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29.03.2008
Tournée générale du net
Revue de presse virtuelle du Samedi 29 mars 2008
Nicolas Sarkozy: le changement en image

Avant Après
Dettes moi tout...
Alors que le spectre de la crise financière plane sur le monde et carresse les esprits hexagonaux, certains s'interrogent sur la dimension "prétexte" que peut revêtir cette menace, certes réelle. L'économiste et président de l'OFCE J.P Fitoussi revient sur la dette française et relativise les analyses alarmistes vis à vis de celle-ci. A voir sur Rue 89.com.
Ca vole bas
L'EPR est il conçu pour résister à une "attaque-suicide" à l'image de celle qui a frappé les tours jumelles le 11 septembre 2001? Nous serions, naïvement, tenter d'affirmer que oui compte tenu du retentissement de cet attentat et des risques liés au nucléaire. Pourtant, selon des documents issus d'EDF, l'EPR nouvelle génération (construit après 2001) ne serait pas bâti pour résister à ce type d'attaque. Stéphane Lhomme, porte parole de Sortir du nucléaire, témoigne dans Le contre journal.
Les petites commissions de Nicolas
Depuis le 6 mai et l'arrivée de Nicolas Sarkozy les commissions ad hoc ne cessent de nourrir le débat public. Commission Attali, pour la télé publique ou encore pour une nouvelle école, tant de travaux qui firent débat tout en restant obscurs. Le monde revient sur cette pratique.
Scientologie et cinéma: acte II
L'Eglise de scientologie, désormais connue du monde entier pour Tom Cruise, est-elle digne des plus grands faiseurs de propagande? C'est ce que parait monter l'article de Bakchich info qui revient sur une vidéo manipulée faisant la promotion de l'Eglise de scientologie.
N'ayez pas peur
La peur comme stratégie politique, voilà ce que l'auteur américain Corey Robin dans La peur: histoire d'une idée politique tente de démontrer. Un citoyen reporter d'Agoravox nous fait partager de façon synthétique cette analyse d'un fait de société.
Battez retraites!
Les retraites s'annoncent comme le dossier brûlant du premier semestre 2008. Si François Fillon (déjà!) avait mis en place en 2003 un plan retraite, Marianne.fr nous démontre que les deux axes principaux de celui-ci, emploi des sénior et prise en compte de la pénibilité du travail, ne sont pas respectés faute de mesures allant dans ce sens. Cette carrence du plan Fillon pourrait mener le gouvernement à décréter le passage à 41 annuités par voie réglementaire.
Au milieu de tout
Enfin, sur Backchich info nous pouvons entendre les analyses centristes dans toutes leurs diversités.
Elbe
17:30 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, bruni, changement, scientologie, retraite, presse, centre
28.03.2008
Du tag au tag

Nous y voilà, ça devait arriver et c'est tant mieux! Le virtuel gagnant du terrain dans la réalité, il n'est pas étonnant qu'une face de la (grandemagnifiqueénormissimegénialementcréative ndlr) culture hip-hop investisse la toile du web pour marquer son territoire: le tag. Nous en avons déjà parlé il y a quelques temps mais dans le cas présent nous avons à faire à une démarche plus proche de l'acte originel. La bombe devient clavier et, en l'occurence, le taggueur J-Mark ,militant d'Internet libre et breton allemand (important pour saisir l'envergure du personnage), a pris l'initiative de tagguer les yeux interdits. Tagguer signifie demander à un autre bloggueur de faire une liste autour d'un thème qui, à son tour, délèguera son tag à d'autres bloggueurs. Pour moi, la tag consiste a répertorier six tics et manies
( à noter que toutes manies qui seraient juridiquement condamnables ne seront pas citées)
Manie Number 1:
- Un tiers de mes phrases débute sur un "en vrai" trace d'une culpabilité inconsciente sans doute (mais je le répète ce n'est pas moi qui ai volé les pogs de Kévin en CE2)
Manie Number 2:
- Le "touche du noir" qui survient à chaque heure double (08h08,09h09 etc.) déformation familiale d'une légende enfantine dans laquelle on m'expliqua qu'à chaque heure double si je touchais du noir on penserait à moi. Du coup, à force d'en parler, des gens pensent à moi grâce à mon TOC quand il y a une heure double... l'oeuf ou la poule en résumé.
