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30.06.2007

Jeux d'enfant...

Sur le goudron fondant se gravent des traces
Le soleil au zénith font que les pas s’amassent
Petites tailles, sous-marques inscrites sous la semelle
On reconnaît l’enfance et sa fougue éternelle

Vu de l’étage, les bambins se partagent le terrain
Deux équipes inégales se serrent la main
On entend les rires et les cris de joie
Ca chambre, ça moque, ça donne de la voix

Ambiance joviale empruntée d’innocence
Certains ont les genoux proche de l’incandescence
Résultat d’un flirt poussé avec le bitume
Peu importe les gamins passe outre l’amertume

L‘amour de cette sphère de cuir
Capable de faire pleurer comme rire
La passion du but comme trait d’union
Petits mais déjà poussé par de fortes sensations

Sur le terrain pas de mise à l’écart
L’intello méprisé d’un crochet devient la star
Le mauvais garçon change de parade
Pendant que le réservé fête sa célébration autour du stade

Sur la touche les plus petits guettent l’appel des grands
Eux aussi veulent toucher l’objet de tous leurs sentiments
Les vœux des aînés sont les rêves des petits frères
Chacun d’entre eux veulent fouler ce terrain de pierre

Loin des ola des légendes télévisuelles
Chacun y va de son fantasme personnel
Du passage du bonnet d’âne au numéro de Zidane
D’aucun s’imagine être un éternel profane

C’est en bas de l’immeuble dans l’ignorance des dieux
Là où se construise le rêve des grands cieux
Que les coups francs et les penaltys créent les espoirs
Certains toucheront le but d’autres changeront d’histoires

Ambiance sauvage, sans règle définie
C’est l’innocence que le jeu privilégie
Déçus ou satisfaits de demain
Courent après le même ballon se moquant bien des destins

Absence avérée d’un quelconque calcul d’ambition
Chaque dribble décline une ode à la passion
Sans les ovations d’une foule hystérique
Le but du débutant restera son moment unique

Seule la nuit avançant gâchera la fête
Au moment ou les étoiles viendront
Certains subiront l’amicale défaite
Promettant la revanche sur ce même goudron

Puis les années passeront inlassablement
Les joueurs de rêves s’en iront sûrement
Laissant leur place à des rêveurs enchantés
Qui à leur tour joueront aux âmes désenchantée…


ELBE
                                                                                                  A ces heures perdues...

Témoin clandestin

Tout de bleu vêtu, les yeux légèrement cernés en témoignage d’un réveil moins tardif qu’à l’accoutumé, je suis à présent disposé à prendre mes quartiers dans ce que nombreux appellent un « job d’été ». Ce matin j’ai rendez-vous dans ce lieu froidement appelé hôpital gériatrique, là où des anciens pousseront leurs derniers soupirs, où des vieillards constateront la douloureuse fugue de leur jeunesse parfois accompagnée par leurs souvenirs, où la petite fille croit encore et toujours en la cure de jouvence pour sa grand-mère, où le fils borde son père dans un étrange renversement des rôles. J’ai rendez-vous dans l’enceinte de la fin de vie, là où les histoires s’achèvent ou bien s’affaiblissent emmenant avec elles le témoignage des veilles de notre société. C’est ici, qu’un mois durant, je ferais mon « job d’été » pendant que certains lutteront avec leur dernier été, symbole de la croisée des générations : alors que les jeunes adultes touchent leurs premiers travaux d’autres plus âgés entament leur travail le plus rude.

Ce cadre semble attirer toutes les lourdes émotions, de la tristesse aux espoirs déçus en passant par les angoisses parfois vaines, rien ne semble laisser croire que le sourire ne pourrait être, ne serait ce qu’un passager furtif, dans ces murs hospitaliers susceptibles d’êtres les dernières visions de corps usés et fatigués. Pourtant, il existe. Je l’ai aperçu l’an dernier lors de ma première expérience et je le sens encore ce matin à quelques secondes de prendre mes fonctions temporaires. Il est transporté par ces hommes et ces femmes pour certains techniciens de surfaces, manutentionnaires ou encore techniciens du corps qui font de la jovialité un carburant essentiel et salvateur pour substituer à ce contexte potentiellement lugubre un souffle de chaleur rassurant.

Ils sont des hommes et des femmes aux origines diverses, aux trajectoires parfois opposées ainsi qu’aux convictions nombreuses et variées mais ce sont avant tout des apôtres de l’humanisme et du goût de vivre. Oh, il existe sans doute parmi ces mains de l’hôpital des cœurs brisés et des âmes désespérées qui restent dans ces murs pour soutenir le coût de la vie, cependant ceux ci ne peuvent être qu’exception face à la délicate et difficile tâche qui leur est offerte et ce essentiellement pour le personnel soignant. A travers ces mots et les futurs à venir, je ne veux pas me livrer à un compte rendu nombriliste de mon expérience estivale, mais juste retranscrire une fresque de ce monde qui vit pendant qu’un autre mort. Une chronique de la société dans la société, là où les passions et les colères ont également leur place comme dans n’importe quel autre part. De mes yeux de passager (presque) clandestin, j’espère pouvoir être une sorte de témoin écrit de ce qu’est cette vie en dehors de nos bancs de facs ou d’écoles où pendant que nous conquérons nos connaissances futures d’autres essayent de conquérir la vie.

