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08.01.2008

Vers un remake à l’américaine?



      Il y a outre atlantique comme un air de Gaulle. Un air que nous avons humé pendant deux années d’agitations électorales, de meeting et de polémiques. Oui, c’est au tour de l’oncle Sam de se frotter au jeu démocratique et d’élire son nouveau chef de l’exécutif. Au-delà de ce calendrier électoral, la conjoncture dans laquelle les États-Unis se trouvent rappelle furieusement notre petit hexagone quelques mois avant la France d’après.

      Nous aussi, il y a à présent un peu plus de 6 mois nous avons assisté à un changement de taille : celui de la fin de la Chiraquie. Après une trentaine d’années d’activité politique et deux mandats présidentiels, Jacques Chirac à l’âge de 75 ans a décidé de laisser sa place à une nouvelle génération, de force ou de grès libre à chacun d’interpréter cette décision. Prenons à présent notre envol direction le nouveau continent pour observer le contexte dans lequel a lieu cette élection. Contrairement à la constitution française, les États-Unis imposent une limitation de deux mandats au président de la république, fait qui pousse Georges W Bush vers la porte de sortie et donc entraîne inévitablement la mise en exergue de nouveaux prétendants à la maison blanche. Une nouvelle donne, de nouveaux visages et un changement de génération plus ou moins imposé, voilà le premier point commun entre la France de 2007 et la première puissance mondiale de 2008.

      Cependant, qui dit « nouvelle génération » ne dit pas forcément une prise de distance inévitable avec les prédécesseurs. Pourtant, 2008 risque d’être le théâtre de la mise à mal de la politique de l’administration Bush par les démocrates, chose attendue dans un jeu démocratique d’autant plus dans le cadre d’un bipartisme, mais également par les républicains eux même. En effet, si ces derniers restent nombreux en terre américaine, de moins en moins d’électeurs revendiquent leur affection pour le président sortant. Un désaveu évidemment provoqué par l’enlisement et les pertes qui touchent les troupes américaines en Irak. Un échec qui vient accompagner la défaillance du jeu diplomatique américain qui se trouve, en cette fin de décennie, face à ses limites comme l’assassinat de Benhazir Bhutto est venu en témoigner encore récemment. Certes, sur les thèmes intérieurs, il est peu probable que la droite conservatrice américaine fustige ouvertement la politique de l’administration en place mais la volonté de se démarquer de l’image peu flatteuse de Bush fils sera sans doute un levier de la campagne à venir. Nous retrouvons donc ce mot, cette posture stratégique qui a symbolisé le programme du candidat français devenu président : la sacro-sainte rupture.

     La troisième ressemblance franco-étasunienne présente dans ce scrutin est la composition des prétendants démocrates et le déroulement du processus de sélection de ceux-ci. Dans la composition, la ressemblance qui nous saute aux yeux est la présence d’Hillary Clinton, une femme mariée à un homme politique, avec qui elle a connu des problèmes de mœurs et qui après un mandat fédéral s’attaque à la prise de la maison blanche. Il faut avouer que les similitudes avec Ségolène Royal sont assez troublantes et apporte de l’eau à notre moulin. Le second postulant est à priori plus éloigné de la proposition que l’opposition française a pu faire durant le scrutin de 2007. En effet, Barak Obama d’origine étrangère et jeune homme politique ne trouve pas, sur ces caractéristiques de comparaison, un pendant français. Pourtant, en nous intéressant aux débats et aux critiques qui ont traversés les primaires, bientôt reléguées au rayon de l’histoire politique, nous pouvons retrouver les registres de l’incompétence politique et du manque d’expérience qui avaient également été avancés durant les primaires socialistes au sujet de Ségolène Royal. Si en France Ségolène Royal s’est très vite imposée comme candidate du parti socialiste, la concurrence au sein des démocrates américains ne doit pas cacher les similitudes en terme de parcours ou bien de traitement médiatique entre les protagonistes étasuniens et la leader socialiste.

      Un Georges Bush critiqué et partant, un parti républicain sortant mais adoptant une posture d’un nouveau projet de société, une candidate expérimentée qui brigue la plus haute fonction et un homme politique quadragénaire critiqué sur le thème de l’incompétence, font du voyage électoral en terre américaine un troublant retour sur une année politique hexagonale fortement chargée. Comme si en ce début d’année nous étions restés dans les rétrospectives qui jalonnent le mois de décembre, rétrospective qui cette fois se ferait avec un accent du Texas, de la Californie ou du New Jersey. 2007 a longtemps été présentée comme « l’élection imperdable » pour le parti socialiste français notamment en raison du contexte de renouvellement politique. Souvenons nous que fin 2006 , début 2007 Ségolène Royal était présentée par les médias comme la grande prétendante à l’Élysée avant que les arguments d’incompétence, avancés en premier lieu par les socialistes eux-même, viennent sceller le destin présidentiel de la dame du Poitou pour au moins cinq années.

     A l’heure qu’il est, il est très difficile de définir les probables  candidats à la fonction suprême si Barack Obama semble se détacher  dans le camps démocrate Madame Clinton demeure dans la posture qu'était celle de son mari avant la première élection celle d'outsider, tout aussi difficile est de donner le nom du  gagnant de la lutte républicaine entre  John Mc Cain, Huckabee, Mitt Romney ou encore Giuliani. Si nos télévisions françaises, peu objectives quand il s’agit de parler d’élections outre-atlantique, présentent déjà la nouvelle coqueluche démocrate comme le futur interlocuteur de la planète monde, il est bon de se souvenir de ce passé récent et sans même transposer le modèle français sur l’élection américaine, il nous suffira simplement de nous remémorer cette vérité commune à toutes les démocraties : une campagne électorale demeure longue et imprévisible…


Elbe

Commentaires

C'est une vision un peu exagérée quand même: à force de vouloir voir le loup on finit par entrapercevoir son ombre ;°)
Disons que dans les deux cas une classe de politicien qui se veut "nouvelle" arrive au pouvoir. Mais bon, on se rend vite compte que "ancien" et "nouveau" c'est kif-kif ^_^.
Une intéressante étude quand même.

Ecrit par : j-mark | 14.01.2008

C'est vrai que c'est exagéré c'est fait pour ;-) C'était juste pour dire qu'au moment où toutes les télés disaient ca y'est obama est président, limite l'annonce d'un second mandat, on avait un peu oublié qu'en france on s'est emballé sur royal prédit la fin de sarko vu bayrou champion et finalment bah c'était ce qui était prévu ;-)

Ecrit par : elbe | 14.01.2008

ouep, moi je sens bien les républicains préparer un ptit coup fumeux, du genre explosion du parlement, pour se faire élire.
Ces bête là dès qu'elle sont au sol, faut être magnanime et les achever ou alors se carapater très vite... ^_^

Ecrit par : j-mark | 15.01.2008

Espérons que la leçon sera entendue ;-) évidemment ton adresse est immédiatement transmise au FBI.

Ecrit par : elbe | 15.01.2008

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