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26.07.2008

Au dernier rang

Le ring et le rang?


Au dernier rang de la classe, la craie s’efface
Le cancre se fâche, se tait et se tasse
Mélodies lettrées savamment susurrées
Mélo d’illettrés incessamment soupçonné
Aux premières loges La Fontaine s’écoute
Au fond, sous l’horloge, la rengaine n’est que goutte
Le savoir est une arme aux lieutenants choisis
S’asseoir et voir les arbres c’est devenir résidant de l’oubli

Au dernier rang de la classe, plus personne ne regarde
Au grenier de la masse raisonne l’espoir qui se lézarde
Les feuilles de cahiers grisées d’être avions
Sont déshabillées, usées et attirent l’attention
Du bâton à la colle, les couperets tombent
D’arbre ou de papiers les feuilles étaient vouées à l’hécatombe
D’un sabre fait d’acier, le destin a tranché
Affables dans le fond chauffé, des lendemains sont sacrifiés

Au dernier rang du monde, les fées s’évadent
C’est une ronde de faits qui se valent et sont fades
Fado ou salsa offerts aux moins morts
Sans eau, ni sofa la guerre étreinte ses corps
Les premiers s’arrogent les rennes puis les âmes et s’écoutent
Les décimés s’arrangent des peines puis des larmes qui s’égouttent
Les armes sont des lieutenants sans savoir
S’asseoir au pied d’un arbre en attendant de ne plus voir

Au dernier rang du monde plus personne ne s’attarde
Oublié de la ronde, l’espoir s’étonne et se arde
Les avions grisés d’avoir dépassés les feuilles
Ont dépecé, déshumanisé puis aligné les deuils
Des barons aux derniers rôles, les dés sont jetés
Des balcons au geôles, les plaies s’offriront aux oubliés
De son havre d’acier, le tireur a tranché
Assise face au ciel, la petite sœur devra sombrer

Du dernier rang du monde ou de la classe
Tout se joue et se juge à la lumière de la place
Quand le soleil s’éteint en passant le seuil de la porte
Le réveil se contente de faire le deuil des espérances mortes
Les derniers rangs sont précédés par la réputation d’hier
La terre tourne et les derniers gardent le seul sens de la misère
Du dernier rang du monde ou de la classe, depuis le début des temps
Les sièges de guerres ou d’écoles n’ont fait qu’écrire des histoires de bans.


Elbe

 

source de l'image: rpsboxe.free.fr

22.07.2008

La loi du plus fort

  Je pense donc IAM

 

 

"Les plus forts ne sont pas ceux qui ne tombent jamais, mais ceux qui se relèvent"

Shurik'n (IAM) - Artiste

20.07.2008

To be continued ...

Vous reprendrez bien une petite coupe?

 

        Ca y est, c’est fini… les feuilles froissées au fond du sac, les départs précipités au petit matin puisque les métros et le temps sont rarement en adéquation avec la vie de jeune étudiante, les notes, les appréciations et les ordres de silence sont désormais du passé. Pourtant quand tout se finit, il y a cette impression que tout ne fait que commencer. Là où les bulletins indiquaient des notes, c’est à présent le bulletin de paye qui viendra accueillir la nouvelle active, l’application scolaire deviendra une méticulosité professionnelle et les soucis de stylos seront rapidement remplacer par ceux des factures. Bref, à peine passé le pas de la porte des études que c’est le boulevard de la vie active qui appelle les frais diplômés avec tracas et, espérons le, grand bonheur.


Comme chaque année, les odeurs de gommes et de colle s’échappent des canaux olfactifs de bons nombre de jeunes [ n’ayez pas peur ! il existe une contrée où ce mot est synonyme d’espoir et d’avenir…] pour laisser place aux joies du travail, de l’émancipation et aussi des contraintes, des seules cinq semaines de congés payés, des heures supp’ bref tout ce qui se cache derrière le romantisme du « monde des actifs ». Pour de la nuance surligner la ligne précédente.