Je pousse la porte qui sépare encore mes vacances de mon travail d’étudiant. Fine et verte elle indique mon passage dans l’autre réalité qui m’a sans doute fuit pendant mon année scolaire vite installée dans la routine des livres et des exposés. L’impulsion mise sur la poignée est, en quelque sorte, le symbole de l’entrée dans la pratique et de la pause de la théorie étudiante. La pièce est grande, divisée en trois parties dont le bureau du patron. Ce dernier est absent pour raison de vacances au large. En attendant le retour de l’absent, c’est une direction collégiale qui est en place et menée par deux des employés : Aster et Rodolphe. A mon arrivée, c’est Aster qui m’accueille. De taille moyenne, au visage de boxeur avec notamment un léger strabisme, il respire la joie de vivre et la convivialité. Très vite, il me met à l’aise et m’explique mes tâches pour ma première journée. Déjà l’an dernier j’appréciais cette force tranquille pleine d’humilité qui se dégageait de cet homme, ce matin c’est cette même force qui m’assure une transition sereine dans le monde actif. Aster me mène dans la danse du travail d’un pas assuré et rassurant.

Aujourd’hui je ne travaillerais pas avec l’ensemble de l’équipe technique. En effet, comme la responsable du recrutement me l’avait dit la veille au téléphone, la pharmacie est en plein déménagement et ils ont besoin de bras pour porter le matériel dans la pièce de transition en attendant que le local actuel soit rénové. Avoir besoin de bras et faire appel à moi, c’est une ironie qui me plait et m’angoisse tout de même car depuis un an le seul poids que j’ai levé doit être celui de mon corps. Heureusement, très vite Aster va me faire visiter les lieux, présenter les pharmaciens et me montrer un peu les meubles et les caisses que je devrais transporter avec Rafik. Rafik, c’est mon collègue du jour. La quarantaine avancée, d’origine maghrébine, pas épais mais au visage plein de calme ne pouvant inspirer que la confiance. Je vous conterais dans un récit prochain l’histoire de cet Homme qui ne peut susciter que respect et une certaine forme d’admiration même chez le plus désabusé des observateurs de destins. Aster passe donc le relais à ce compagnon de déménagement.

Direction les sous-sol de l’hôpital, en compagnie du pharmacien principal et de Rafik. Nous longeons un long couloir, sombre et poussiéreux, sous le regard des vestiaires qui arborent chacun des côtés de ce chemin. Dans ces lieux, nous apercevons l’infirmier en retard qui court, chemise ouverte badge volant à l’air, contrastant avec l’aide soignante qui sort d’un service de nuit qui semble lui avoir usé le corps et l’esprit jusqu’à la moelle mais qui se démène pour franchir le seuil du vestiaire et redevenir une civile comme tant d’autre. Nous, plein de notre fraîcheur matinale encore intacte et inviolée par le travail, nous dirigeons vers une des caves de l’hôpital. A l’annonce de ce mot, un frisson me parcourt le dos. Je m’imagine déjà au milieu d’une cave poussiéreuse luttant face aux rats rêvant d’un petit déjeuner juvénile afin de combler leur frustration de s’être fait exclure par la troupe d’araignées qui a réquisitionné leur coin préféré de la cave, je m’imagine déjà en combattant moderne alors qu’à l’intérieur de moi mon ventre semble déjà lutter face à la faim… sans doute les réactions d’un organisme d’étudiant en adaptation.

La porte s’ouvre et que nenni. Un néon des plus ordinaires s’allume et recouvre l’ensemble d’une grande pièce au carrelage clair, certes poussiéreux aux angles, qui ressemble plus à un dépôt organisé qu’à cette cave fantasmée par mon imaginaire sans doute frappé des nombreux préjugés de jeunesse. Le pharmacien principal, silhouette fine à l’image de ces petites lunettes et cheveux blancs joignant dès lors le physique à la profession, nous désigne quatre meuble à transporter au local de transition. Parmi eux deux gros mastodontes gris nous défient déjà avec leurs grandes portes cachant derrières leur sobriété une future contrainte musculaire majeure pour Rafik et moi. Les victimes désignées, l’inquisiteur pharmacien nous laisse alors au centre de l’arène nous remerciant encore de les aider et gratifiant sa sortie du même petit sourire qui accompagne le visage de tout pharmacien au moment du départ d’un de ses médicaments dans le cabas d’une petite grand-mère. Ce petit bonhomme m’avait offert des premiers pas sereins dans ma mission étudiante, son visage de sagesse m’avait apaisé.

Une fois son départ entériné, Rafik jauge les meubles et semble établir différentes options pour transporter la marchandise. Une chose est sure, le compte des deux brutes d’acier devrait être prioritaires si j’en juge le toucher de mon collègue qui, plein de professionnalisme, paraît s’attarder avec insistance sur leur situation. De mon côté, intimidé par cette entrée en matière imminente je reste en retrait, balbutiant quelques gestes, quelques mots en prenant garde de ne pas interférer dans ses calculs stratégiques du futur voyage. J’observe la force de concentration de mon compagnon face à cette muraille de fer, et m’interroge sur la tâche qui nous est confiée. « Viens, on va au magasin » me lance Rafik. Autant le mot cave m’avait semblé approprié et la description s’était immédiatement enclenchée en moi, entraînant nombre les égarements qu’on sait, mais là le terme « magasin » me laissait perplexe. Bien que peu habitué aux lieux, je n’ai pas le souvenir d’avoir croisé une vitrine, un chariot et une vente à la criée ce matin, chose qui jusqu’ici me paraissait logique dans un hôpital. Suivre mon collègue et se taire s’impose, car je me vois mal interroger l’autre paire de bras du déménagement sur ce mystérieux magasin.