Manie number 3:
- Le rituel du "Gimme" réservé à Bounette. Il peut survenir à tout moment, en tout lieu. Il monte en moi et je prononce "Gimme the Who!", bounette me répond avec enthousiasme (et aucun desespoir non!) "Who!", puis j'enchaine sur un "Gimme the "A" [prononcer "ai"], bounette de répliquer "A" avant que je j'enclenche le cri final "Gimme the Who-A" que bounette parachève de sa voix si merveilleuse par un beau "Who-A". Toi aussi devient une rock star avec la méthode du "Gimme" libre de droit. (Attention: votre interlocuteur doit impérativement répéter avec votre ton sinon il risque de désacraliser le rituel)
Manie number 4:
- Je ne sais pas manger sans séparer mes aliments viande puis légume mais jamais ensemble même si c'est dans l'assiette... On me répond souvent "ca se mélange dans ton estomac" mais j'aimerais dire qu'une histoire d'amour, aussi belle soit elle, commence par une rencontre ce qui sous entend que les âmes furent, le temps d'un moment, séparées bah c'est pareil pour ma nourriture: d'abord chacun de son côté , puis dans l'intimté stomacale ils se rencontrent, le reste ne me regarde pas!
Manie number 5 [en phase de rééducation]:
- Ne pas écrire sur la page de gauche, il n'y pas de raison particulière en tout cas consciente. De manière inconsciente je pense que c'est un message voulant dire qu'il faut écrire l'histoire de la gauche alors qu'à droite on peut bien la raturer (hein!). A noter que face au défi écologique, au pouvoir d'achat et sur le bon conseil de J-Mark je recommence à teinter la page de gauche...
Manie number 6:
- Penser à bounette... mais c'est plus un mode de vie qu'une manie ça. [Interdiction de me prendre cette manie!]
ah, au tour des yeux de caresser d'un tag des compères de toile, ceux qui ont l'honneur d'être couvert de la peinture azerty sont:
Laëtitia, Pitchounette, Bounette et le petit Nicolas (actuellement en stage intensif de "je ne suis pas qu'un bof à Rolex")
Elbe
( source de l'image: finistère tourisme)
18:20 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarko, tag, 2008
25.03.2008
J.O. ou j’y vais pas ?

Le 13 juillet 2001 le Comité International Olympique (CIO) attribuait les Jeux olympiques d’été 2008 à la Chine. Ce fut alors un grand nombre d’interrogations qui investirent les milieux sportifs et politiques se demandant l’impact qu’aurait une telle manifestation sur la Chine mais également sur le monde.
Attribuer les olympiades à la Chine pouvait être vu comme un pari pour la démocratie reposant sur l’espoir d’une ouverture inévitable de ce pays pour accueillir athlètes, journalistes, organisations et politiques de tous pays. Cette désignation pouvait également être interprétée comme la conquête d’un marché économique au potentiel sans pareil sur la planète pour le marché du sport. Effectivement, quel domaine mercantile pourrait se priver d’une réserve d’approximativement un milliard de consommateurs ? Économique ? Sportif ? toujours est-il que la question demeure problématique aux regards du traitement de la presse, de la population, de la politique africaine ou encore de l’oppression du Tibet exercés par la pouvoir communiste Chinois. Les instances internationales, à quelques mois de l’allumage de la flamme olympique en terre Pékinoise, réactivent l’hypothèse d’un boycott de la manifestation. Une telle éventualité nourrit désormais les débats médiatiques, familiaux ou encore politique. Tentons de voir les tenants et les aboutissants de cette réflexion en elle-même sportive.
Dès la désignation de Pékin, des voix du milieu du sport se sont levées pour exprimer les craintes et les réticences qu’elles auraient à jouter dans l’arène du sport pendant que le pouvoir chinois capitaliserait sur ces exploits plein de sueur. La dimension hautaine des cercles politiques et institutionnels ont bien entendu très peu relayé ces revendications émanant pourtant du cercle des premiers concernés. Puis, le monde a commencé, continué, à s’intéresser à ce pays présenté comme futur acteur majeur des relations internationales et les affronts aux droits de l’Homme constatés ont nourri l’idée de boycotter les olympiades afin de marquer la protestation de la communauté internationale, toujours délicate à identifier, au régime chinois. « Des droits de l’Homme pas de jeux olympiques » s’écria le dimanche 23 mars 2008 un militant pour le Tibet, il verra les compétitions des idoles de muscles au fond de sa geôle pendant cinq années.
