est l’histoire des âmes souillées
Des ailes d’une démocratie rouillée
Passive face au dictat du bénéfice
Le monde étouffa ses propres fils
C’est l’histoire de cet hémicycle
Laissant la honte aux esprits amnésiques
Napoléon est devenu fierté nationale
Léon, lui, pleure encore son père mort comme un animal
C’est l’histoire de la fuite de sincérité
L’Homme tourne le dos à sa vérité
Après avoir poignardé l’Humanité en face
Si c’est les cas des livres, la mémoire collective, elle, rien n’efface
C’est l’histoire d’un passé renié
De vies et d’espoirs éternellement sacrifiés
Demoiselle repentance fuit la vieille dame colonie
La marieuse France évite qu’elles ne deviennent amie
C’est l’histoire d’un fier pays
Persuadé qu’il faut occulter un hier pour un aujourd’hui
D’un pays qui veut que le temps oublie ses racines
Afin que le présent ignore le passé pour être digne
C’est l’histoire qui repousse le progrès
L’envol de millions d’esprits semblent demeurer désuet
Les médecins de la république cachent les cicatrices par un rôle positif
Tout en criant au scandale face au progrès de l’intégration devenu chétif
C’est l’histoire d’une génération qui aime un pays
C’est l’histoire d’un pays qui a banni des vies
C’est l’histoire d’un pays et d’une génération qui cultive le mensonge
C’est l’histoire sanglante des colonies qui, hélas, n’a rien d’un songe.
ELBE
En ce jour de célébration de l'abolition de l'esclavage, espérons que nous regarderons ensemble l'histoire pour en construire une autre plus glorieuse. Ni victime, ni coupable juste honnête.
(Source de l'image: fotolia.com)
09:30 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : colonie, esclavage, abolition, 2008
25.02.2008
L'âne et le coq

Dans le sein de la ferme urbaine
Vivent poils et autres laines
On bêle, hennit ou caquette
Dialogue de sourds au monde des bêtes
Matinée douce et bucolique
Paillettes et sourires animent le cirque
Les animaux admirent la parade
Riant des pitres à la hussarde
De la mêlée des princes
Survint le plus fort des coqs
Toute le foule s'évince
Le roi désire son bain ad hoc
Les mains se pressent et se serrent
La simple touche vendue comme dessert
Le seigneur en sa basse cours
Est courtisé pour quelques mamours
Dans le silence du troupeau de fans
Se niche l'anonymat d'un âne
Le sabot planqué parmi les poignées
L'oeil affûté attend l'opportunité
Le coq avance fièrement
La crête dressée vers l'avant
La flagornerie comme plumage
L'orgueil se pond et se fond dans le voyage
La ferme s'agite pendant le défilé
L'âne s'invite au rang premier
Voyant le roi triompher
La bête rue avant de s'élancer
La patte du coq lutte
Le mur de foule éructe
Le sabot fier et dressé
L'âne, le contact a refusé
La plume froissée par la résistance
Le coq et l'âne se tancent
Le manant jugeant sa crête sale
Le roi, vociférant, le mit au piquet de la salle
Dans cette valse entre oeufs et foin
Braves sont les bêtes à bec ou à groin
Derrière les parures de l'humanité
S'immiscent souvent les vestiges de la bestialité.
Elbe
Toute ressemblance avec un personnage ou un évènement existant serait purement fortuite
17:17 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, agriculture, con, pauvre, casse, toi, fables
20.02.2008
Tribunal