Même porte verdâtre qu’à l’entrée du bureau, Rafik la pousse avec décontraction et habitude qui me laisse penser que nous sommes dans son antre, son repère. La pièce est profonde et contient une petite table où gisent un fouillis et quelques affaires personnelles de mon collègue. Une nouvelle fois ma première impression est biaisée, évidemment il n’est pas question de vitrines, de soldes ou de sacs mais simplement d’un grand entrepôt où le matériel est stocké. « Prend ça, il va nous être utile » me dit-il d’une voix chaleureuse, me désignant une planche de bois à roulette à laquelle est rattachée une corde. En bon élève, je saisis cette machine étonnante et perturbante sans même m’interroger sur le rôle qu’elle occupera dans la journée à venir. Lui choisit comme arme le « transpalette », rien à voir avec un quelconque sort issu d’une bande dessinée de science fiction mais juste un outil permettant de transporter les palettes…transparent n’est ce pas. Nous voilà, à présent acoquiné de nous deux instruments, de nouveau en direction de la cave claire. Je tire cette planche comme un maître tire son animal au bout de sa laisse tout en avançant d’un pas certain sans même saisir le ridicule de la situation. Arboré de ce chien mécanique je progresse, avec l’idée fixe d’arriver à bon port sans trop heurter les murs décrépis et sales. Cinq minutes se passent et nous voilà de nouveau face aux ennemis d’un jour, nous, forces alliées de ce même jour.

Nous devons à présent faire voyager ce tas d’immobilisme dans les couloirs sous terrain de l’hôpital et les amener en bonne forme vers notre pharmacien. Il nous faut les mettre sur le côté pour mieux pouvoir les saisir. Je me vois dans la peau du gamin de « Sauver Willy » qui veut rendre la liberté à son amant d’orque. Rafik et moi voulons juste donner de l’air à l’acier et nous nous y attelons de ce pas. Un, deux et hop, le premier monstre est sur le flanc, il nous reste plus qu’à glisser mon chien mécanique dessous et lui confier la restitution de cet os de fer à son propriétaire. Malgré quelques raideurs liées à ce premier effort, nous sommes parvenus à dompter l’adversaire avec aisance, il ne reste plus qu’à le transporter à la pharmacie provisoire qui se situe « à l’ancien self » selon les dires de mon collègue.

Au cours de ce premier voyage à plein nous commençons à briser la glace professionnelle et nous nous découvrons un peu, laissant de côté la réserve jusque là en place. Cette fois ma première impression fut la bonne. Mon collègue se révèle être quelqu’un de gentil, compréhensif, à l’écoute et surtout plein de bons conseils. J’ai pris du plaisir à faire sa connaissance et j’ai découvert ce que le mot humilité et courage pouvait être dans notre société d’aujourd’hui. Je vous confierais dans une chronique future son parcours de vie qui a lui seul donne une bonne leçon à moi, étudiant et jeune adulte en devenir. Ces petits échanges se sont fait au cours de la journée, entre poussières, rouilles et meubles nos conversations se faisaient et défaisaient au rythme du temps. Une première journée de déménagement physiquement moins fatigante que prévue, malgré quelques griffures et courbatures , mais déjà fort enrichissante d’un point de vue personnel. Ce qui me rappelle que malgré les quelques deniers prévus au bout du parcours, j’ai avant tout envie de m’enrichir du vécu de ces personnes multiples et variées que j’espère croiser et saisir les différents cris de société dans cet espace de vie. L’aventure ne fait que commencer…


ELBE

27.06.2007

Les coulisses du pouvoir





Voilà quelques jours que le nouvel avatar de télé réalité a débarqué sur la première chaîne. L’histoire des secrets, anglicisée évidemment, a fait une entrée remarquée dans ce canevas hertzien mettant au centre de nombreux bar les débats d’un jour. Ces illustres inconnus d’hier, sont les cibles des railleries présentes et les clients en devenir de thérapies dévastatrices. Bref la télé réalité garde le concept de l’homme marchandise et le décline en introduisant le mystère sur ces êtres pourtant commun mais hélas, pour eux, sous les optiques des caméras.

Hors de question d’entrer dans les longues élucubrations autour de ce concept de la télé réalité dénuée de toute réelle authenticité, ceci a été fait tant de fois que nous aurions l’impression que la plume se mord constamment la cartouche. Intéressons-nous plutôt à une nouveauté à la fois étonnante et forte enrichissante sur les motivations et la mentalité qui habitent cette première chaîne. En effet, depuis le début de l’émission, le site Internet de TF1 nous donne l’opportunité (les fourbes diront la chance) de suivre 22 heures sur 24 les péripéties immobiles des 13 acolytes. Face au spectre de la gratuité je me suis laissé aller dans ces méandres de la toile à observer de plus près ces rats de laboratoires bipèdes.