L’histoire des J.O. connut quelques boycotts en temps de guerre froide comme à Moscou (1980) ou à Los Angeles (1984). Des décisions rattachées au contexte politique de l’affrontement des deux blocs et notamment de l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS. Si un tel acte avait fait du bruit dans le monde politique et sportif, les effets ne furent pas forcément ceux escomptés et renforça, dans une certaine mesure, l’opposition bipolaire. Toutefois, la relation politique et olympisme ne se limite pas à ces démonstrations d’envergure. En 1936, au milieu de la sordide démonstration du nazisme , il y eut Jesse Owens qui arracha quatre médailles d’or et qui finit dans les bras de son adversaire allemand Lutz Long en plein cœur de l’avènement de l’Allemagne Hitlérienne. Quelques années plus tard, le testament du sportif allemand portera quelques mots pour l’athlète américain : «Après la guerre, vas en Allemagne, retrouve mon fils et parles-lui de son père. Parles-lui de l’époque où la guerre ne nous séparait pas et dis-lui que les choses peuvent être différentes entre les hommes...Ton frère. Lutz». Preuve que l’humain peut parfois faire triompher les valeurs que toute une organisation finement menée rêve de cacher. On se souviendra également de ces points levés de Tommie Smith et de Mexico 1968 autre contradiction apportée aux hommes et aux femmes reléguant le sportif à un être aseptisé comptant ses pointes et ses mètres sans jamais se poser en penseur sans doute en raison d’une incompatibilité présumée entre short et réflexion.
Boycotter Pékin 2008 aurait-il un impact sur la politique chinoise décriée actuellement ? Si un acte de boycott fera, sans nul doute, beaucoup parler dans les pays occidentaux, l’impact médiatique à l’intérieur même de la Chine risque d’être plus mesuré voire inexistant. Il nous suffit de voir le silence entourant les « débordements » qui ont émaillés la célébration de l’allumage de la flamme le dimanche 23 mars 2008 dans les médias chinois. Parler de Boycott c’est également parler d’une décision politique qui n’aurait de réel effet que si l’ensemble des grandes puissances mondiales, économiques mais également sportives, décident de concert ce boycott. Effectivement, si seule la France et l’Angleterre décident de ne pas participer aux olympiades de 2008, l’absence ne sera sans doute pas développée dans les journaux pékinois et le boycott passera par les voix du silence. Dans un tel contexte de maîtrise des moyens de communication, d’Internet aux journaux en passant par les télévisions, par le pouvoir chinois ne risquerions nous pas de tomber dans une manifestation entre bonnes consciences occidentales pendant que le gouvernement chinois récolte le prestige et la fierté populaire des jeux olympiques ? De plus, au moment où la société civile commence à s’organiser, de façon embryonnaire certes, un boycott pourrait être perçu comme une arrogance venue de l’occident et servirait plus l’union nationale derrière le gouvernement que l’émergence d’une réelle démocratie et liberté d’expression.
Pékin 2008 c’est l’occasion de découvrir un pays, une culture et une organisation encore méconnue par l’opinion publique. Pendant environ un mois, des journalistes du monde entier pourront aller sur ces terres pour tenter de comprendre et de saisir les pensées du peuple chinois, d’aller à la rencontre des activistes de la liberté et aussi, pourquoi pas, d’établir des liens avec cette population. Il va de soit que si un boycott peut entraîner des effets pervers, le travail des journalistes et autres sphères qui seront mener à intervenir doit bénéficier de la liberté de circulation et d’expression afin que ce soit une réalité qui soit retransmise et non celle du gouvernement chinois. En effet, depuis quelques mois ce dernier élabore la mise en place d’une ville fidèle à l’image que les occidentaux s’en font que ce soit au niveau architectural comme sociétal. Ainsi, rapporter des faits, établir des liens avec la population se doit d’être lié aux droits fondamentaux de l’Homme afin que chacun des acteurs qui aura à se confronter aux structures chinoises puisse bénéficier de l’assurance de pouvoir agir dans le sens de la réalité et de ne pas être contraint à devenir des complices à leur insu d’une démonstration de force.