Cette année a un goût particulier pour cette petite femme qui m’accompagne depuis mes premiers émois lycéens et qui aujourd’hui partage ma vie et bien plus (bonbons Haribo, moment de solitude, repas à quick [ grand seigneur je sais ] ou encore projet de vie). En effet Bounette a décroché son Brevet professionnel de coiffure ( Attali sort d’ici – blague d’initié -) qui lui donne le droit d’être employé dans un salon de coiffure et à long terme d’ouvrir le sien.

C’est la fin du monde des études mais c’est avant tout la poursuite d’un rêve qu’elle a mis plusieurs années à construire sans jamais renoncer malgré les moments de doutes. Au-delà de cette page qui se tourne, c’est avant tout cette volonté de vivre son rêve et ses envies qui me donnent envie de féliciter Bounette et de la remercier pour toutes les énergies positives qu’elle a pu envoyer pendant sa quête au diplôme et à l’avenir. Bravo, j’espère pour les yeux qui lisent qu’ eux aussi sont animés de la passion et de l’âme de rêveuse de cette personne si précieuse aux miens (d’yeux).


Félicitation ma bounette, tout ce qui t’arrive tu le mérites, t’y a toujours cru et surtout tu y a mis du cœur. Je t’aime et j’espère sincèrement que le prochain papier que tu tiendras dans tes mains sera un bail que dis-je NOTRE bail !

Pour conclure cette note très personnelle, je félicite également Laetitia, Pitchounette pour leur Bac, Sabrina pour avoir aussi choisi la voie de ses désirs et à mon fréro devenu ingénieur et désormais hors des murs de façon officiel ! Pensée également à tous les autres et encore plus à ceux qui ont pu échouer, les rêves ne meurent que quand on se résigne !

 

Elbe

Source de l'image: cap-coiffure.fr

07.07.2008

Et matamore chantait!

Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ...

       A la veille des "èvènements" de 1968, Le Monde publiait un éditorial titré La France s'ennuie où peu d'éléments lassaient présager l'insurrection du mois de Mai. A la même époque, le théoricien Marxiste  André Gorz écrivait les lignes suivantes dans son ouvrage Réforme et Révolution:

« Dans un avenir prévisible, il n’y aura pas de crise du capitalisme suffisamment grave pour pousser la masse des travailleurs dans des grèves générales et des insurrections armées en défense de leurs intérêts vitaux. » (Réforme et révolution, 1968).

Malgré ces propos, très répandus dans l'ensemble de la société notamment dans le gouvernement, l'Histoire connut des instants de revendications intenses durant le fameux mois de mai célébré et décérébré ces dernières semaines.

L'Histoire est-elle une boucle ou bien une ligne continue qui ne fait qu'avancer? Nous pourrions être fixés, partiellement évidemment, d'ici quelques semaines grâce au président de la république française [ mais si! vous savez "le mari de"] qui a prononcé cette phrase au sujet des grêves et de leurs retentissemenst dans l'hexagone en Sarkozie.

  «Désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit» (Conseil National de l'UMP, 2008)

Ces propos furent prononcés lors d'un discours aux français [de l'UMP] et ont entrainé quelques vives protestations des "partenaires sociaux" qui se demandent, à présent, quelle est la conception du dialogue social du Matamore Elyséen.

Toujours est il que la proclamation du calme syndical par le président français peut rappeler l'athmosphère attentiste et amorphe qui régnait avant le printemps 68.

Boucle ou ligne continue? Qui vivra verra!