Comprendre… je voulais saisir les motivations qui pouvaient pousser de jeunes personnes à entrer dans ce genre d’émission qui ont subies maintes et maintes critiques qui, pour la plupart du temps, réduisaient à néant la fierté des candidats. Le processus était enclenché et après le temps de chargement je fus propulsé au cœur de la maison et de ses trublions, jadis appelé loft et lofteurs mais ceci n’est qu’une ressemblance fantasmée de toute évidence.

Les premières minutes ne furent pas ennuyeuses, ni scandaleuses, elles furent tout simplement banales. Comme des gens normaux, ils faisaient chauffer les pattes avec de l’eau, parlaient avec la bouche et même respiraient de l’air. Rien de surprenant, rien de révolutionnaire juste les artifices d’une vie quotidienne dans un cadre fictif. L’impression d’appartenir à la troupe était limitée mais progressivement un autre aspect se montrait beaucoup plus instructif, même corrosif.

Enfin du croquant dans ce lourd flan télévisuel. A plusieurs reprises le son s’estompe et se tait pour laisser place à un écriteau aussi mystérieux que risible « coupure sonore nécessitée par le contrôle éditorial ». Première information, qui n’en est pas vraiment une, le terme éditorial vient poser les limites de la liberté et de la spontanéité des habitants du préfabriqué. Tout est contrôlé, rien est laissé au hasard malgré l’illusion d’improvisation qui se joint à la diffusion continue des journées de nos protagonistes. Le son se coupe quand la discussion monte d’un niveau et devient susceptible de perturber la sérénité de la ménagère de cinquante an, qui après avoir été poussée à faire les courses pour les foyers, est à présent l’alibi des communicants pour formater le contenu du petit écran, afin que les bulles et le cola se pérennisent un peu plus longtemps.

Oui, cette émission aussi superficielle et superflue soit-elle est une aubaine pour mettre en avant le contrôle de l’image et surtout les multiples significations que peut avoir un seul événement et ce suivant les images choisies. Prenons la révélation qui a mis en émois tout un petit monde médiatique : l’annonce d’un jeune transsexuel à la télévision française et de surcroît à une grande heure d’écoute. Tous les éléments du coup de publicité fantastique étaient présents pour les grand décisionnaires de l’audimat. Erwan (nom du candidat voulant devenir un garçon physiquement pour que son corps soit en cohésion avec son esprit) est, pour ainsi dire, une sorte de « Loana, Jean-Edouard et la piscine » New look. Quelques jours après le début de l’émission, une polémique déjà alimentée de toute part, et un prime pas des plus convaincants, la production tenait l’élément pour donner l’impulsion publicitairement salvatrice pour le concept. En effet, ce genre d’émission joue généralement son avenir lors des toutes premières semaines, l’adhésion du public est immédiate ou n’est pas. Alors, après qu’un candidat ait découvert le secret d’Erwan, la production a mis en scène de façon théâtrale les aveux de ce jeune homme conscient du risque qu’il prenait mais sans doute ignorant de la manipulation que son mal être s’apprêtait à subir. Aux alentours de 18 heures, après une rude journée à s’interroger sur les portées de sa future révélation, le jeune candidat était convoqué devant ses camarades mais surtout en pleine quotidienne de l’émission soit devant quelques millions de téléspectateurs pour faire, en direct, l’annonce de son secret sans doute plus lourd que tout solde positif de la production. C’est la voix tremblante qu’il avoue devant son assemblée et les paires de yeux indiscrètes qu’il se sent garçon dans un corps de femme. Juste le temps de tirer deux ou trois larmes à l’intéressé et le générique est lancé pour couper court aux explications du jeune homme concernant sa participation dans cette émission controversée.

C’est ici qu’intervient le vice d’Internet… Assez perturbé par cette coupure je me plongeai dans ce fameux live. C’est alors que j’assistai à l’éclatement d’une vérité douloureuse et hélas si attachée à une réalité quotidienne. Erwan, plein d’humilité, égraine les raisons qui l’ont poussé à venir ici. La première est celle d’adresser un message à la population française afin de solliciter un peu plus de respect. Un discours touchant, certes consensuel, mais plein de la souffrance d’un jeune adulte en proie aux jugements extérieurs. Ce qui m’a le plus intéressé c’est la seconde raison exposée. S’il était là c’est aussi pour pouvoir obtenir quelques euros afin de combler l’erreur de sa nature. C’est ici, qu’il enchaîna sur une critique vis à vis des cliniques privées qui font de la santé un commerce et sur la difficulté d’obtenir un rendez-vous à court terme dans un hôpital public qui, comme  le montre Patrick Pelloux(1) dans son livre, souffre d’un déficit de moyen énorme et ce à cause d’une gestion plus financière que médicales des établissements. Erwan est même allé jusqu’à préciser que « certains se prostituent d’autres se suicident moi je préfère faire cette émission ». Je trouvais ça bien et très instructif, qu’une personne mette en avant ce problème plutôt discret dans les médias. Mais voilà, nous étions sur Internet et c’est hélas sans surprise que j’ai pu constater que lors de la quotidienne du lendemain, TF1 n’a diffusé qu’une partie du discours… la plus consensuelle le reste étant peut être trop proche de la réalité et pas assez fantasmé. Pourtant les faits sont là, en France en 2007 des personnes se sacrifient, parfois sous les caméras, souvent dans l’anonymat dans l’espoir de pouvoir toucher aux grâces de la santé… mais ce n'est pas vendeur.