Pékin 2008 donne rendez-vous au sport mais également aux défenseurs de la liberté du monde entier. Le réveil tardif des appelants au boycott, le silence des politiques de tous pays face aux dérives de la politique chinoise font que les mois précédents les J.O. sont perturbés et agitent, à juste titre, les questions autour de la participation à ces olympiades qui peuvent devenir symboles d’une puissance chinoise ou bien d’une puissance civile en éveil. Toujours est-il que c’est au peuple chinois de pousser les murs de l’oppression pour garder son destin en main. La communauté internationale, elle, ne peut que se présenter du côté de cette société civile, se battre pour les libertés mais n’a pas le droit de faire la révolution pour les autres qui pourrait avoir, comme effet néfaste, de détruire plutôt que de construire une réelle démocratie tirant sa légitimité du peuple. Espérons que drapeaux tibétains et droits de l’Homme feront une percée dans la Chine durant ses Jeux Olympiques mais aussi plus tard. Ce plus tard est dans les mains de la politique et se jouera au-delà d’une foulée, après les olympiades. Un bruit accompagne le Dalaï Lama et les opprimés de Chine, espérons que la flamme ne s’éteindra pas avec les prémices d’une liberté. L’oubli après la sueur serait sans doute le plus dangereux boycott du peuple chinois.
Elbe
(source de l'image: www.myfreesport.fr)
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15:39 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jo, 2008, boycott, jesse, owens, lutz, long
24.03.2008
Je suis un quatre vingt sizard…

Alors que flonflons, serpentins hués et controverses accompagnent la célébration du quarantenaire de Mai 68, voici le cri d’un simple quatre vingt sizard vivant dans l’ombre des soixante-huitards.
C’est en 86 que je vis le jour entre la main de Dieu et la venue du pape sur les terres de Lugdunum. Mes premiers pas furent bercés pars les premiers cris du hip-hop, mes yeux se sont écarquillés devant les mangas du club Dorothée, la game boy devint mon Graal alors que Basile Boli caressait le cuir et donnait des vocations, plus ou moins brèves, a des milliers de petits quatre vingt-sizard comme moi. En fin de compte, ma génération fut comme celles qui nous précédèrent et celles qui nous suivront, c’est à dire lancée à la découverte du progrès et de l’avenir ringardisant les premiers pas de ses ancêtres qui ont, désormais, une teinte sépia. Pourtant nous aurions du le savoir, c’était inscrit. Nous qui avons flirté tant d’années durant avec le verlan nous sommes passés à côté du signe… 86 devenant 68. A cette vue nous aurions su que notre avenir était resté bloqué aux révolutions de nos parents.
Mai 1968 a quarante ans. Grand bien lui fasse. Quarante années c’est ce qui sépare un néo-travailleur de l’heure de la retraite, c’est au-delà de deux majorités et pourtant ce grand gaillard continue à draguer nos télés et nos journaux comme une star éternellement sur le retour mais rarement sur le départ. Il est vrai que cette célébrité a le droit de revendiquer une place dans nos mémoires. Que ce soit pour le dom juan moderne qui peut aujourd’hui se glisser dans le dortoir des filles sans avoir l’impression d’être un voyageur clandestin aux pays des rêves, ou pour la femme militante qui peut enfin crier ses pensées sans qu’on ne la renvoie en cueillir, des pansées, Mai 68 fut le coup pied au derrière des conservatismes et une belle accolade aux libertés. Pourtant mon âme de quatre vingt sizard est partagée entre reconnaissance et lassitude.
Ces derniers jours PPDA, Elkabach, Durand, Field et autres journalistes en tout genre refont les barricades. Bon évidemment, si Mai 68 a vieilli imaginez bien que ses prétendants ont, eux aussi, tâtonné avec le temps. Désormais les pavés sont des mots et les barricades des plateaux télé où le maquillage révolutionnaire fut remplacé par le fond de teint afin que partisans et opposants ne brillent pas trop devant l’œil courtisé de la caméra. Qu’il est drôle d’observer les en cravatés d’aujourd’hui se souvenir des incartades d’hier. Nos parents coincés dans le sofa sont plongés dans les yeux de Dany le rouge qui s’est un peu verdi voire orangé ou bien dans ceux de Balkany évoquant son passé de CRS anti- soixante-huitard. Ah, il faut les voir nos anciens revivre ses combats de jeunesse où tout était permis et où aucun mioche ne venait tirer sur leur pantalon pour aller préparer à manger. Ça fait quarante ans et pourtant leur souvenir ont, eux, été épargné par les rides. Nous, simples jeunes, regardons, tentons de comprendre et surtout comptons les points. Après tout, la nostalgie est une délicate mélodie même si elle est parfois passionnelle, tant que celle-ci ne met pas de l’ombre aux heures futures qui seront, elles aussi un jour, nostalgie.