Elbe

Source de l'image: marxists.org

Sans aucun lien avec l'information précédente, un peu de musique pour les yeux qui passent:

 


Renaud - Hexagone

05.07.2008

L'essence pas chère: mode d'emploi

Pistolet sur la rente

Non, les yeux ne deviennent pas une annexe de Julien Courbet, Zorro du PAF et nouveau pensionnaire du service public, pas d'inquiétude! Cette note est juste pour nos amis automobilistes - qui évidemment font attention de ne prendre leur voiture qu'en cas de nécessité et non par plaisir cela va de soi - afin de leur indiquer un site Internet répertoriant les tarifs de l'essence dans différentes villes de France. Ainsi, vous pourrez comparer et aller au plus profitable!

Amis pinces c'est par ici

 Elbe

PS: Les yeux vous informent que si vous vivez à Lyon et qu'une station essence est plus avantageuse dans le Vercors, il ne serait pas inutile de réfléchir au véritable gain économique d'une telle opération avant de faire le déplacement... 

 Source de l'image: payetonblog

04.07.2008

Des chiffres et des êtres

Echecs et maths



      Dominer n’est pas gagner, mais l’Homme est-il là pour gagner ? Toujours est-il que depuis ses premiers souffles terrestres il s’obstine et s’obsède à vouloir dominer son pareil, sans doute avec le discret espoir de ne plus être « un parmi eux » mais devenir « lui au-dessus de ceux ». La scission dominants / dominés a fait les pages de l’Histoire, elle a pris les peuples par la gorge ou par la main les a attirés vers les chemins révolutionnaires, poussé dans les sillons de la désillusion et ce souvent en même temps.


Dominer est une raison d’être pour l’humanité qui n’a cessé de trouver des astuces et des outils à l’art du mépris. Cachés sous les traits de la monarchie divine, légitimé par la bonté des guerres, noué avec ses chaînes au fond d’une cale, l’Homme a longtemps regardé en face son œuvre assumant le jeu du plus fort, les vœux des moins morts. Pendant des siècles, les yeux de l’âme humaine furent mouillés ou sublimés par l’ambition des uns et l’humiliation des autres. L’Homme assumait sa dualité crue comme inévitable, les puissants cultivaient la puissance, les oubliés culminaient dans les oubliettes.


Puis la lumière vint. Elle parlait d’émancipation, de liberté humaine ou encore d’égalité. L’Homme a voulu y croire, il bâtit des rêves, détruisit des haines, façonna une société où le pouvoir pourrait être au peuple honni et pourtant déjà aimé des grecs. Les sociétés modernes poussèrent les premiers cris, firent naître des esprits, de l’intérêt et de l’instruction sans pour autant éliminer l’aspiration à la domination de factions qui passèrent par delà les rêves, au-dessus des idéaux et qui s’adapta aux évolutions et à la voix populaire. Les idéaux et la réalité sont basés sur un équilibre précaire, le pragmatisme des dominants, lui, demeure le caméléon insaisissable de tout temps, s’adaptant aux formes pour faire jaillir, à l’insu de tous, son fond.


Époque moderne et démocratie rêvée ne pouvant laisser place aux chaînes de l’esclave, ni à l’invocation d’une légitimité divine, il fallait aux joueurs d’humanité un cheval de Troie de confiance pouvant séduire les marges comme la masse. La nouvelle donne est en effet d’être discret aux yeux du citoyen afin qu’il demeure convaincu d’être le maître, le décideur tout en arrosant d’essence la flamme ambitieuse du flegme dominant toujours rampant. L’outil est né de l’Histoire, a parcouru les époques, suinte la révolution et fut même récupéré par les penseurs de la fin du XIXème siècle. Il peut être rondouillard, raide, courbé, serpentant, il reste crédible droit dans ses côtes et source d’une légitimité autrement plus palpable que l’instrument des spiritueux et peu scrupuleux monarques de droits divins. Le troisième millénaire n’a d’yeux que pour le chiffre et ses calculs.