Ces manipulations de l’œil et de l’esprit sont multiples dans ce programme. De façon plus légère, j’ai pu constater que dès la révélation de quelques secrets de fabrication de l’émission ou bien de critiques émises par les candidats sur le concept, le fameux bandeau « coupure sonore necessitée par le contrôle éditorial » apparaissait puisque les secrets qui peuvent se révéler sont ceux qui ont le droit de cité dans l’audimat. Enfin, la censure camouflée a également frappé lorsque le basketteur au costume de rappeur trop grand pour lui, Tony P, s’est fait charrier par l’un des candidats… étonnant quand on sait que c’est une signature du label de musique de TF1…

Tant de faits, tant d’observations que certains jugeront comme subjectifs, d’autres comme non fondés qui, toutefois, peuvent nous faire poser des questions sur les dérives mercantiles de la télévision excusées, sous prétexte de privatisation, d’exploiter les drames contemporains d’hommes et de femmes qui eux par contre seront très vite oubliés pour les plus chanceux, ou lâchés au milieu des bonnes consciences pour les plus télégéniques… De tout temps l’image a été au centre de tant de convoitises et de détournements qu’elle s’en est accommodée. Pourtant tout nous porte à croire que l’Homme en a déjà oublier les risques…

ELBE


(1) Patrick Pelloux, Histoires d'urgence, Le checrhe midi, 2007

Télé le business

ASI

 

Nous voilà à nouveau engagé dans une période de trouble médiatique. Déjà il y a un an, ça avait été la fuite des cerveaux lents dans tous les sens hertzien. Castaldi était devenu nouvelle star échouée sur la une, Bern avait rejoint dans son costume de roi du talk l'arène des gueux de la deux où l'attendais Laurent Delahousse, véritable souffrance pour tout homme regardant le journal avec sa copine ébahie devant ce nouvel homme tronc qui séduit et ce sans implants. Bref ça avait été le bal des contrats et des paillettes dans cette petite télé qui gît au milieu de mon salon, cachant derrière sa modeste taille un grand monde en fusion permanente. L'été achevé, naïvement, nous pouvions nous dire allé c'est bon les people se sont croisés, remplacés maintenant ils vont bosser dans la sérénité...

Un an passe et patatra...entre une roue de la fortune new look, des familles en or quelquefois plaquées, et des déjà futur ex heureux élus aux portes du nouveau loft le petit écran se remet a trembler...Nous ne sommes qu'en juin, l'été se fait juste sentir et ce au contraire de la polémique qui a déjà enflée...Cette année le feuilleton a en plus ce petit goût savoureux de politique fiction. La paranoïa et l'angoisse veulent les premiers rôles, où est le vrai où est le faux?

Daniel Schneiderman voit son émission ne pas être reconduite sur la 5 : arrêt pour un sage ou arrêt pour lassage? Pourquoi pas un peu des deux...il faut avouer que d'ici, hors de toutes ces passions parisiennes, c'est délicat de se faire une opinion. Les opposants du nouveau président de la république veulent croire en la grande manipulation dictatorial autour de cette émission alors que les électeurs de cet accusé montrent du doigt le concept usé de l'émission, la tête à claque de l'animateur etc...alors que penser? Doit on se laisser guider par nos convictions politiques,certes très aiguisées suite à cette longue période de flirt avec les urnes, où bien essayer de trouver les facteurs qui auraient pu mener à cette situation?

Pour être honnête, j'ai d'abord été tenté d'entrer dans la polémique stérile de la censure mais très vite j'ai eu l'impression de me mettre le dRoit dans l'œil.

12 ans ça fait long, une immunité chiraquienne tout de même, serait ce étonnant de voir l'usure s'installer après un si long périple plutôt rare de nos jours à la télé... L'évolution et le concept s'étant constamment boudés pendant cette aventure hertzienne, les spectateurs ont,progressivement, de nouveau appuyé sur lecture laissant les arrêts sur image aux inconditionnels du genre afin d' aller voir ailleurs ce qui bouge encore… et l'audience frappa. Ce facteur, bien que n'étant pas gage de qualité, ne peut être tut dans cette ère où   « l'audience correcte exigée » n'est plus une chose réservée aux seules soirées privées mais également au sein du service public. L'arrêt définitif de l'image aurait donc pu être le fruit du zapping de la lassitude.

Toutefois, il semble qu'il existe un contentieux assez fort entre Monsieur De Carolis et Monsieur Schneiderman. Celui-ci remonterait à quelques années, suite aux révélations du futur licencié au sujet d'un reportage faussé et diffusé dans l'émission de De Carolis. Il n'est pas idiot d'imaginer que De Carolis président garde la rancœur de De Carolis présentateur qui a vu son CV de journaliste entaché par cette affaire. Hélas, le pouvoir a ce désavantage d'être un instrument potentiel de règlement de compte masqué. De là à penser que la baisse d'audience était le couperet idéal pour solder l'addition, il y a un pas à franchir…à vous de suivre ou non les pas de cette danse des coulisses? Possible revanche…mais comment montrer ou encore empêcher cela…

Chasse au sorcière ? L'évidence flagrante est un mensonge à l'essence de fantasme...Auto censure ? Elle existe inévitablement, soit par adhésion aux valeurs défendues par l'ex président de l'UMP soit à cause de la connivence de hauts décisionnaires, c'est un fait plus que possible mais qui ne semble pas être la réelle motivation de De Carolis qui se situerait plus sur un choix éditorial.