Pourtant, les jours avançant Mai 68 semble conditionner encore et toujours le présent puis l’avenir d’une petite génération qui ne connaît pas la crise. Quand au moment de poser mon premier bulletin présidentiel dans les urnes de la république j’entendis un homme exhorter la foule à saisir l’héritage de Mai 68 pour le liquider, mon sang ne fit qu’un tour. Je me remémorra mes cours d’arithmétique 68 se trouvant avant 86 et le Littré rappelant que l’héritage est ce qui descend de quelqu’un ou de quelque chose, 86 serait l’héritage de 68, donc je serais le fruit de cet héritage donc il faudrait me liquider, puis je me souvins, rassuré, que j’étais aussi l’héritier de 67,69[…]81[…]85 et je pus respirer en espérant passer incognito derrière la boucle d’un neuf ou la barre d’un un, mais tout de même. Quelle drôle façon de faire que d’appeler les électeurs au vote et de demander parallèlement leur exécution.
Qu’est ce qui les attire tant dans ce fameux Mai 68 ? En parcourant mes livres d’histoire j’y vis le cadavre de Martin Luther King, les pas de l’oppression de Prague, les 1 100 victimes du tremblement de terre Iranien et compris que le romantisme ne fus pas seulement de la partie en 1968. Malgré tout ce Mai 68 fait toujours brunir les tempes grisâtres des anciens, refleurir leur regard devenu plein de routine et ravive leurs envies politiques d’ados, estompées certes mais pas forcément oubliées. Mai 68 c’est leurs heures de plaisir, d’engagement, de frétillement républicain. Leurs premiers coups de poing à valeur politique, leurs premiers affrontements avec les forces de l’ordre. Mai 68 c’est leur première fois en somme et comme de nombreuses premières fois, elle fut brève mais reste encore encrée dans un coin de leur tête.
Je suis un quatre vingt-sizard et observe les joutes verbales télévisées d’aujourd’hui avec amusements et craintes. Amusement car les romantiques et les perdants savent cultiver le verbe et poursuivent leurs querelles comme s’ils ne s’étaient pas quitter depuis le dernier jet de pavé. Mai 68 devient alors le vieil ami critiqué de la famille. Certains le regardent du coin de l’œil lui reprochant d’avoir une mauvaise influence, d’autres le flattent, le caressent et l’admirent pour son excentricité et enfin la grande majorité parle de lui sans ne l’avoir jamais trop côtoyer. Et moi, comme tout enfant retranché dans sa chambre pendant que les grands sont avec la vieille connaissance, je m’amuse de ces jeux de rôles.
Craintes face à la prédominance actuelle de ces anciens combats. Le temps paraît s’être arrêté, notre génération encore fébrile est montrée du doigt comme étant des pavés échappés des luttes parentales. Nous ne serions que le fruit de 30 jours et quelques poussières idéologiques. Réduit à un si court lapse de temps c’est douloureux, avouons-le. Nous, enfants de 1980, avons le droit seulement à un arbuste généalogique où les seuls fruits à grignoter seraient infects ou porteurs de l’âme de Belzébuth. Il paraît que 1968 a tué l’autorité. Peut être… sûrement même. Comment un père ou bien une mère peut représenter une figure d’autorité, de sérieux et de responsabilité quand ces mêmes minois ont été exhibés sur des photos jaunies parés de cheveux longs, de rires béats et auréolés de slogans libertaires. Imaginez la scène
« - Gaston, met ton pull à l’endroit et fais ta jolie raie au milieu
- Non, moi aussi je veux être les cheveux sales et le pantalon troué comme papa »
Forcément ça vous casse une réputation. Mai 68 n’a pas tué l’autorité, Konica si.
Je suis un quatre vingt-sizard et désire que mai 68 vive encore mais peut être de façon moins exclusive. Nous aussi voulons porter notre avenir, faire nos barricades, défendre nos libertés, chanter des slogans extrêmes que nous regretterons peut être un jour, se construire des albums de souvenir que nous regarderons avec nos enfants moqueurs voire dépités, être pris pour des petits arrogants aux revendications irréalistes par ces adultes qui ont rangé leurs rêves au côté de leurs projets. Pour certains nous sommes peut être un simple héritage que nous pourrions comprendre à la seule lecture des testaments rangés dans les livres souvenirs qui emplissent les rayons des libraires depuis quelques semaines, hélas pour l’analyse facile il en est tout autre.