Pas une page d’un hebdomadaire, pas une rage sur cette terre oublie de porter la muse des temps actuels. L’arithmétique se fait une nouvelle naissance redécouvrant l’essence du positivisme sans pour autant éviter l’inflation insensée et sans raison. Le chiffre compte dans la société et la réciproque brille encore plus dans les débats de notre nouvelle ère. Tout se mesure, tout se dénombre et rien ne semble être en mesure de fuir les calculettes de notre planète. Du militant activiste au politicien arriviste aucun n’oserait se déplacer sans son cabas chiffré au risque de passé pour un cabot lettré. Les ponctuations verbales se font au rythme de « hausse », « fluctuation », « plus value » ou « opinion favorable » le tout se dégustant au prix de « déciles », « médian » ou « courbe exponentielle ».


Ce n’est pas LE chiffre qui fait le monde et les discours mais le monde et les discours qui font LES chiffres. Nombreuses sont les variances qui entourent le monde chiffré. D’abord nous avons les données formelles, factuelles, issu d’un constat et d’une mesure répondant à des critères scientifiques. Ainsi la violence devient un taux sur la personne, un pourcentage de vol, la politique du logement revient à évoquer la proportion d’habitants sans habitat, la situation du travail quant à elle se mesure au nombre de chômeurs disparus. Les données se succèdent et se battent pour obtenir le sceau de transcripteur du réel pour ressurgir au milieu de la soupe, au travers d’un communiqué ou d’un flash d’information – communication – pour agiter les spectres de la vérité sous les minois médusés de badauds sans chiffre ni boulier, convaincus jusqu’alors qu’ils vivaient dans un monde différent.


Heureusement pour que la solitude du doute s’efface aussi rapidement qu’est apparue la vérité, l’armada des calculs rapplique avec l’avis de l’Autre vivant sur la pallier d’à côté ou à quelques milliers de kilomètres. Monsieur Jean devient CSP et Madame Lopez se glisse dans les habits de la convoitée Ménagère de moins de 50 ans. Les méninges et les mains de la production statistique s’activent pour saisir la sensation, l’impression ou même l’ignorance de ces âmes errantes à travers le pays, pour pouvoir ensuite nourrir la gourmandise sondagière du petit écran. La qualité de l’avis s’est fait botter par la quantité de l’envie de mesurer, peu importe si la question sonne creux dans l’esprit du sondé l’essentiel étant que ses mots deviennent chiffres qui deviendront à leurs tours rois de l’information. Le monde de l’information parle un langage binaire présumant, à tort, que toutes ses oreilles sont polyglottes.


Le monde mange à la table du chiffre. Les nappes sont propres, les cartes explicites et les dorures de l’enceinte encouragent la confiance. Sur la porte séparant la salle des cuisines est inscrit, dans la plus soignée des calligraphies, « interdits aux visiteurs ». On entend quelques verres cassés, des ordres plus ou moins clairs mais l’image est absente. Comme tous les grands cuisiniers, les faiseurs de chiffres gardent les secrets de la composition et feignent la transparence. Nul ne doute que sur sa table de travail gisent nombre de cadavres et d’épices sacrifiés pour obtenir les résultats souhaité par celui qui les a commandés. Au restaurant du chiffre, celui qui commande n’est pas forcément celui qui paiera l’addition mais c’est en revanche l’un des seuls qui gardera le sourire au moment de la digestion. Avant de partir, le monde au ventre gonflé s’étire et admire la chorégraphie des serveurs qui ignorent tout des plats et qui ont renoncés depuis un moment d’en comprendre les subtilités. Ces derniers brillent par leur agilité et leur talent pour mettre en valeur les créations de leur patron, eux l’image du lien présumé entre la salle et la cuisine. Comme depuis la nuit des temps, les chefs cuisiniers ont entre leurs fourneaux l’avenir du monde. Cependant en ce siècle, les goûteurs se comptent par millions et même en cas d’indigestion, ils savent qu’ils devront finir l’assiette devant le regard complaisant des toqués de cette ère.

Elbe

Source de l'image: molteze

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