Néanmoins cette situation met au centre du débat la nécessité, face à la montée en puissance des médias, de créer un

réel contre pouvoir construit autour des téléspectateurs, lecteurs et auditeurs afin que les principaux concernés puissent s'exprimer... Bref, organisé un peu de démocratie dans un milieu qui souffre de nombreux préjugés et d'une grande autarcie… de plus Daniel Schneiderman pourrait venir s'exprimer… certes en tant que spectateur!

Voilà la simple vision d'un jeune spectateur qui n'a pour seul prétention de zapper en tout anonymat pour observer discrètement le fameux bal des postes qui est finalement, comme dans sa vie, un jeu de rôle entre ceux qui veulent rester, ceux qui veulent choisir la place des autres et le tout sous un air de suspicion et de langue de bois…bref un bal de la communication sans qu'elle, reine de la soirée, ne soit invitée

ELBE



 (texte publié sur le www.jeanmarcmorandini.com // si vous voulez le maintien de Arrêt sur image la pétition est à cetteadresse http://arret-sur-images.heraut.eu/index.php?petition=... )


18.06.2007

Les flots changeants

Après tout surfer au moins de juin était ce vraiment sérieux grand fou?

13.06.2007

Plus battu que terre

Dimanche, il n’y a pas eu de surprise même si beaucoup voulaient y croire. Le favori d’hier est le perdant d’aujourd’hui et les spectateurs venus soutenir la thèse du renversement sont repartis déçus et résignés. Ils auraient aimé dire à leur enfants « Tu vois petit, ce jour là j’y étais, je l’ai porté au firmament » mais finalement ils tairont ce souvenir à leur futur bouts de choux.


Quel coup droit mes aïeux, celui que les adversaires redoutait, les a littéralement mis en dehors des lignes faisant d’eux , acteurs supposés, des spectateurs médusés. Ca partait dans tous les sens, la réplique lancée elle revenait aussi vite avec la force en plus. Une fois à droite, deux fois à droite et voilà l’adversaire était à terre sans la compagnie de ses espoirs de succès qui s’étaient éclipsés avec ses rêves de révolution.


Tout le monde s’était donné rendez vous depuis des mois. Dans les coulisses les « cette foi on ne peut pas la rater » fusaient, personne n’osait imaginer qu’une fois encore le soldat chéri se laisserait terrassé par la fougue du prodige adverse. Populaire, médiatique et malin ce dernier l’a attendu de pied ferme, préparé comme le gladiateur romain pour son dernier combat il a voulu faire des ces terres son arène de gloire quitte à humilier un adversaire pourtant vêtu de la posture du numéro 1 dans les cœurs. Il s’en moquait lui, ce qu’il voulait c’était garder les portes de son jardin vierge, alors il a frappé, cogné et gagné. La rage de vaincre a surpassé les pronostiques et sous les flash brûlant, les hommages sont tombés en rafale plus rien n’existait, c’était un petit séisme rarement nous avions assister à une telle domination…non il n’y a rien a dire Rafa Nadal a mérité son succès.

Elbe


(psss : surlignez avec le curseur de la souris après le mot domination et vous comprendrez que la vie continue même dans le bleu  ;-) )

09.06.2007

Aux vagues citoyens!

     

 

Bleue, cette vague sera bleue… on nous l’aura dit, décrie et même expliqué de toutes les manières possibles. Du simple sondage à l’animation en 3 D, depuis des semaines les élections législatives sont devenues de véritables leçons de surf. Nous, électeurs armés de notre planche électorale,attendons cette fameuse vague pour la "prendre" comme on dit dans le milieu. Toujours est il que suivant nos planches, on ne sait pas vraiment de quelle façon nous la prendrons.


Ceux qui ont troqué, temporairement, le jogging pour le surf veulent la prendre au vol, avant même que l’écume ne s’abatte sur les galets, ils veulent savourer cette douceur de la victoire les menant aux cimes du triomphe. Du haut de leur sommet, ils auront une vue imprenable sur un océan de ruptures et feront la nique aux poissons laissés pour compte dans les cours d’eau réformistes.


Il y a aussi ceux qui rêvent de voir une Paméla des temps politiciens surgir, maillot rouge cela va de soit, pour sauver ce qu’il reste à épargner de cette vague bleue annoncée. Autant être honnête, ces angoissés là ne sont pas vraiment à la fête. Dans leur camps, qui n’ont rien d’estivaux, c’est la tempête. De tornades post électorale à platitude digne des eaux d’un lac, ils semblent connaître bien des difficultés face à tous ces courants. Ils restent, alors, baignés dans ces eaux incertaines attendant une future sécheresse qui ferait évaporer cette vague bleue, même s’il ne peuvent feinter la crainte que cette dernière ne cache un tsunami idéologique final.