Au cœur de l’ère doutant
Siègent des juges d’un temps
Sans robe ni juste titre
S’enquièrent d’offrir leur justice
Du bienfaiteur au simple pitre
Leur verdict, infaillible, s’esquisse
Derrière des visages affables se cachent
Lumières et fables qui se gâchent
Gâteries puritaines et pensées dites purifiées
Atrophiés et simulés sont les plaidoyers
Doyens du monde de la bien pensance
Juges et procureurs vivent sans indulgence
Schéma dualiste du bien et du mal
Climat fataliste entre Pétain et cabale
Ballotté par un substrat de morale
Râles et plaintes comme code pénal
Magistrale épopée du bon point
Les magistrats font échouer des destins
Les tribunaux sont sauvages
Les libertés font office de mirages
Civil dans leurs simples vies
Cynique dans l’étreinte d’un avis
Les justiciers du monde sont portés pâles
Les polices de la pensée grondent et s’installent
Lorsque les esprits s’étriquent
Les mépris s’expliquent
La ligne du « bien » tracé
Le faux pas demeure risée
Erreur d’un jour, honnis toujours
Les bannis n’ont aucun recours
Ces inquisiteurs ont le visage du quotidien
Ils se pâment et se damnent au sein des citoyens
Les robes se nichent sous les habits du commun
Les poignards se figent même si le coupable tend la main
Reliquat d’un tribunal des milices
Délicat tribunal niant l’Humain et son vice
Elbe
Chacun peut se croire juge, chacun peut être vu comme coupable mais une régularité persiste : l’arbitraire.
00:00 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tribunal, bonne, conscience, juge, civil, pardon, liberté
15.02.2008
Une petite phrase et puis s'en va

"Face à une situtation desespérée ou tragique dites vous celà: s'il y a un moyen de la surmonter, pas besoin de s'angoisser, s'il n'y a aucun moyen de la surmonter, s'angoisser ne sert à rien"
Moine Boudhiste, VIIIème siécle
18:30 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : devise, proverbe, croire, angoisse, boudhisme, 2008
13.02.2008
Voyage au bout d'un bruit