Nous sommes une nouvelle génération qui ne connaît mai 68 que par les voix aux nez pincés des journalistes d’antan, par l’évocation émue de nos profs d’histoire, par les contes de ces pages que nous lisons avec intérêt et par tant de relais de mémoires essentiels à la survie de l’Histoire. Nous sommes une génération qui sait également tirer des leçons et qui a compris que jouir sans entrave se fait avec un préservatif, qu’il est interdit d’interdire mais que rien n’empêche de réfléchir et qui a fait tant d’autres adaptations des idéaux de nos ancêtres à cette époque qui est la nôtre car nous savons que l’idéal est toujours à construire.
A tous ces pères, toutes ces mères, tous ces vieux oncles, tous ces spécialistes voyant en nous le rejet de leur manifestation j’aimerais leur dire que nos pas vont dans le sens de l’avenir, que ceux-ci souhaiteraient eux-aussi pouvoir faire des erreurs sans que vous ne vous croyiez, par narcissisme ou inquiétude, les responsables de ces égarements. Non, je suis un de ces quatre vingt-sizard qui vivent aujourd’hui avec des rêves futurs dans une société que nous ferons avec nos révolutions ou encore nos résolutions, pas sans vous… ni sans nous.
Merci à Dany et à ses compagnons pour les avancées conquises au cœur du printemps de soixante-huit, à présent c’est à nous. Il y a quelques années NTM nous susurrait « le monde de demain nous appartient »… ce monde de demain c’est aujourd’hui. Bienvenue en 2008, vous accepterez bien un petit tour du propriétaire ?
Elbe
PS : Savez-vous qui est née en décembre 1968, héritière directe de ce mois de mai ? Une certaine Carla B aujourd’hui acoquinée à son pourfendeur, comme quoi il n’y a pas que dans les Disney que l’amour réconcilie les paradoxes, même si celui-ci ne fut pas très loin.
(Source de l'image: www.casafree.com)
Article publié également sur agoravox.fr et repris sur Voila.fr catégorie opinion
20:36 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : mai, 68, 86, 2008, sarkozy
13.03.2008
United colors of Municipales
Orange au désespoir
L’Homme politique est un peintre. Depuis dimanche, les leçons artistiques s’enchaînent dans la lucarne, le poste ou les journaux. Tout serait une histoire de couleurs, de nuances et de combinaisons. Tentons d’analyser les teintes restantes sur la palette démocratique.
Sur la partie gauche nous avons un dégradé progressif du rouge au rosé voire légèrement orangé. L’artiste est partagé entre plusieurs conceptions graphiques. Soit il privilégie le percutant, le tape à l’œil afin de mettre en avant les tourments de son âme en appuyant le rouge, soit il envisage une nuance du cri en mêlant ce rouge fougueux à un rose encore un peu pâle et dispersé mais donnant au coup de pinceau une once nostalgique rappelant les fondamentaux de ce courant. Une troisième voie, plus affiliée à l’art moderne, semble également faire son chemin dans le cortex pictural. Celui-ci privilégierait une fusion rosée et orangée pour offrir une dimension plus moderne et nuancée aux choix précédents.
L’orange est une question qui perturbe les teneurs du pinceau démocratique. Pour saisir les subtilités qu’impliquent ce choix nous serons tenter d’extrapoler. L’orange est aussi un fruit. Jusque là, la révélation demeure limitée mais faisons un détour par les logiques maraîchères et poétiques afin de mieux cerner les logiques de la vague orange. Souvenez-vous d’un repas de famille. Imaginez-vous à la gustative étape du dessert quand votre petit cousin prend l’hasardeuse initiative de vouloir presser son orange pour en faire du jus. Enthousiasmé par cette alchimie enfantine il presse son fruit et à la joie, certes mesurée, de la petite famille toutes les convives ont le droit de goûter aux projections fruitières. L’orange c’est comme ça, elle ne peut rester à une seule personne, elle est obligée de se coller à l’entourage comme un impérialisme ayant peur de tomber dans la solitude et au fond d’un verre. Cette conception, le peintre la connaît et sait qu’il faut mélanger l’orange pour lui offrir une existence malgré les convictions de cette dernière qui se voit comme reine, car l’artiste n’ignore pas qu’une reine sans royaume est un fruit sans arbre : il donne envie mais le cueilleur se méfiera de cet isolationnisme. Une fois cette caractéristique définie, le teinturier de la toile politique a la lourde tâche de trouver la couleur légitime du mélange. Si par audace il serait tenté de caresser les roses courbes situées sur la gauche de la palette, la réalité poétique est parfois bien plus stoïque. Qui a oublié les vers d’Eluard déclamant que « la terre est bleue comme une orange » et qui peut contester ce lien des mots dressé par la plume de l’immortalité poétique. Le peintre prendra peut être le risque de rosir l’orange mais au fond de ce mélange règnera toujours une molécule bleutée évadée dans le jeu de gamme picturale.