Puis il y a les désabusés… eux le surf politico-médiatique ils en ont cure. Ils on repris les routes du travail, de l’errance et du scepticisme. Certains furent admirateur du tracteur, d’autres fascinés par le tailleur, quelques uns ont les yeux encore pleins de leur rouge passion et on en trouve même qui s’étaient mis le drapeau dans l’œil ; mais aujourd’hui ils sont tous résignés. Leur tête et leurs pensées ont laissé la guerre des votes pour retourner dans un univers du réel où, quoi qu’il arrive, que les vagues soient roses, bleues ou encore orange, il faudra tout de même, à la fin du mois, payer cette eau si chère. Alors dimanche, ils laisseront leur planche dans le placard tout en regardant le défilé des surfeurs occasionnels qui ,dans les bureaux de vote, tenteront d’insuffler un peu de teinte dans le scrutin et se diront à eux même « bleue ou non on va se la prendre… ».


Prenons le vote du bon côté. Alors que des orages viennent détruire des domiciles, alors que s'agitent les réflexions et les  conclusions autour du dérèglement climatique, cette vague électorale nous aura au moins permis de goûter à une ambiance estivale manquante. Ainsi tout ces travailleurs, bacheliers, étudiants, s’ils en ont hélas les moyens, se rappellent qu’ils auront le plaisir de goûter aux vraies vagues salées et à la douceur du farniente d’ici quelques jours voire semaines et ce grâce à l’évocation d’un tel lexique. Quant à celle qui arrive dimanche…vous savez la nature nous a déjà réservé tant de surprises…qui sait… on peut toujours aller surfer après, on verra !

 

ELBE

Désamour des amours

Née dans un de ces quartiers de Budapest
Où la misère y est si forte que même les bouddhas pestent
Belle brune aux courbes dignes des magasines
Roxanna sourit au bitume grisonnant de France
De tous côté les bons gens courent et chinent
Objet de convoitise frisant l’indécence
Sa peau claire et ses fils d’or au vent
La jeune femme se tait et se vend
Elle se souvient à peine de ses heures d’ange
Où ses copines s’amusaient à lui coiffé sa frange
C’était au-delà de cette frontière du cauchemar
Qu’on lui présentait pourtant comme palace des espoirs

Désespoirs caché malgré ce quotidien maussade
Le client veut du rêve et non d’une pleurnicharde
Les euros caressent le creux de ses mains,un temps
Avant que cet homme ne vienne la piller
Depuis qu’elle l’a croisé, elle a perdu ses papiers
Son ambassade est désormais son cœur souffrant
La liberté lui a claqué la porte au nez
Là où,paraît-il, les droits de l’Homme sont nés
Hier ce père de famille l’a tabassé allègrement
Tête basse elle a fini aux urgences en sang
Silence face aux médecins, misère en bandoulière
Triste quotidien dans une cité faite de lumière

Sous le ramdam du trottoir elle continue à pleurer
Partie pour vivre, elle reste pour ne pas mourir
Tous ses demains sont par aujourd'hui assassinés
Chronique d’une vie sur la route du pire
Au fond de sa camionnette Roxanna éteint la lumière
Ce soir, point d’homme ne viendra profiter de sa misère
Son seul amant sera ce cutter acheter peu cher
Les veines comme offrandes à la souffrance
La jeune fille laisse son héritage sur le sol de France
Là où l’illusion est tombée dans les bras du proxénète
Roxanna s’en est allée sans même qu’on ne la regrette
Le bitume a déjà retrouvé une esclave du désir
Et les pages se tournent sans que personne n’ose les lire
Roxanna s’est évadée dans les mémoires d’outre tombe
Et le monde tourne même si l’amour n’est plus qu’une ombre


ELBE

07.06.2007

Et c'est le temps qui court...

 

Nous y voilà, le changement tant attendu ou même redouté est devant nous, rien ne sera plus pareil…Autrefois mise à l’écart, regardée avec les yeux de la suspicion, elle est sur le point de réintégrer les hautes sphères étatiques. Dieu sait que sa vie a été difficile, elle en a bavée pour être intégrée. Des jours on l’a voyait vêtue de crampons se souillant dans la boue pour observer d’en bas les succès qu’elle avait construit, puis le lendemain elle enfilait ses pointes pour parcourir les kilomètres et offrir sur un plateau le bonheur aux athlètes de compétition. Pourtant, quand elle se présentait dénuée de tout artifice devant les édifices nocturnes les costards et les cravates lui indiquait la trace de ses pas et elle repartait semelle basse se contentant alors de rêves de sport et d’amertumes nocturnes. Oh, elle en a connu des humiliations avec son camarade « survêt » comme ils disent, elle en a eu des espoirs déçus, mais aujourd’hui elle la tient sa revanche, elle est fière et arrogante désormais notre simple basket. Plus besoin de se travestir en footballeuse ou athlète d’un jour, non, elle est désormais la reine, les flashs se portent sur elle et les rois du monde la convoitent…


C’était après le 6 mai, on parlait d’ouverture, on parlait de la pompeuse rénovation politique, on pensait les lignes téléphoniques rougies par les négociations ministérielles, on imaginait aisément les réunions impromptues entre l’outsider attendant son marocain et le président rechignant à satisfaire cette demande, les journalistes tiraient les plans sur la comète, les cartons se faisaient dans les ministères bref une routine post électorale d’un régime qui se met en place comme ça se fait depuis des années…et bien non. Tout ce petit monde d’analyses, de critiques et de pronostics s’est fait trompé par une simple semelle ornée de tissus.