C’était un matin de février. Les terres et les herbes étaient blanchies par une fine couche de givre. La ville de Lyon poussait ses expirations juste avant l’aube. Le tramway arpentait les grandes artères de Lugdunum et menait les âmes au travail pour la majorité, à la déambulation diurne pour les autres.
Adossé à la porte vitrée du tramway, j’observais ce monde en éveil. Les journaux gratuits de mes voisins me caressaient les bras, le déodorant du play-boy niché à deux centimètres de moi menait un âpre combat avec mes sinus et les yeux de cette grand mère guettait la première place libre comme la pie observe un boulon brillant.
C’est le jeu des matins dans une grande mégalopole. La cohabitation entre deux sièges et une poussette dans le dos comme tissus social. Parfois, soyons honnête, ce tissus se tend et les mailles faites de sourire deviennent des grimaces que nous pourrions prendre pour un sévère faux plis si nous nous y attardions un peu. C’est un jeu, une routine qui coule dans les mœurs modernes et qui nous amène où on veut avec qui veut.
Ce matin là n’avait donc rien de révolutionnaire, d’innovant. A part ces deux individus. Ils étaient montés à l’arrêt qui vient immédiatement après le mien et semblaient se connaître aux vues des rires qu’ils échangeaient. A leur entrée dans notre terrain de jeu ambulant, les sourires s’éteignirent et furent substitués par le bref « bip » de notre carte à puce , sorte de passeport d’un nouveau temps, puis plus rien. Ceux qui offraient de la franche camaraderie il y a encore quelques secondes, n’avait pour offrande que le commun du matin : le silence.
L’un d’eux était figé devant la porte comme un vigil de boîte de nuit. Tête haute, du genre de beaux garçons qui me ferait de l’ombre même dans la nuit, et mains dans les poches en guise de posture pleine d’assurance. Quand les portes s’ouvraient, c’était avec peu d’entrain qu’il daignait décaler le gouvernail pour libérer le flux des passagers. A sa gauche son camarade, devenu compagnon de route, le regardait. Ils se regardaient. Les yeux semblaient parler mais la brume qui s’occupait des miens me dissuadait d’essayer de saisir les signifiances optiques de ces dialogues de pupilles. Bref, dans la danse des corps du tramway ces deux gars semblaient, comme nous autres, avoir mis en suspend les petits divertissements amicaux pour mieux se mêler à la foule anonyme.
Soudain, mes oreilles furent alertées par un bruit persistant. Il faut avouer que ce fait est rare puisque je suis normalement équipé de mon armada auditive qui me susurre le tympan et donc bâtit une bulle musicale lors de mes trajets. Cependant, ce matin là, j’entendais comme un bruit étrange. « bzzzzz bz bzzz bzzz ». Une sorte de mouche avec un battement d’aile irrégulier et même plutôt cadencé. Le silence, normalement entrecoupé par quelques pages qui se tournent et par des reniflements élégants, souffrait à présent d’une ambiance sonore continue malgré ses quelques disparités. Trop faible pour que ce soit le bruit d’un problème mécanique, trop agaçant pour qu’il s’agisse d’une mouche qui aurait échappé à des tentatives d’assassinats qui auraient été légitimes.
Qu’était ce ? Un bref instant je me pris à espérer que nous tenions enfin une légende urbaine moderne. Une sorte de Nessie qui voguerait à travers les trams à la recherche d’un passager affaibli pour le croquer ou bien l’emmener loin des rails et des sièges de velours. Je voyais déjà les conteurs d’un autre temps qui raconteraient à mes descendants « vous savez papy a fréquenté Técély, le monstre des trams, et ça tous les matins… un grand homme ». Hélas, la rationalité m’a très vite enlevé la parure d’ancêtre héroïque pour me refiler celle de l’étudiant qui avait du mal à décrocher de morphée.
Les yeux vinrent se faire les adjuvants des oreilles et se bloquèrent sur les fins fils qui se nichaient dans chacune des deux extrémités, auditives, de nos deux contemplateurs d’iris. Très vite je compris que ce simulacre d’échange était une couverture pour une fusion intérieure et individuelle qui vibrait aux sons d’une musique égoïstement partagée pour deux seuls tympans. Une image me vint, d’un coup. Ces isolés qui ne tiennent qu’à un fil à la communauté humaine, c’est aussi moi quand je porte mon attirail d’évasion. Chacun des passagers s’ennuyant dans un voyage devenu routinier se repli et s’évade, seul. Les oreilles permettent un voyage low-cost aux pays des désirs, c’est irréfutable. Pourtant l’espace d’un temps j’ai regretté mon isolationnisme matinal ne serait-ce que pour être passé à côté de tant de scènes du quotidien de cet acabit.
Ce matin là j’ai compris une chose. Aujourd'hui, les voyages en tram sont des voyages au bout d’un bruit.
Elbe
18:45 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bruit, voyage, 2008
07.02.2008
Fuite d'un temps
Entendez-vous ce bruit ?
Celui du temps qui fuit
Fruit des années amassées
Les anniversaires se sont chassés
Cession d’une fertile année
Acquisition d’une mèche enflammée
L’horloge fait des tacs et des tics
La vie oscille entre trac et déclic
Sourire devenu belligérant temporel
Esquisse maligne narguant le réel
Les secondes s’accumulent
Les joies voguent et pullulent
Sœurette coiffée d’une toque
Aux plaintes, la fourchette rétorque
Panier sous le bras en plein marché
Chez la jeune fille tout est bon à déguster
Gustative et parfumée comme ritournelle
Les cuillères frappent pour réclamer la belle
Image d’une vie jumelle d’un buffet
Faits divers couchés sur des plats variés
Choix estomaqué d’ingrédients savoureux
S’avouer une faiblesse aux caprices d’un creux
Chaque année comme une part de vie
Sucrée, salée, épicée tant qu’elle nous sourit
Elbe
Texte pour ma soeur, joyeux anniversaire (fait le 31 janvier 2008)
15:20 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, fête, temps, fuite
02.02.2008
An vers

Tout est cycle, tout est refrain
Tout fuit, mais revient
La minute cède pour elle même
Le jour récolte les heures qu’il sème
L’année croit orgueilleusement dominer
Négligeant qu’elle finira détrônée
Janvier pousse le cri du nouveau né
Avant que Février n’avance masqué
Vient Mars et la guerre des bourgeons
Bougeons, la place est à Avril et ses poissons
Son lit s’esquive et ne dira point « y’a pas de Mai »
Juin, lui, inspire les musiciens années après années
Juillet parade avec ses artifices
Pendant qu’Août lézarde sans vice
Terne Septembre au goût d’encre séchée
Octobre orangée aux feuilles desséchées
Surgit ce givré de Novembre embrumé
Avant que Décembre ne vienne tout emballer
Douze temps pour un instant
Lent et futile, ensemble pourtant
Quand le chant des pendules s’entonne
Chacune des âmes joue celle qui s’étonne
Soudain sonne ce glas pesant
Tant pis, puisque tout est recommencement
Elbe
11:00 Publié dans bribe de vers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : temps, janvier, février, mars, avril, mai, juin