Bleu, de ce côté il y a moins de divergences. Le maître peintre a récemment réuni les foncés et les clairs pour les faire glisser en ordre derrière le pinceau autoritaire et parfois illusionniste. Il est vrai que parfois la droite de la palette s’agite, se disperse et s’éclate mais face aux amours colorés des autres foyers ,ces gammes bleutées se retrouvent pour que la toile n’ait pas les joues trop rosée et ne manque pas de quelques bleus à l’âme. Aux dernières nouvelles le maître peintre se ferait un sang d’encre.
Au bord de la droite règne le noir. Il est triste et amaigri. Autour de lui, des pas de fuite sont inscrits, ils vont tous vers l’arène bleue. Autrefois, le rouge et le bleu se retrouvait chez le noir mais aujourd’hui chacun fait sa popote et le noir est seul à compter sa rancœur et ruminer ses anciennes lunes, à croire que le peintre voit le noir d’un mauvais œil.
L’Homme politique est un peintre. Il peut écouter d'une oreille comme Van Gogh, tirer des ficelles aussi grosses qu’un Botéro, organiser l’alliance difforme avec l’habileté d’un Picasso ou bien être un peu fou et novateur comme Keith Haring. Tout est dans la couleur et le mélange, la forme et le message et vous savez les goûts et les couleurs… dimanche les peintres exposent, alors si vous avez raté le vernissage de la semaine dernière n’hésitez pas à faire un tour du côté de la palette, le musée politique n’étant rien sans ses spectateurs.
ELBE
Article publié également sur Agoravox.fr et repris sur voilà.fr catégorie opinion
(source de l'image: http://stationgourmande.canalblog.com)
13:52 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : municipale, couleur rouge, orange, bleue
07.03.2008
Nous n'irons plus au paradis

Voilà deux années qu'Anaïs, âgée de 13 ans, porte le deuil de sa mère. Une adolescence tout juste entamée et une peine déjà déclamée l'ont amenée le 22 février à écrire une lettre. Lettre à sa mère, symbolique certainement mais pleine de l'amour et du manque que peut ressentir ce petit bout de femme. De ses mains juvéniles elle inscrivit, sur la face de l'enveloppe, une adresse aussi poétique que naïve « rue du Paradis au Ciel ». Puis elle envoya la missive sans même la timbrer, après tout les mots de l'âme méritent-ils une taxe?
Les heures et les jours s'écoulent, pourtant la lettre revient. Ce fut comme un cri de désespoir qui ne recevrait en retour qu'un écho interminable rendant impossible le passage de la douleur au souvenir. Heureusement, La Poste ne laissant jamais un vague à l'âme sans explication a tenu à justifier le retour de la lettre aimée en ces termes :
Cette désillusion sera taxée 1,35€, sans doute pour raison de dépression durable. Là où l'âme enfantine voulait commémorer la mémoire de cette mère perdue, la réalité est venue lui souffler au coeur l'espoir du repos serein de sa maman. Les logiques de l'administration sont immuables, les larmes de la petite fille également. Peut être qu'un jour la Générale des eaux viendra déposer au pied de nos portes les bouteilles à la mer lancées par nos aïeux un soir de mélancolie ou de fêtes trop arrosées.
Deux monde s'affrontent, celui du réel et de l'imaginaire. La petite fille depuis ce jour le sait, en 2008 la belle au bois dormant ne devra pas oublier de communiquer son digicode à ses prétendants avant de s'endormir si elle veut pouvoir être réveillée par le baiser d'un chevalier ténébreux..mais pas serrurier.
Elbe
(Source de l'information initiale: Le journal de Saône et Loire)
(Crédit de l'image: http://rock6070.com/bebeblogue)
17:43 Publié dans Notre époque | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paradis, poste, déces, déception, 2008, générale des eaux