Issus de nulle part, un Premier ministre probable et un président apparurent sourire et transpiration béante au nez et à la vue de tout un monde médusé. Elle était là, menait la cadence l’air de dire à tous ces journaleux au flash à réaction « vous m’avez oubliez ces dernières années ? Vous pouvez à présent courir pour me décrocher ». Fini le temps de la chaussure cirée, brillante qui écrase tout sur son passage et qui crie dès qu’une rayure vient se poser sur sa carrosserie. Voilà l’époque de la boue, de la transpiration bref de la course après la marche tranquille.


Comme une promotion est une affaire d’équipe, mademoiselle Basket à demander à son collègue et néanmoins camarade d’infortune monsieur Jogging de l’accompagner dans ce délicat périple pour la réhabilitation de ce couple autrefois réservé à l’anonymat et à la douleur des matinées pluvieuses. Oui, désormais nous sommes entrés dans l’air de la course. Les gros contrats ne se signent plus dans les grands palaces parisiens, touché par une forme de ringardise éclair, mais autour d’une bonne vieille piste d’athlétisme où la poudre rouge vient se coller sous les semelles et où les chiffres sont entrecoupés entre deux souffles d’effort. Les cravates d’hier, comble de toute promotion, se sont fait évincer par les shorts saillant mettant à nu les jambes des futurs partenaires. Relations fusionnels physiques, peu importe le contenu des idées celui du corps à corps est tellement plus… visuel !


Courir ? Après tout pourquoi pas ! Mais après quoi ? Courir après la réussite qui nous fuit, courir pour ne pas se faire rattraper par notre passé ou bien courir après le temps. Hélas, je pense que c’est cela…le retour du jogging (aucun lien avec une quelconque trilogie) est une allégorie qui va si bien avec aujourd’hui. L’homme, depuis des années, a construit un monde qui s’est désigné pour ennemi le temps. Il est si pédant, là, avec sa pendule ses heures, ses secondes qui ne varient jamais. Ses tic tac agaçant, ennuyeux et stressant qui ne cessent de rappeler que tout puissant restera sous son joug. Alors la victime a construit ses armes, son train est devenu si rapide qu’à peine assis il est déjà arrivé, à peine veut-il rechercher une information futile sur le web que la page s’affiche au miracle de l’Adsl qui a la longueur de la réflexion a supprimé ses ailes ou encore ses caisses automatiques agitant la rapidité de la consommation comme progrès humain même si les caissières d’hier devront, elles, faire la queue au guichet de l’ANPE. Armes contre le temps insaisissable. Oui, l’homme lutte depuis le début des temps face à ce chronomètre imperturbable, il touche au sommet de la vitesse possible pour un simple homme alors il court.


Il court pour ne pas se laisser distancer. Il court pour ne pas que l’Histoire l’oublie. Il court pour que le temps d’une photo son mouvement reste dans le temps mais dure réalité temporelle celle-ci finira dans le meilleur des cas jaunie sous un film plastique ou pire illisible quand ce format ne sera plus adapté aux nouvelles technologies. Tout est possible sauf le gain du temps sur l’horloge de l’humanité. Peu importe le nombre de foulée, de clichés et de gouttes de sueurs, le bip de fin sera adressé par le maître du monde qui se moque bien des flashs et des réputations : le temps. Tout est possible la noblesse financière peut courir sur les goudrons du citoyen lambda, qui sait les plus pauvres pourront peut être toucher à un club de golf…tout est possible sauf une chose être intemporel…


La plume court aussi sans vœux de pérennité, d’éternité et encore moins de célébrité lumineuse par sa célérité. Au-delà de tout destin d’athlète, elle se tait, ricane de la lutte des muscles et rit secrètement des futures cannes de ces hommes pressés qui un jour ou l’autre devront se contenter du muscle crânien pour exister…


ELBE

04.06.2007

Un demi et un an...

Tendre douceur d’un demi et un an
Nous les improbables et attendus amants
Tant nous nous sommes donnés l’amitié
Que nous en sommes devenus des moitiés

Tendre passion d’un demi et un an
Qui s’est dessinée d’un trait brûlant
Des desseins enlacés inlassablement
Tout paraît indiquer les firmaments

Tendre histoire d’un demi et un an
Les joies évinçant les maux pour longtemps
Les yeux tournés vers les mêmes cieux
Avec l’espoir d’avenir délicieux

Tendre amour d’un demi et un an
Au corps amoureux souvent se mêlant
Comme les molécules d’un sentiment
Aujourd’hui encore à ses balbutiements

Tendre destinée d’un demi et un an
Bâtie par le temps de la découverte
Fortifié par l’attente et les espoirs d’enfants
Le rêve a gardé ses portes ouvertes

Tendre idylle d’un demi et un an
S’offrir, et ce éternellement
Gardons au fond de nous cette flamme
Que rien n’éteint pas même les larmes

Tendre nous d’un demi et un an
Le toi et le moi comme ensemble gagnant
Trait d’union de passion certaine
A vie je suis tien, tu es mienne

ELBE

Je t’aime…joyeux un an et demi ma bébounette

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